Élan des bois respire mon moi.

Aujourd’hui je me suis libérée. Cet aujourd’hui dura 10 ans ou 1 mois ou quelque chose comme ça, et il n’est pas terminé. Que de chemin ce temps, qui n’est pourtant que grain de sel dissout dans l’immensité des océans... Libérée de toi, altérité, libérée de moi. Ne plus vouloir chercher qu’à respirer, quand bien même les déboires du quotidien me traînent d’agitations en préoccupations, de blues en perdition d’espoirs. Élan tu es là et rien ne t’arracheras. Tu m’as fait traverser des tempêtes sans que je te sache exister, sans que je pense à toi. Alors maintenant que je te tiens, mon élan des bois, je ne te lâcherai pas ! Même dans la course je sens ton souffle chaud au creux de mon cou. Alors quand je me pose à caresser tes flans, à humer ton odeur, c’est en mon souffle intérieur que je renais. Et là plus rien ne compte que ce souffle de toi à moi, de moi à toi, de moi à moi, du monde à moi, de moi au monde. Le moi se fond, comme glace au soleil, en une eau nourricière pour des pousses nouvelles, inconnues. De poussière je viens, de poussière je retournerai. Élan des bois tu m’accompagnes, déjà avant, déjà après.

Sarita, 12/12/20

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