Argeveller

Des petits bouts de trucs… {licence CC by 4.0}

J'ai vécu et parcouru mille aventures, traversé des catastrophes, rencontré des peines.

Les maladies et les morts furent même mon quotidien pendant 10 ans. Urgentiste et soldat du feu qui court dans chaque catastrophe et accident. 8 années ont été vécues autrement depuis. Mille et une si chère vie.

J'ai mis mon corps et mon esprit à l'épreuve. Par le sport, par le métier, par les excès, la luxure et gloutonnerie.

J'ai une impression d'avoir toujours grandi au travers de ces événements — comme un casier où l'on range les petits caractères acquis qui serviront à imprimer typologie et typographie sur un être constitué. Un tatouage de le vie.

Depuis 2 ans je suis malade, chroniquement, hasardeusement et aléatoirement frappé. Là, je suis démuni et anxieux comme jamais auparavant.

C'est arrivé et apparu un jour. Irruptions et gonflements, rougeurs et transpiration, aux points d'une urgence médicale rash qui pensa à un choc anaphylactique dans un premier abord.

À la loterie des maladies j'avais gagné une intoxication probablement alimentaire selon le médecin — lui même épuisé par d'autres problèmes. Dans les conditions anormales du corps et de l'esprit il n'y a jamais de chance ou de malchance, il n'y a que maladie(s). Je n'étais pas intoxiqué puisque malgré le traitement et pas d'aliment risqué la crise revint — certes moins forte comme si mon corps commençait dès les tous premiers jours à encaisser. Tous les jours durant la première quinzaine, heures différentes, quoique je tente ou que médecin et pharmacien essaient.

Knock-out physique, j'étais épuisé pendant la crise d'une à deux heures, et après évidemment. Augmentation de la température corporelle, boursouflures, trouble gastrique, douleurs comme pour une piqûre venimeuse à chaque endroit du corps défiguré. Démangeaisons odieuses ajoutant du stress ici où il existait déjà. Les journées de travail était largement amputées. Ma vie sociale et les rencontres très impactées.

Zona, eczéma… rien de tout cela selon plusieurs médecins.

Plus d'une année à se faire boxer par cette maligne pathologie qui fixe elle-même nos rendez-vous sans ni me prévenir, ni toujours honorer sa présence.

Ça, cette chose là lorsqu'elle déforme votre visage et toute votre peau, elle rend inquiète toute personne autour de vous. Plus encourager si cette personne à des sentiments forts pour vous.

Ma seule réponse était et est encore de m'allonger, d'encaisser et d'attendre que ça passe.

Elle avait déjà disparu depuis de longs mois jusqu'à cette semaine post-déconfinement. La tête, l'esprit et le corps n'ont plus les règles qui me conviennent. Ils m'impriment un message d'alarme que je reçoit sans consentement et qu'il m'est difficile de décoder. Je me pensais guéri, voir aguerri, elle est revenue me rappeler ma condition.

Les angoisses que j'avais traversées depuis de longues années avec une impression de victoire se rappellent à moi. Un feu brûlant aux odeurs de Pyrrhus — barouds trop généreux qui ne laissent que des cendres derrière eux.

Je constate et subit aujourd'hui que des choses de la vie me clouent au lit. Je suis le sujet involontaire d'angoisses que je ne ressens pas avec les moyens dont je dispose. Elles s'expriment alors autrement sur moi et en moi.

Il est assez probable, sans évidence garantie, qu'un combat entre moi et moi-maladie ne ferait pas de gagnant. Les combats sont fatiguants, blessants, stressants et ces conséquences sont dans les causes de mon dysfonctionnement.

Probablement que les vécus lourds et constituants des passés qui se sont empilés jouent un opportun * bordel* aujourd'hui.

Je dois ré apprendre à vivre et appréhender le monde autrement. Thérapeutique, méditation (transcendance ?), acception de la chronicité et de l'imprévisible d'un corps biologique que je ne contrôle plus. Ré accorder toutes mes fragilités avec ma différence et désabuser mes privilèges.

J'ai assez d'espoir d'être en bonne voie. Un petit signe est qu'aujourd'hui j'utilise cette crise pour (vous) écrire quelque histoire le visage déformé et brûlant.

J'observe avec inquiétude des occurrences en augmentation de l'emploi du « (re)mettre l'humain au centre » dans des communautés de pratiques dont j'apprécie le niveau élevé de maturité politique des individus.

Essayons de fournir en effort mérité sur cette mécanique agissante et ce vœu formulé.

Définissons ce que nous exprimons

Tropisme (du grec τρόπος) signifie la tendance à accroître, un organisme ou une connaissance, dans une direction donnée.

La force de répétition d'un vœu formulé produit des effets, du moins celles et ceux qui poussent cette répétition pédagogique espèrent des résultats.

Que se passe t'il alors lorsque l'objet lui-même de la proposition est mal ou pas défini ? Il est alors martelé un concept mal forgé et l'on risque d'abîmer la matière, l'outil, la technique et même le corps qui travail.

S'efforcer de vouloir placer un « humain » dans un « centre » sans pendre a minima la peine de définir l'humain est dans les origines des risques que s'infligent les communautés de pratiques qui invoquent cela.

« Qu'est ce que l'humain ? », d'autres avant nous se sont attaché⋅e⋅s aux enquêtes et réponses à cette question fondamentale. J'ai essayé d'améliorer ma compréhension de celles-ci au travers de 4 exercices sur textes d'éminents spécialistes en biologie, en paléoanthropologie et en philosophie. En plus des réponses envisagées à la réponse à la problématique de définition, nous apprenons aussi que l'humain n'est absolument pas au centre de quoi que ce soit, du moins en biologie, en paléoanthropologie et en philosophie. Mieux encore, lors des velléités d'investigation de la question de l'humain, il faut décentrer l'humain de la loupe utilisée pour espérer le définir.

S'évertuer à invoquer un placement de l'humain dans un centre, quelle que soit cette centralité, avec un humain peu ou mal envisagé et prou compris nous mène avec grande probabilité dans une direction que fera croitre de nombreux maux. La répétition mécanique de mots impensés nous fait marcher vers une croissance inconsidérée.

Politisons sérieusement ce que nous désirons faire

Dans une loupe composée de biologie, de féminisme, de cyberféminisme, et les questions d'aliénation, nous pouvons également regarder avec grande intentions de « Anthropocene, Capitalocene, Plantationocene, Chthulucene: Making Kin » par Donna J. Haraway.

Là encore, dans le champ des Environmental Humanities, l'humain n'est pas au centre et ne semble pas devoir y venir pour résoudre des défis écologiques, politiques, qu'ils soient responsabilisés et individués ou collectivisés.

Que nous reste t'il ainsi du vœu d'un « humain au centre » ?

Une invocation répétée qui exprime un désir sur un besoin − qui eux préexistent à cette invocation. Quand bien intentionné⋅e⋅s nous aurions pris l'effort de définir, un tant soit peu, cet humain, il nous incombe de mieux dire et décrire au centre de quoi nous voulons le placer et de quoi est fait cette centralité.

Nous pourrions envisager que ce phénomène, celui de placer au centre et donc de construire ce centre, se lie assez aisément dans une tentative d'établir un « ensemble d'attributs essentiels nécessaires à l'identité et à la fonction » (Wikipedia) de ce centre. Autrement dit, il pourrait s'agir d'un construit d'une essentialisation d'une centralité dans laquelle est espéré la placement d'un humain. C'est d'ailleurs l'essence de ce centre composé par un imaginaire, plus ou moins politisé, qui porte une attraction sur cet humain invoqué. C'est pour cela que des personnes voudraient l'y placer.

Matérialisme, libre arbitre, différentialisme et d'autres coutures pour nous lier au monde mériteraient d'être un peu

En répétant « placer l'humain au centre » nous imprimons au fer rouge des rapports au monde. Ce marquage est effectif quel que soit le degré de considération appliqué au courant que nous empruntons.

Gageons et pendons langue

Disons avec sincérité que le vœu d'un « humain au centre » est employé tel un gage d'amélioration de conditions.

C'est d'ailleurs cette promesse que les chantres de la start-up nation promulguent au rang de devise sur fronton d'institution. Ils expriment un rapport au monde en jouant de la flûte de Hamelin. Cet « humain », qui ne se résume qu'à son essence de chaire à larbin, est alors enfermé dans ce monde infernal sans espoir, ni imaginaire, de s'en libérer par émancipation. Et toute critique portée sur cette effectuation se verra tabassée par une salve de riposte en invoquant le crime qu'est l'acte de refuser cette bienveillance.

Certes, nous pouvons aussi considérer que d'abandonner le concept « de l'humain au centre » à la start-up nation serait tout aussi idiot et dommageable que de leur offrir l'exclusivité de terme « liberté ». Oui, il y a des mots pour exprimer des concepts que sont utilisés avec des sens différents dans des communautés de pratiques différenciées.

Nous l'avons vu précédemment, mettre « l'humain au centre » comporte quelques angulosités saillantes, souvent peu ou pas abordées. Nous venons ajouter à cela le pari (risqué serait un euphémisme) de partager l'emprunt, avec dette de langage et lieu commun, de ce concept de « l'humain au centre » avec les personnes qui détruisent la planète et les humains.

N'avons-nous pas assez de fer pour forger de nouveaux concepts via des mots déjà existants ou nouveau à écrire afin de nous articuler au monde ? Ou pour décrire les situations et conditions et d'un monde que nous désirons ? Si oui, alors faisons cela et réalisons cela avec soin et précaution. Si non, gageons que nous serons vigilant⋅e⋅s nous éviter un contrat faustien avec ceux qui nous exploitent telles des matières premières à extraire de leurs environnements.

Il est dans notre devoir d'êtres humains de défendre des libertés et d'en ouvrir d'autres. Pend ce temps, des personnes s'ingénient à nous perdre dans des débats faussé, ne nous faisant que la charité que d'un os médiatisé à ronger.

On ne dit pas *application de tracing**, nous disons violation de droits fondamentaux et privation de liberté

Les ingérant⋅e⋅s disent l’humain au centre des réunions − configuration sociale particulière − qui alimentent ces bruissements qui agissent tels des divertissements, de détournements de nos attentions, de considérations de fonds et de formes. Ils le disent aussi pour leur application, leur projet, leur politique. Bref, d'un humain au centre de sa propre exploitation assujettie et asservie, dans un monde qui leur appartient. Nous privant ainsi, dans cette centralité, des possibilités d'appartenance à un ou des mondes autres et différents. Privatisant et dépolitisant le rapport au monde.

Habituellement j'aime bien les vendredi. Ils appellent les ami⋅e⋅s, signifient l'arrivée d'un droit à la paresse, ils sont comme habités d'une atmosphère joviale dans les rues que je fréquente.

J'aurais dû me méfier de cette amicalité avec les vendredis.

L'origine de la méfiance

Tout récemment il y eut ce vendredi 13 mars 2020, dans lequel j'aidais à organiser une soirée « Débat sur la technopolice à Rennes ». Je ne suis pas superstitieux, pourtant l'accumulation de signes et de symboles était si bonne que j'en rigolais : Vendredi 13, Boulevard de la Liberté, arrivée en France de la pandémie du coronavirus…

Puis le 20 mars, vendredi durant lequel nous avions dû prendre la pénible décision de suspendre nos permanences d'accueil et d'aide aux personnes étrangères sans papiers.

Le 27 mars, alors que je bossais sur une signature par « Chaos Game Representation of a genetic sequence » du petit vilain virus et ses versions mutées, mon ordinateur passa à trépas. La perte de ce fidèle compagnon de plus de 10 ans de vadrouilles et vagabondages était chargée de conséquences possiblement dramatiques pour moi. j'ai donc criée mon désespoir dans le minitel du Fediverse des Internets. Oui ma précarité chevillée à ma condition sociale ne fait de moi un flocon de neige unique qui faudrait à tout prix sauver de la disparition. Je suis tout au plus un saltimbanque qui déchaîne les vendredi, un pauvre ordinaire comme des dizaines de millions d'autres personnes juste pour ce pays nommé France.

Les routes de la confiance

Dans mes peurs et mon cafard j'ai ressenti à nouveau le parfum de vendredi de convivialité, un air de « le plaisir de vivre ensemble, de chercher des équilibres » ( Jean Anthelme Brillat-Savarin − 1825), des épices de quelque chose de « déterminée » (Illitch − 1973) dans un chaos du monde que je me perds parfois à comprendre.

Des personnes du Fediverse, dont certaines que je n'ai rencontrée que leur être des internets, ont proposé de m'aider, de s'organiser pour ne pas me laisser glisser vers plus de pauvreté. J'étais dans le luxe de respirer à plein poumon les effluves des élans de solidarité, des pollens de convivialité. Solidaryverse¹…

Je voudrais vous écrire explicitement mes profonds remerciements et partager un une foule les sentiments de papillonnement tout en couleur et saveurs que vous m'avez mis dans les tripes. Vous êtes des géant⋅e⋅s aux doigts magiques.

Une reine des Elfes et une Airbird (si, si je vous jure) m'a aidé. Rien qu'avec cela je pourrais affronter tous les vendredi maléfiques qui adviendraient.

Mon avenir sans outils de travail, sans mon ordinateur de gagne miette de pain, semblait moins pénible, pourtant pas encore au soleil. J'aurais pu vivre pire dans une République en Marche, on aurait pu me proposer un numéro de téléphone et site web d'urgence tout frais du matin pour m'aider à traverser la rue de ma misère. Heureusement pour moi, en lieu et place des petits arnaqueurs du dimanche, je suis attrapé par un Héros du vendredi.

Les voiles de générosité

Une personne qui souhaite conserver une forme d'anonymisation de son geste m'offrait un ordinateur portable tout neuf et de très bonnes qualités. À des centaines de kilomètres de moi, dans une période de pandémie mondiale, simplement et presque timidement une personne que je ne fréquente que via les internets vient au chevet de ma situation pour y déposer toute cette immense anticyclone de générosité.

Je voudrais ici et maintenant précis et concis. Il n'y a pas de mot assez fort, pas un merci assez grand écrit, pour exprimer ce que j'ai ressenti.

<3 <3 <3 <3 <3 <3

J'ai inspiré profondément, expiré longuement, répété cela plusieurs fois, pendant plusieurs jours. Puis quelques coups de pinceaux plus tard…

Mon nouvel outil de vadrouille depuis lequel je vous écris

Les invisibles qui nous relient et nous sauvent

Il y a des héroïnes et des héros dans mon histoire, des géants, une Reine des Elfes. mon histoire est vraie puisque je l'ai vécue et aussi elle racine sa factualité dans ces lignes que je vous écris.

Cette histoire s'est déroulé dans une société qui est orientée par des choix politiques qui sont mis en œuvre à l'aide d'architecture et de configuration.

« Cette “crise” de plus fait office de révélateur des structures sous-jacentes mais invisibles de nos sociétés ... et le ridicule qui va avec. L'opportunisme et le colonialisme se lâchent sous prétexte de crise, alors même que ces modèles devraient changer pour éviter la prochaine ... ne pas réagir mais structurer et prévenir » Olm_e

Les protagonistes de cette histoire, de notre histoire puisque composées à plusieurs, ont ouvert couloir d'air vers des champs de liminarité. Elles et ils m'ont offert l'immense privilège de bénéficier de celui-ci.

Cette histoire n'aurait jamais été autre chose qu'un accident confiné, enfermé, cris et peines étouffées entre quatre murs, sans les interventions des invisibles qui tissent et maintiennent les conditions d'existences de mondes.

Les personnes du service postale, les caissières du supermarché la buraliste de ma rue, toutes les personnes de la santé et des hôpitaux, les profs qui ont eu à l'école toutes ces personnes, les éboueurs, les devs de liberapay, les admins des instances du Fediverse, Tedomum team, les pseudonymes des internets, et tellement d'autres… C'est avec vous que l'on écrira les conditions « transfrontalières et transliminaires » (Léna Dormeau 2020). Nous n'oublions et n'oublieront pas celles et ceux qui nous assujettissent à l'invisible et aux souffrances forcées.

Notes

Un endroit ydillique en Bretagne, sur le côte aux granits roses, des hackeuses, hackers, designeuses, designers, écologues, linguistes, architectes, militant⋅e⋅s, programmeuses et programmeurs, ingé⋅e⋅s, queers, se réunissent.

Des bords bords du Jaudy, sur épéron de roches et de terres face à la mer, elles et ils pensent que leurs utopies peuvent panser un peu le monde.

Dès le premier jour, à l’abri des pins, les WC et la douche rompent leur assignation à évacuation des matières. Leur espoir de deux semaines estivales florissantes sont menacés, leur hygiène est compromise. Un enfant de moins de dix ans est privé de commodités élémentaires dites modernes. Manger devenait compliqué car la vaisselle difficile à réaliser sans rejeter d’eau.

Les WC se bouchent, la douche refoule, l’odeur de putréfaction colle à leur système de conceptions idéalistes, l’odeur se répand dans le paysage. Même la vase de l’embouchure de la rivière ne rivalise pas avec ce spectre et son suaire olfactif.

Elles et ils pensent les liens, les techniques, les cultures, les systèmes et infrastructures. Elles et ils tissent des étoles de promesses et de devenirs. Pourtant cette panne les paralysait, au point critique que personnes n’agissait.

Il n’y a pas de “How To”, de “write up”, de “post mortem”, de page wiki pour ces situations. Seule les manches retroussées de rares personnes qui acceptent la responsabilité de l’investigation dans le dur, qui se chargent de patauger et de remuer les défécations d’un groupe social, ici concentré comme rarement sur cette zone, sont les agentes et agents de persistances d’une continuité de qualité de vie moderne faisant face à l’obligation physiologique.

Nous étions face à une esthétique, tout autant face à une métaphore, d'imbrications de construits dont nous héritons sans avoir choisi ce lègue, confronté·e·s à l'injonction de nous en responsabiliser. Nous entrions en profondeur « négociation tacite » avec les systèmes dont nous étions surgeonnes et surgeons.

Deux, nous avions été deux à prendre une pioche partagée pour fendre le puissant granit dans l’attente de libérer une hypothétique fausse ; à s’acharner à découvrir les drains bouchés par les temps et les rejets des humains. Chaque coup de boutoir n’enlevait que quelques éclats de roche, faisant raisonner notre squelette comme un simple tube métallique. En revanche de notre opiniâtreté nous recevions des jaillissements de liquide chargé de matières molles dont nous refusions la composition bien qu’étant obligés d’en avoir les odeurs.

Sueurs d’août, eau croupie, excréments, éclats de granit rose, finissaient par former un nouveau film, part de nous et de notre labeur, à même notre peau et faible quantité de vêtements.

La fausse fut découverte après une journée de bagnards. Il fallut ensuite y plonger seau et mains pour purger de mix de matières et de liquides afin d’envisager à la racine le problème. Pas non plus rejeter n’importe comment, ni n’importe où, ces reliquats de notre humanité que le temps de la nature et les technologies n’avaient pas encore eu le plaisir de traiter et digérer. Un ydillique cap rose ne mérite pas notre infection.

Le groupe, lui comment il fonctionnait ? Dans l’indigence, dans la mécanique sociale cassée, tout du moins arrêtée jusqu’à l’extrême capacité à retenir des besoins du corps. Certaines personnes encourageaient, d’autres regardaient par la fenêtre, d’autres encore s’échappait à la situation. Une forme de socialité chargée se constituait ; deux creusaient.

Ces personnes, pouvant être vues et lues comme « en capacité », sachantes, ou performantes, étaient ici dans une épaisse panne qui les gênait. Revelant aux passage beaucoup de l’intime et du fonctionnement de leur prédéceseuses et prédécesseurs, exposant à l’œil et au nez un envers du décors de nos communautés.

Nous avions pioché et curé plus d’une journée et demi. La pioche en étant usée, même rabougrie dans son profil. Déboucher, re-tuayauter, puis retapisser de sols, n’auront été que des épiphénomènes, tant ils furent faciles physiquement, tant la tension n’existait que dans la panne non-résolue du fonctionnement sanitaire.

Le camp des utopistes, des commonistes, pouvait reprendre le chemin du fonctionnement qui lui était promis. Là dans ce coin de paradis qui jadis fut et aujourd’hui est le théâtre de pirateries dont on ne sait jamais vraiment si elles furent fictionnées ou perpétrées.

Aux ami⋅e⋅s, à Kerbors.