Première page sur cinq. Le journal est posé sur les genoux de Mel, éclairé par une lumière froide et distante. Deuxième page. Troisième page. Quatrième page Dernière page.

J'ai été brusquement tirée du sommeil en pleine nuit, par le bruit d'un violent choc à quelques centimètres de mon visage. Karlach était debout à côté de moi, en position d'attaque. Astarion gisait à terre en se tenant le flanc. Tout le monde s'était réveillé. “Qu'est-ce qui se passe ?” “Ce salopard a essayé de te mordre. C'est un vampire !” “Non, non ! Ce n'est pas ce que vous croyez. Je ne suis pas un vampire. Je n'en suis qu'un rejeton.” Wyll se levait lentement en prenant sa rapière. “Je n'ai pas pour habitude de discuter avec les meurtriers de ton engeance avant de les achever.” “Je n'allais pas la tuer, je vous le promets ! Je n'ai jamais tué personne... Enfin, pas pour me nourrir, je bois du sang d'animaux. Mais ça ne suffit pas si je dois me battre ! Je suis trop faible. Compte tenu de ce qui nous attend certainement, j'ai pensé faire d'une pierre deux coups : si j'avais un peu de son sang, je serais plus rapide, plus agile, plus endurant, et notre mascotte serait restée au campement le temps de se remettre d'une fatigue passagère.” Je me suis indignée : “Tu voulais me mettre de côté ? Je ne suis qu'un poids mort pour toi ?” “Eh bien...” Karlach a interrompu sa détestable hésitation. “Tu crois t'en tirer comme ça ? Dégage de ce camp et ne reviens jamais, avant que je décide de séparer cette affreuse tête de ton corps.” “Karlach, attends.” “Mel ! Il allait te croquer ! Je sais que tu veux être sympa avec tout le monde mais y'a des limites, merde !” “S'il te plaît, fais-moi confiance.” Elle m'a dévisagée, la mâchoire serrée, puis ses traits ont fini par se détendre. “Peuh ! J'espère que tu sais ce que tu fais.” J'ai aidé Astarion à se lever, et j'ai gardé ses mains glacées dans les miennes. Il fixait le sol. “Tu n'es pas vraiment un magistrat, n'est-ce pas ?” “Je l'étais... Il y a plus de deux cents ans. Mais un vampire a fait de moi ce que je suis.” Ses yeux balayaient le sol sans arrêt. Le seul fait de mentionner ce vampire semblait le terroriser. “Je ne veux pas que tu partes.” Son regard a trouvé le mien, il était plus surpris que soulagé. “Mais tu ne boiras pas mon sang. Tu te trompes, je ne suis pas un poids mort. Je ne suis pas forte, mais je suffis, et toi aussi. Je m'en fiche que tu puisses devenir meilleur, tu es bien assez compétent pour qu'on s'en sorte si on reste tous ensemble.” Il m'a fixée quelques temps, décontenancé. “Si vous voulez bien m'excuser, je dois trouver de quoi me nourrir.” Il a tourné les talons, et je l'ai regardé s'enfoncer dans l'obscurité, jusqu'à ce qu'un cri de corbeau effarouché me fasse sursauter. “Tsk'va ! Je ne vous pensais pas inconsciente au point de garder ce monstre à nos cotés.” “Pourquoi pas ? On vous a bien gardée, vous.” J'ai lancé un regard implorant en direction d'Ombrecœur et Lae'zel. Ce n'était pas le moment !

Ombre a finalement décidé de nous accompagner, mais Halsin préférait rester au camp : il n'était pas concerné par notre quête de purification. Il a tout de même puisé dans sa magie pour nous revigorer. Nous avions l'impression d'avoir fait une nuit complète ! Quand nous sommes arrivés devant la somptueuse porte en bois sculpté du temple, nous avons entendu une voix nous déconseillant d'aller plus loin. C'était la voix du visiteur que j'ai vu dans mon rêve. Lae'zel a conseillé de l'ignorer, puis a annoncé prendre les devants pour parlementer avec les gardes de la crèche. J'ai cru comprendre que nous étions ses esclaves ? Du moment qu'ils ne nous attaquent pas... On nous a indiqué l'emplacement de l'infirmerie où se trouvait l'appareil de purification. En passant devant leur salle d'entraînement, j'ai vu un jeune gith à genoux alors que son mentor exigeait qu'un autre apprenti l'achève. J'ai voulu intervenir, mais Lae'zel m'a violemment tirée par l'épaule. “K'chakhi ! Vous voulez nous faire tuer ? Contentez-vous de me suivre.” “Mais vous avez vu comme moi ? C'est terrible !” “Jhe'quith dvenzir. Les faibles sont éliminés, pour que seuls les forts subsistent. C'est ce qui fait notre grandeur. J'ai moi-même abattu quatre de mes camarades alors que K'liir ne comptait encore qu'une centaine de révolutions autour de Toril.” “La vie n'a donc aucune valeur pour les githyankis ?” “Toutes les vies ne se valent pas. Les lâches n'ont pas leur place parmi nous. Les recrues que j'ai tuées étaient soit trop faibles pour endurer l'enseignement de Vlaakith, soit assez arrogantes pour provoquer un combat qu'elles ne pouvaient pas gagner. Leurs vies ne valaient rien. Elles n'étaient qu'une erreur en attente d'être corrigée.” Sa froideur m'a laissée coite. Avait-elle la moindre intention de me sauver, ou est-ce que ma vie ne valait rien non plus ? Finalement, c'était une erreur de venir ici.

Nous avons franchi la porte de l'infirmerie. Une scientifique observait une larve sous une lentille grossissante, en commentant à voix haute. “Incision verticale de l'œil pinéal jusqu'à l'extrémité de la notochorde. La coloration intestinale correspond aux échantillons deux-cent-trente-et-un à deux-cent-cinquante-neuf. Avez-vous une question, ou bien comptez-vous rester là bouche bée ?” Lae'zel s'est emportée : “Je suis une enfant de Gith, pas de la chair de rat putréfiée. Je mérite le respect !” “Très bien, mais faites vite. Mon travail est d'une importance capitale.” “On nous a implanté des larves de ghaik, et ce il y a plusieurs jours. Et pourtant, nous ne montrons aucun symptôme. Nous devons utiliser le zaith'isk.” “Vous dites que vous êtes infectée mais que vos fonctions cérébrales ne sont pas altérées ? Fascinant. Soit votre parasite est spécial, soit c'est vous qui l'êtes. Il va nous falloir le déterminer. Installez-vous dans le zaith'isk. Je veillerai à ce que votre parasite soit extrait.” Le zaith'isk était une hideuse machinerie, faite de chairs tendues par une armature métallique grêlée. La structure formait un siège à notre hauteur. Lae'zel s'est empressée de s'y asseoir. L'engin s'est immédiatement mis en branle, projetant un rayon lumineux sur son front. J'ai soudain ressenti une violente douleur me vriller le crâne. Sa larve me transmettait sa souffrance. Son esprit se déchirait. Wyll ressentait la même souffrance, les veines de ses tempes semblaient sur le point d'éclater. “Lae'zel, sortez d'ici ! Cette machine va vous annihiler !” “Non ! Vlaakith ! Protège-moi de ce fléau !” Karlach a empoigné sa hache en menaçant la scientifique. “Arrêtez ça, vous êtes en train de la tuer !” “Chk. Le zaith'isk fonctionne comme prévu.” Les pupilles de Lae'zel blanchissaient. Elle n'allait pas y survivre. “Je... Je... Je le sens. Il déchire tout mon être. Ça brûle ! Rhâ !” Elle s'est dégagée de l'étreinte du zaith'isk qui s'est mis à grincer, vibrer, puis a volé en éclats. Lae'zel était effondrée. “Non ! J'ai suivi le protocole ! Pourquoi ? Je suis une githyanki, je ne serai pas un ghaik ! Quelqu'un a dû trafiquer le zaith'isk. Où est la ghustil ?” “Hum... Je crois qu'elle nous a insultés dans ta langue, puis elle est partie.” “La hshar'lak ! Venez, nous devons informer le ch'r'ai de sa traîtrise.” Je ne croyais pas à un sabotage. Nos larves étaient protégées d'une magie trop puissante, même pour leur technologie, comme le craignait Halsin. À moins que cette machine n'ait eu le comportement attendu, et que ces histoires de purification n'étaient qu'un moyen d'inciter les giths infectés à réclamer leur mise à mort. Voilà que j'envisageais le pire.

Nous avons parcouru les catacombes du temple, jusqu'à une immense salle souterraine où nous attendaient l'inquisiteur gith et sa compagnie. “Ah, approchez. Mes Ardents m'ont informé qu'une de nos congénères avait réussi à s'évader d'un vaisseau ghaik.” Lae'zel s'est inclinée, je l'ai imitée. “Ô noble ch'r'ai, bras justicier de Vlaakith.” “Vous avez fait du chemin, mon enfant. Je suis ravi de vous rencontrer enfin. Mais parlons affaires. Je vous soupçonne d'avoir dérobé quelque chose de précieux, à bord du vaisseau des ghaiks. Une relique qui nous revient de droit. Donnez-moi cette arme.” Une sensation de danger m'étreignait. L'artéfact me communiquait sa crainte. Lae'zel s'est tournée vers Ombrecœur. “Donnez-lui cette relique. Ne désobéissez pas à l'inquisiteur.” Le visage crispé, Ombrecœur lui a jeté un regard haineux. “Je ne vois pas de quoi vous parlez. Débrouillez-vous avec votre supérieur, ce n'est pas le mien.” “Ne me cherchez pas. Remettez-lui l'artéfact, ou vous périrez de mes mains.” “Comment osez-vous ? Vous mourrez avec nous si cet objet nous est pris ! Tu vois Mel, sa prétendue intégrité n'était qu'un leurre pour nous attirer dans son piège !” J'étais paniquée. Lae'zel était aveuglée par son inconditionnelle loyauté envers sa reine et son peuple. Les quatre giths qui cernaient la pièce ont commencé à dégainer leurs armes, Ombre et Astarion ont fait de même. Gayle a levé les mains en signe d'apaisement. “Lae'zel, croyez-vous vraiment que cet inquisiteur est digne de confiance ? Vous devez vous douter que le zaith'isk n'a pas été saboté, sa fonction était d'extraire la larve de votre cadavre.” “Le zaith'isk... ? Tsk'va ! Ce magicien dit-il la vérité ? Avez-vous jamais eu l'intention de me purifier ?” “Notre ambition est d'éradiquer les ghaiks. Votre seule vie a bien peu de valeur face à cet objectif, vin'iisk, et vous seriez insensée de croire le contraire.” “Hshar'lak ! Vous m'avez leurrée ! Guide-moi, ô Mère Gith !” Lae'zel et l'inquisiteur ont empoigné leurs épées. “Soit, nous prendrons la relique sur vos corps. Hta'zith !” Alors qu'il criait, une onde de choc pourpre s'est propagée depuis son corps. J'avais le crâne dans un étau, et ma vision se troublait. J'ai pris mon violon pour contrer son sort, et permettre à mes camarades de parer les assauts des giths. L'inquisiteur a chargé dans ma direction, mais Lae'zel a stoppé sa course en le forçant à esquiver. “Ton ver aurait-il déjà rongé ta cervelle, kainyank ? Tu es prête à renier Vlaakith !” “Je sers Vlaakith. Vous ne servez que des mensonges !” J'ai dégainé ma rapière alors qu'un gith m'attaquait de flanc. J'ai frappé dans le vide, il était bien trop agile pour que je puisse espérer le toucher. Il m'a désarmée en m'entaillant la main, j'ai tenté de prendre mon violon mais j'étais trop lente. Une dague lui a alors traversé la nuque, il s'est effondré à mes pieds. Astarion a lancé son autre dague vers un deuxième adversaire qui l'a déviée avec son épée. J'ai ramassé ma rapière en hâte, puis j'ai projeté ma voix juste derrière l'oreille de notre assaillant, lui murmurant : “Je te tiens.” Surpris, il a fendu l'air en se retournant, et Astarion en a profité pour l'achever. Wyll et Karlach affrontaient les deux autres gardes, tandis qu'Ombrecœur parait les puissants coups de l'inquisiteur dont le bouclier magique était éprouvé par les assauts répétés de Lae'zel et les salves de projectiles de Gayle. Je me suis concentrée pour percevoir les harmonies de sa magie protectrice, et j'ai tenté de l'affaiblir en jouant en opposition. Un missile de Gayle l'a frappé de plein fouet. Ça a marché ! Alors qu'il était déséquilibré, Ombre lui a asséné un violent coup de bouclier qui l'a projeté en plein sur la pointe de l'épée de Lae'zel. C'était terminé.

À peine son corps a-t-il touché le sol qu'une puissante voix a résonné depuis le centre de la salle. “L'inquisiteur W'wargaz était puissant. Tes talents sont prometteurs.” Dans une lumière aveuglante, une gigantesque gith à la peau rouge est apparue devant nous. Lae'zel s'est agenouillée. “Ma reine... Shkath zai.” Nous étions face à Vlaakith. La projection planaire de l'immortelle reine gith nous a toisés. “Je vous autorise à me contempler. Et je vous invite à vous prosterner.” Nous avons posé le genou à terre, y compris Ombrecœur qui avait pleinement conscience que nous n'avions aucune chance face à une monarque au statut quasi-divin. Vlaakith s'est penchée, son immense visage nous surplombait. Elle observait Lae'zel. “Ces sbires qui t'accompagnent, tu les as bien formés, mon enfant. Urlon de K'liir a une très haute opinion de toi, Lae'zel. Tout comme Al'chaia avant lui. Tu recherches la pureté. Je peux te l'offrir.” La reine a ensuite posé les yeux sur Ombrecœur. “Istik. Tu as en ta possession un objet qui m'appartient. Reste à savoir si tu m'es fidèle, ou si tu cherches à me voler.” Ombre me cherchait du regard. Elle n'exprimait pas de colère, mais de la résignation. C'était terminé. J'ai hoché la tête, elle a sorti l'artéfact de son sac. Vlaakith lui souriait. “Toi et les tiens avez la réputation de vous défier des étrangers. Et pourtant, te voici devant moi. Lae'zel, donne-moi une ultime preuve de ta loyauté, et ta récompense surpassera tout ce que ton esprit mortel peut imaginer. Cette arme que vous me remettez, le prisme astral, est corrompu.” “Je me fais fort de le purifier pour vous, ô ma reine. Dites-moi ce que je dois faire.” “Il y a quelqu'un à l'intérieur. Une entité impure doublée d'un esprit malfaisant. C'est un agent du Grand Dessein chargé de saboter le prisme, notre dernier rempart contre le retour de l'empire ghaik. Tue cette personne, et je vous purifierai, toi et tes alliés. Tue-la, et je t'offrirai l'ascension.” “L'ascension ? Ma reine, ce serait un honneur.” Le prisme s'est mis à briller et tournoyer dans la paume de Vlaakith. Ses facettes se sont peu à peu détachées de son cœur flamboyant, dont la lumière nous a enveloppés. L'instant suivant, je me tenais sur un roc flottant, sous un ciel violacé couvert d'étoiles. C'était l'endroit dont j'ai rêvé. “Alors vous êtes venus.” Le visiteur de mon rêve se tenait face à nous. Lae'zel a sorti son épée. “Vous servez le Grand Dessein des ghaiks. Traître !” “Lae'zel. Ombrecœur l'ignorait, mais c'est moi qui lui ai permis de voler l'artéfact à Vlaakith. La reine-liche est prête à tout pour le récupérer. Vlaakith craint que je ne révèle son secret, un secret si inavouable que si les githyankis l'apprenaient, ce serait la fin de son règne et de son existence. Ce même secret dont je me sers pour vous protéger de l'Absolue.” “Balivernes. Le règne de Vlaakith est éternel.” “Je suis de votre côté depuis le début. Tu dois me croire.” Il s'est mis à genoux devant Lae'zel. “Chk. Relevez-vous ! Je ne frapperai pas un adversaire qui m'offre son cou.” “Je me livre à ton jugement. Mais sache ceci : je n'étais qu'un aventurier, comme vous. Mon seul but est de vous aider à résister contre l'Absolue et ses fidèles. Si je servais le Grand Dessein comme l'affirme ta souveraine, gith, aurais-je cherché à te convaincre de trouver tes compagnons pour te sauver de la cérémorphose ?” Lae'zel tenait fermement sa lame, mais ne bougeait plus. Elle était tiraillée. “Tsk'va ! Je ne comprends pas.” “J'ai conscience de l'inconfort de ta position. Vlaakith ne te le partonnera pas, mais je te promets que tu fais le bon choix en m'épargnant. Tu le réaliseras lorsque tu en sauras plus. La reine-liche ne craint rien tant que de perdre son empire. Or, c'est précisément ce qui se passera si les informations que je détiens à son sujet venaient à se répandre.” “Surveillez vos mots, je peux encore vous trancher le cou.” “C'est pourtant la vérité. Vlaakith te ment. Elle prétend savoir comment les giths ont anéanti l'empire illithid, mais en réalité, elle n'en a pas la moindre idée. Si cet empire renaissait, elle serait incapable de l'arrêter. Le pouvoir de résister au contrôle des illithids, celui dont Vlaakith prétend détenir le secret, c'est précisément celui qui m'a permis de vous protéger.” “Vos paroles sont pure hérésie !” “Et pourtant, tu ne me frappes pas. Tu en sauras plus en remontant la piste de l'Absolue, je t'en fais le serment. Vous êtes sur la bonne voie. Rendez-vous aux Tours de Hautelune. Et préparez-vous à affronter la colère de Vlaakith. Bonne chance.” Il a ouvert un portail pour nous permettre de retourner dans notre plan, puis s'est éclipsé. J'ai attendu Lae'zel qui restait immobile tandis que nos camarades franchissaient le portail. “Comment te sens-tu ?” Elle m'a ignorée, et a suivi les autres d'un pas déterminé.

Nous avons rebroussé chemin jusqu'à l'entrée du temple. Le temps que les résidents de la crèche découvrent notre méfait, nous serons déjà loin. Les rayons dorés du soleil s'approchant de l'horizon réchauffaient nos visages. Astarion m'a fait un petit signe de tête avant de partir vers le camp. Je crois qu'il me remerciait pour mes mots de ce matin. Ombrecœur a refermé la plaie sur ma main. Elle a remarqué avec une pointe de satisfaction que je ne m'en étais même pas plainte. Elle aurait pu nous sermonner, elle avait prédit tout ce qu'on venait de traverser, mais elle ne l'a pas fait.

Capture en jeu montrant Mel, assise seule sur un rocher arrondi près d'un arbre, au bord d'un précipice. Devant elle, des sommets montagneux coiffés de nuages blancs s'étendent à perte de vue sous un immense croissant de lune.

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