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from Tonton Mollo

Dans un post précédent (https://write.tedomum.net/mollo/a-propos-de-lapprehension-de-la-vitesse-ados-scoots-motos-et-vous-aussi) je vous parlais de notre difficulté d’humains à appréhender la vitesse et j’indiquais que les normes d'homologation des casques motos en Europe étaient calibrées pour un impact direct à 27 km/h maximum. Ça semble très peu, je vais tenter de vous expliquer pourquoi, et de vous donner quelques informations complémentaires.

Pour rester dans l’ambiance de la classe d’école décrite dans le billet précédent, on pose aussi cette question aux gamins : « À quelle vitesse maximum un casque vous protège-t-il d'un choc direct ? »

Les réponses les plus fréquentes, presque dans l’ordre : « 90 ! », « 100 ! », « 130 ! », « 200 ! »« 300 ! »

Étrangement, on assiste une enchère à la hausse dans les réponses et ceusses qui pensaient dire à « 50 km/h » ont bien du mal à se faire entendre quand iels ne sont pas la cible de moqueries de la part de leurs camarades.

Alors, à quoi peut bien servir un casque ? Après tout il n’est devenu obligatoire (hors agglomération) que depuis 1976 pour les usagers de mobylettes et trois ans avant pour les motards (motocyclettes).

Voyez si vous voulez cette fresque historique : http://www.ac-grenoble.fr/savoie/pedagogie/docs_pedas/securite_routiere/dates_cles.pdf

Les contextes des accidents dont sont victimes les motards privilégient les blessures à la tête, contrairement aux cyclistes où ce sont leurs membres antérieurs et inférieurs qui morflent beaucoup plus que leur boite crânienne. Portez quand même un casque à vélo, on ne sait jamais !

Si vous considérez un accident depuis votre place de conducteur.trice d’une boite à roues (aka bagnole), il vous sera précieux que les circonstances vous maintiennent dans ladite boîte surtout depuis que vous êtes bardé·e·s d’Airbag et autres dispositifs de protection active. Il y a eu des tentatives de la part d’Honda de maintenir le motard sur sa moto avec le renfort de coussins gonflables, finalement abandonnées, en fait il vaut mieux pour eux voler en l’air et vaille que vaille une fois dans l’herbe ou sur le bitume, glisser et ralentir et l’issue est généralement meilleure qu’une situation qui se rapproche d’un automobiliste sans ceinture.

Notons aussi cette initiative très réussie de BMW avec son scooter C1 muni d’un toit et dont l’homologation dispensait le conducteur de porter un casque. Renault a tenté une aventure identique mais sous sa véranda il fallait en porter un. https://moto-station.com/scooter-station/essai/renault-125-fulltime

(Ping les talents du lobbying automobile teuton.)

Revenons au sujet ! Motards, disons que vous allez vous planter dans un accident. Dans la plupart des cas vous allez voler un peu, puis vous retrouver à glisser au sol si la chance vous a « épargnée » d’un choc direct avec une pile de pont ou une bordure de trottoir. L’absence d’obstacles sur les circuits de compétition fait que l’on n’y dénombre que très peu de morts.

Dans toutes ces situations fâcheuses nos corps peuvent subir grosso-modo deux types de blessures : des fractures, auxquelles on pense le plus souvent mais aussi des brûlures. Ces dernières sont souvent très difficiles voire impossibles à cicatriser et elles laissent des stigmates toute la vie.

Les fractures de type « Je me suis cassé le tibia au ski » sont généralement très faciles à guérir, on dit que la cicatrisation autour du siège de la brisure rend l’os encore plus costaud. Pour les articulations et la colonne vertébrale c’est beaucoup moins vrai.

Les fonctions de protection d’un casque sont donc d’ :

  • Atténuer l’impact d’un choc (effet possiblement délétère sur la cohérence des tissus du cerveau)
  • Être suffisamment glissant pour générer le minimum de torsions sur les vertèbres cervicales en cas de glissade. Ce sera aux vêtements de s’opposer à la glissade en assurant un « freinage ». Le cuir reste de loin un matériau in-surpassé.

Mais également :

  • De protéger du froid. (S’il fait 0C° et que vous roulez à 90 km/h, la température ressentie par vos oreilles sera de -17C°, elles risquent donc de geler.)
  • De vous éviter d’avoir des moucherons collés aux dents, c’est certes très nourrissant mais hautement inesthétique. Ou pire : un dard dans l’œil. Une guêpe de 0.5g qui choque votre rétine à 50km/h ça fait plus que très mal.

On ne parlera pas ici des deux points précédents.

Revenons à la fonction d’atténuation d’un choc, et prenons l’exemple d’un casque de chantier. Il est conçu pour protéger des impacts sur la boite crânienne d’objets qui chuteraient, par exemple un marteau ou une petite brique. La rigidité de sa coque va répartir l’énergie de l’impact sur la totalité du crâne via les lanières internes. Mais l’absorption de l’énergie sera dévolue à l’élasticité des vertèbres cervicales, c’est toujours mieux que l’impact initial sur 1cm carré de l’os du crâne qui lui n’est pas du tout élastique.

Ici on parle donc d’un objet d’environ 1kg qui tombe à environ 50km/h (chute libre depuis un troisième étage).

Mais dans le cas d’un accident moto on parle de toi, un « objet » de 75kg qui ira frapper un obstacle à la vitesse que l’on espère la plus faible possible.

L’énergie cinétique est en jeu dans ces deux situations, mais pas dans les mêmes proportions.

https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/6ae28be3edf3b1adce751c9e317ba60db13bbdae

On trouve chez les élèves deux biais qu’ils imaginent comme moyen de protéger sa tête :

  • Un édredon : C’est vrai c’est tout doux, mais sa capacité d’absorption énergétique est quasi nulle. Demandez-vous si une doudoune va vous préserver de lésions de la colonne vertébrale au ski par exemple.

  • Un casque épais en acier : Prenez un boulet de canon au centre creux, ouvrez-le, placez dans la cavité un melon ou une petite pastèque, ressoudez-le. Puis lâchez-le du 5ᵉ étage, le boulet sera intact après avoir frappé le sol, mais il aura communiqué à l’objet à l’intérieur une décélération identique à celle qu’aurait subit l’objet s’il avait directement frappé le sol. (NB : Séparés, un boulet et une pastèque tombent à la même vitesse. En tout cas depuis Galilée.)

Qui-y-a-t-il de différent dans le cas d’un casque moto ?

On ne peut pas compter sur les cervicales pour absorber l’énergie de l’impact d’un choc dans une situation d’accident à moto (même avec un casque de chantier), à 30 km/h celles-ci seraient détruites.

On retrouve donc sur un casque moto une coque rigide qui a pour rôle principal de répartir la surface sur laquelle va se dissiper l’énergie du choc. Puis une couche de mousse polyuréthane s’y trouve ensuite, et une grande partie de l’énergie y sera dissipée dans sa compression destructive. Après un choc significatif la compression de la mousse est irréversible, l’intégrité de la coque et de la mousse ne sont plus garanties sans que ce soit extérieurement visible, aussi il ne faut jamais utiliser, acheter ou revendre un casque d’occasion. Offrez-le plutôt aux services de secours qui malheureusement s’entraînent à ôter un casque à un accidenté sur des équipements anciens et ils ont besoin de connaître les techniques en service : joues amovibles, divers systèmes de lanières de fixation, systèmes d’ouverture des modulables, etc.

Vous pouvez expérimenter cet effet d’absorption d’énergie dans votre arrière-cour, placez une plaque de verre au sol sur le bitume et frappez-la avec votre pied, elle va se rompre. Maintenant superposez une plaque de polystyrène et infligez-lui le même geste, il est très probable que la plaque de verre demeurera intacte.

Si vous testez ces deux situations (avec et sans couche de poly) avec un pic à glace plutôt qu’avec votre pied vous ne constaterez pas de différence, la vitre sera brisée, la répartition en surface de l’énergie du choc est donc primordiale.

Alors pourquoi cette limite de 27 km/h ?

L’épaisseur de mousse polyuréthane dans un casque est d’environ de 3 cm. Souvent elle varie selon les zones et les fabricants utilisent selon les endroits des densités différentes.

Lors d’un choc direct à plus de 27 km/h, elle va jouer son rôle d’absorption de l’énergie, mais elle restituera à la boite crânienne une décélération encore assez forte pour léser les structures du cerveau, en provoquant une élongation délétère des dendrites, soit une lésion bien au-delà du traumatisme crânien.

Encore une fois, le casque sauve d’une grande majorité des accidents quand un choc à la tête est convoqué, parce que la vitesse d’impact avec les obstacles aura diminué pendant une phase de préalable de freinage ou de glissade.

Les gosses peuvent souvent réagir en disant « Ben 27 km/h c’est pas très vite, autant ne pas porter de casque ! ». Dans ce cas on peut préciser que 30 km/h c’est la vitesse d’atterrissage au sol si on se jette du premier étage (3.5m). Dans cette situation leur choix entre tête nue ou avec un casque il est vite répondu.

Comment on mesure tout ça ?

En laboratoire et pas avec des cascadeurs bien heureusement.

Grosso modo l’équipement consiste en une simili tête de motard en acier munie de capteurs sur laquelle on enfile le casque. Une enclume extérieure descend à la vitesse maxi de 27 km/h sur le casque, on connaît ici l’énergie communiquée par l’enclume au casque, les capteurs de la « tête » mesurent l’énergie résiduelle qu’ils subissent, et au-delà d’une certaine valeur on considère que les structures internes du cerveau sont endommagées.

Bien sûr on choque le casque à différents endroits, sommet, côtés, mâchoire.

Ne pourrait-on pas imaginer un casque qui protège contre des chocs directs à 50 km/h plutôt qu’à 27 km/h ?

Pourquoi pas ! Mais l’énergie est fonction carrée de la vitesse, or si on double la vitesse, on doit quadrupler l’épaisseur de mousse pour absorber l’énergie résultante et celle-ci attendrait 12cm, je vous laisse imaginer le confort, l’angle de vision et le poids qui pèserait sur les cervicales.

Quelques autres détails.

Vous portez un casque mais vous ne le portez pas !

Dans le rapport du Préfet Guyot, Gisement de sécurité routière : les deux-roues motorisés (2008), on trouve beaucoup de choses, souvent intéressantes et parfois très insolites.

Rapport disponible ici : http://isidoredd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/documents/dri/PREDIT0109.pdf Et son analyse par la FFMC : https://ffmc.asso.fr/IMG/pdf/analyse_Rapport_Guyot.pdf

Parmi ces mesures insolites, par exemple l’installation d’une plaque d’immatriculation à l’avant des motos ou la publication d’un chiffre sur le taux de port du casque sur autoroute : 92 %.

Ce chiffre est insensé à première vue, avez-vous vu seulement deux motards de toute votre vie, sans casque sur l’autoroute (en France) ?

Nos législateurs ne se sont pas pris la tête à déterminer toutes les situations, ils considèrent que vous portez un casque si vous en avez un sur la tète et qu’en plus :

  • Il est homologué.
  • La jugulaire est correctement ajustée.
  • Il comporte 4 auto-collants auto-réfléchissants. C’est parait-il pour retrouver de nuit un motard accidenté au fond d’un ravin. Sachez qu’ils ne doivent pas forcément être blancs, ce qui pourrait nuire à l’esthétique de la peinture spéciale que vous avez choisie pour la modique somme de 400€ chez le fabricant. Il en existe des noirs.
  • Il doit être utilisé selon son type, c’est le cas des casques modulables dont la mentonnière s’ouvre sur le haut de la tête, certains sont homologués pour « rouler ouverts » d’autres non.

Autrement dit nos 8 % de motards sans casque ce sont ceux qui soit ne portaient effectivement pas de casque, soit ne remplissaient pas l’une des conditions précédentes.

On doit le changer tous les 5 ans maximums ?

C’était plutôt conseillé il y a plus de 30 ans quand les coques étaient en fibre de verre (type kayak) qui perdait à cause du rayonnement UV sa rigidité, idem pour la mousse alors en polystyrène basique type caisses à poissons. Aujourd’hui les matériaux sont très évolués et ne subissent plus les outrages du temps et de l’environnement.

On change plutôt son casque :

  • Après un accident.
  • Quand il devient inconfortable, les mousses de confort interne sont tassées, la visière est rayée et on ne peut plus la remplacer, etc
  • Ou comme tout drogué à la consommation qui veut son shot de nouveau modèle.

Peut-on repeindre son casque ou y mettre des autocollants ?

  • Pour la peinture c’est déconseillé, elle risque d’attaquer la structure de la coque et lui faire perdre sa rigidité. Mais aujourd’hui on trouve une majorité de peintures sans solvants, si vous tenez absolument à arborer un portrait de Johnny avec un camion et des loups en arrière plan, adressez-vous à un professionnel.

  • Les autocollants sont à proscrire, ils vont altérer la capacité de la surface de la coque à glisser et accentuer les éventuelles contraintes de torsion sur les cervicales. Leurs colles peuvent aussi altérer localement la rigidité de la coque.

EOT

 
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from Argeveller

Au détour d'une discussion sur la Fediverse avec ·Gor lilith, je me retrouve l'envie d'écrire quelques mois plus tard.

C'était l'hiver dans l'hémisphère nord, une pandémie de SARS-CoV déjà âgée d'une année, un confinement en Europe.

Réalité, perception et individu

La question ainsi posée par mon interlocuteur était : « “la réalité, telle que perçue par un individu, dépend de son vécu” est une évidence ? »

« Ce phénomène a priori scandaleux aux yeux de scientifiques durs est pourtant déjà bien connu en sciences humaines, où l’on sait que la réalité, telle que perçue par un individu, dépend de son vécu⁷. » La Construction Sociale de la Réalité, Peter Berger et Thomas Luckmann, Armand Colin (2012). https://zet-ethique.fr/2017/07/13/pensee-rationaliste-et-anti-feminismes-1/

Peter Berger et Thomas Luckmann, Armand Colin, sont des cadres de la phénoménologie sociologique. La phénoménologie est un courant de pensée du XXe siècle fondé par Edmund Husserl dans l'optique de faire de la philosophie une discipline scientifique, en rupture avec le psychologisme et en opposition à la métaphysique (« Recherches logiques » (1900-1901)).

Réalité du temps

Le ressenti que nous avons du temps dépend de notre place sociale ( Le temps et les temporalités à défendre dans les politiques sociales et l'intervention sociale — Brigitte Bouquet). Par exemple, une valeur attribuée à 1 heure de votre temps de travail sera très probablement différente de celle attribuée à Monsieur Jeffrey Bezos. Autre exemple, lorsque vous une femme avec un nourrisson dans une société hétéronormée 4 heures d'une matinée sera un vécu et une réalité avec de multiples tâches, responsabilités, charges, énergies, pensées, qui sont bien différente d'un homme hétérosexuel, en cisidentité, du même âge et de même classe sociale.

« Du temps » de Nobert Elias est un sacré bouquin.

Il est sociologue, Allemand, docteur en philosophie, spécialiste d'une sociologie de la connaissance.

Il y creuse la question du temps dans la perspective sociologique du processus de civilisation (et pas mal avec le rapport de l'époque au concept de nature — toujours dans un dualisme nature / culture qu'il désagrège assez bien de mon point de vue) (ref)

Chez Norbert Elias, en sociologie des savoirs et de la connaissance, le niveau de développement de société dans lequel un individu est partie prenante (le groupe est la multitude – théorie de la civilisation), c'est à dire la capacité à intégrer des complexités, est corrélé avec la situation de danger individuel.

En d'autres termes, un individu d'un groupe peu « développé » lorsqu'il est en danger cherche fréquemment à expliquer son rapport au monde par des symboles (qui sont des instruments d'orientation) fantasmatiques.

Le développement de la civilisation tend à fournir plus de sécurité individuelle. Se développement est réversible.

« Le développement de notre fond commun de savoirs revêt pour l'humanité une importance qui est sans doute sous-estimée aujourd'hui, et c'est précisément pourquoi cela vaut la peine de lui accorder plus d'attention » (N. Elias, 1984).

« Le développement du savoir social, à l'instar de celui qui s’opère dans d'autres secteurs, joue lui aussi un rôle dans la survie de tous les groupes humains et de leurs membres, en ce sens qu'il participe de manière active à l'évolution de ces groupes ».

Son apport sur la question de la perception du temps au travers de plusieurs est une contribution importante pour la compréhensions de ce qui peut être vu et compris comme réalité.

« Comme les montres et les bateaux, le temps est quelque chose qui s'est développé en rapport à des intentions déterminées et des tâches spécifiques des Hommes. De nous jours le “temps” est un instrument de mesure indispensable pour effectuer une foule de tâches diverses »

Et les « temps » avec ces différentes formes d'acceptations se lie et se relit au travers de discipline.

« Et c'est finalement à Einstein qu'il revient d'avoir mis en évidence que le temps est une forme de relation et non, comme le croyais Newton, un flux objectif, élément de la création au même titre que les fleuves et le montagnes, et tout aussi indépendant qu'eux de l'activité déterminatrice de hommes en dépit de son caractère invisible. Mais Einstein lui-même n'est pas allé assez loin et n'a pu totalement échapper au fétichisme verbal. […] Il n'a évoqué les problèmes du temps que dans les limites du cadre des physiciens. Or un examen critique du concept de temps implique que l'on rende également intelligible la relation entre temps physique et temps social ou, en d'autres termes, entre la manière de déterminer le temps en référence à la “nature” ou en référence à la “société”. Mais Einstein ne s'était pas fixé cette tâche, qui, de toute façon, ne relève pas de la compétence du physicien ». Nobert Elias, « Du temps », 1984, Chez Pocket, Introduction p.55

Pour ce qui était de mon interlocuteur ·Gor lilith, au sujet précédemment cité chez Peter Berger et Thomas Luckmann, Armand Colin, il survient une question : « on ne parle pas de la réalité, mais des réalités subjectives, qui est bien notre expérience, mais ça n'est pas ce dont on parle quand on parle de la réalité. Dans ma compréhension, la réalité, c'est indépendant de l'existence d'animaux capable d'en percevoir des facettes. »

L'étude de la vie des vivants revient par fois dans les limites du cadre des biologistes.

Biologie et réalité(s)

Le mot et concept biologie lui arrive en 1766 par Michael Christoph Hanow ; puis en 1797 par les médecins Roose, Burdach et Treviranus (1800 -1802) puis par Lamarck (1800 – 1802) naturaliste, botaniste, zoologiste.

Comme discipline scientifique.

« Le positiviste en biologie évite les concepts métaphysiques en opérant une réduction dans ses questions. Ainsi, quand François Jacob déclare qu'on n'étudie plus « la vie » dans les laboratoires, on peut comprendre que le concept de « vie » s'apparente aux anciennes abstractions de la métaphysique. Que se passe-t-il dans les laboratoires ? On étudie des relations d'oxydoréductions, des méthylations, différentes réactions entre des molécules : mais voit-on jamais la « vie » ? Au lieu de la « vie », la biologie positive étudie les propriétés d'un des niveaux d'organisation caractéristiques du vivant (individus, issus, cellules, molécules). […] On pourrait convoquer d'autres exemples : la biologie étudia t-elle « l'animal » ou uniquement des séquences d'action-réaction, des réflexes, des comportements stéréotypés ? Étudie t-elle « l'humain » ou seulement sa physiologie, ses comportements sociaux ? » Métaphysique et biologie, par Thierry Hocquet dans précis de biologie https://fr.calameo.com/read/000015856d

Sur le rapport à la « réalité », notamment en biologie (et pourquoi malgré la proximité avec la philosophie) et les acceptions ou non de certains angles apportés par diverses branches de la métaphysique, nous pouvons apporter quelques regards en prémices d'examen.

Bien avant cette biologie, il y a des origines et des héritages que l'on ne doit pas masquer, notamment si l'on insiste à creuser la réalité et les rapports que nous entretenons avec elle.

« La magie se relie aux sciences, de la même façon qu'aux techniques » p.136 « si éloigné que nous pensions être de la magie, nous en sommes encore mal dégagés » (p.137) ; « Elles (les écoles de magie) furent les premières académies » ; « Ni les techniques, ni les sciences, ni même les principes directeurs de notre raison ne sont encore lavés de leur tâche originelle » (p. 137) Marcel Mauss (1902 – 1903), Théorie générale de la magie, Puf édition.

Le phénomène de la réorganisation des sciences du vivant au XVIIIe étaient déterminé par des réflexions logique sur l'essence du sujet et sur des exigences portées sur la connaissance authentique de la « nature ». C'est une volonté radicale, qui s'entreprend en profondeur racinaire, de fonder une nouvelle logique. Logique qui dirige à l'examen de la ou les réalité⋅s.

C'est ici un esquisse a minima pour donner à comprendre comment se passe aujourd'hui des « choses » dans les universités, écoles, labo, à des personnes qui sont en demande de participer à la discussion (voir même la disputatio) et qui n'ont jamais pu franchir les murs de ces institutions.

Maintenant, pour m'orienter :

  • Qui juge de qui / de quoi ?
  • Depuis quelle position ?
  • Sur quoi ?
  • Comment ?

Ensuite la « “vieille” épistémologie » avec objet et sujet bien distant, séparation étanche, a commencé à exploser au début du XXème siècle (philo, anthropo, socio, ect) et continue aujourd'hui. Par exemple, le changement de de l'hérédité tout génétique¹ à d'autres approches en biologie². Aveux et consensus se forment après les études sur le fait qu'il n'y que peu ou prou de cloison étanche entre objet et sujet, entre observatrice, observateurs, et observées ; entre milieu et individu. Les inter-influences existent (exemple: « Microbiote : dites-le avec des flores )

Par exemple, Maria Sibylla Merian, naturaliste et illustratrice science du XVIIeme siècle (le mot et concept biologie lui arrive plus après les naturalistes). Elle a longtemps été érigée en « rockstar » de la science.

Heureusement les disciplines collaborent et la science fonctionne aussi par réfutation (aka mise à l'épreuve des théories et hypothèses).

Maria Sibylla Merian vivait dans son « siècle » avec sa classe sociale. Elle n'a pas pris ce contexte comme biais possible dans ses recherches (c'est l'un des actes les plus difficiles en science : penser contre soi-même / sa « réalité »). Tel que sont l'esclavage, sexisme, soumission des femmes, etc

Ainsi, ses recherches les insectes et leur reproduction sont totalement teintés de « white supremacy » et de « masculinisme » : “Breeding Insects and Reproducing White Supremacy in Maria Sibylla Merian’s Ecology of Dispossession”.

Revenons plus de notre époque avec la proximité biologie / philosophie et le problème de « réalité ».

(Métaphysique et biologie, par Thierry Hocquet dans précis de biologie)

Rejet de la métaphysique fumeuse et saine méthode scientifique

le positivisme en biologie évite les concepts métaphysiques en opérant une réduction des questions […]

La science, dans sa forme (ultra)spécialisée, est devenue une « sorte de technique théorique qui comme la technique au sens habituel du terme, repose beaucoup plus sur une “expérience pratique” dans l'exercice lui-même d'une activité répétée et variée (aussi appelée “intuition”, tact, dans la praxis. » (Husserl, 1929).

Ainsi, la réalité nous vivons une relation avec elle, et certaines de ces relations passent par des cadres disciplinaires qui sont voué à décrire et étudier des existants. Il serait bon pour notre réflexion d'avoir plus d'apport en sociologie et en anthropologie sur ce sujet.

Par contre donner une matière, un corps à la réalité, la réifier, pousserait probablement à du fétichisme verbal (expression de N. Elias) et entretiendrait la substance d'un mythe de la réalité mesurable selon les outils, méthodes, appareils, de sciences « formelles ».

Disputatio

(J'empreinte ici les mots de mon interlocuteur premier)

Mon propos et mon étonnement était face à une vision caricaturale avec d'un côté des défenseurs de La Réalité, avec La Science qui en serait la description exact, neutre, infaillible, et de l'autre les tenants de la réalité comme construction sociale, donc le règne des réalités subjectives, en partie irréconciliables. Je pense qu'on ne parle pas des même « réalités ». (ici j'ai voulu insérer une citation à visée de discussion dans nos échanges)

“it may be, that long after the theories of the philosophers whose achievements are recorded in these pages, are obsolete, the vision of the poet will remain as a truthful and efficient symbol of the wonder and the mystery of Nature. ” Thomas Henry Huxley (1869), 4 novembre 1869, introduction au premier numéro paru de la revue scientifique Nature.

J'en vois au moins 3. Les sciences (et pas la science…) serait au milieu des 2 autres. Ce sont des tentatives de décrire une réalité objective (et voilà l'une des 2 autres), de manière faillible et perfectibles, sujettes à nos biais culturels et sociologiques, mais avec des pratiques qui cherchent à les réduire, au moins en partie, progressivement, notamment grâce à des regards nouveaux. Dans ce sens-là, les propositions des sciences sont des réalités socialement construites mais plus générales, plus partageables, plus collectives que mon expérience individuelle. La troisième réalité, qui en fait n'est pas la réalité, mais mon expérience subjective, réelle en quelque sorte, mais qui n'est pas générale, qu'en partie partageable.

Dans La science, sa méthode et sa philosophie³, Mario Augusto Bunge, philosophe des sciences argentin, propose 4 désignations pour loi scientifique. Je n'ai pas encore tout bien compris, mais la première, loi-1, c'est « toute relation constante et objective dans la nature, dans l’esprit ou dans la société ».

La deuxième, loi-2 « ou énoncé nomologique ou énoncé de loi, désigne toute hypothèse générale qui se réfère indirectement à une loi-1 et qui constitue la version conceptuelle de celle-ci. » (ici encore j'insère une citation dans nos échanges en guise de discussion)

« Nous avons compris que les non-humains étaient tout sauf la nature. La nature est un dispositif métaphysique, que l’Occident et les Européens ont inventé pour mettre en avant la distanciation des humains vis-à-vis du monde », Philippe Descola

Et c'est bien là que se glissent les constructions sociales, dans le fait que c'est un énoncé, et même avec toutes les précautions possibles, ça reste emprunt de subjectivité.

Je pense quand même que les sciences reposent sur le postulat qu'il existe une réalité objective et qu'il est intéressant d'essayer de la décrire. Certes, comme nous sommes des animaux, nous devons accepter qu'on n'y arrive jamais vraiment, on y approche, on ne fera jamais que d'en approcher.

Sinon, qu'est-ce qui nous empêcherait de dire n'importe quoi ? Ou alors de dire des propositions selon une logique interne et des méthodes rigoureuses (les sciences formelles) sans se préoccuper des faits.

Et ça n'empêche nullement à des groupes sociaux exclus, dominés, de ne pas se laisser faire, de renverser les tables et de montre que « cette » description du réel est injuste, partiale, biaisée.

Ni à la poésie d'exprimer nos vécus, nos rêves, nos folies, nos subjectivités.

(Et en rebond à mes insertions, mon interlocuteur ajoute)

La nature != la réalité. C'est une autre question. Sur ce point, on peut dire que les artefacts de l'animal humain sont encore de la nature, ou que l'artificiel appartient à la nature.

À noter que dans l'ontologie matérialiste de Bunge⁴, la réalité, la matière, la nature, etc., sont des concepts, pas des entités réelles. J'imagine que l'espèce en fait partie. Le réel (concept, non réel donc) est fait d'objets individuels et uniques. Mais c'est encore une autre question.

Cognition

Le fait de connaître passe aussi par les outils, physiques et conceptuels, que nous avons à notre disposition.

« La cognition est l'ensemble des processus mentaux qui se rapportent à la fonction de connaissance et mettent en jeu la mémoire, le langage, le raisonnement, l'apprentissage, l'intelligence, la résolution de problèmes, la prise de décision, la perception ou l'attention. » Wikipedia

Ces outils servent d'instruments d'orientation, d'utilisation et de production. Des lances de Néandertal aux actuels téléphones dit intelligent en passant par les montres du temps depuis 1510, nos cognitions passent par des objets. Les connaissances, les descriptions, que nous pouvons tenter de produire sur la notion de réalité sont filtrées dans ce maillage.

D'une certaine position de vue, nous tentons d'examiner réalité / réalités avec une effectuation technique naïve. Aussi, s'efforcer à travailler la méthode avec laquelle nous tentons cette entreprise est nécessaire. Comme par exemple, nous poser cet enchaînement de questions lorsque nous regardons le concept de réalité⋅s :

  1. Quelle logique est mise en œuvre (formelle, aristotélicienne, transcendantale, sophiste (beurk), etc)

  2. Quelle philosophie radicale soutenant cette logique (essentialisme, matérialisme, etc) ?

  3. Quelle normalisation et quelles directions établie cette logique choisie consciemment ?

  4. Dans quel régime de principes est-elle réalisée ?

  5. Quels effets, effectuation, pattern d'effets sont observables en « sortie » ?

C'est un travail sur quelle méthode et quelle place pour cette méthode dans le regard que nous portons sur la « réalité ».

D'un point de vue depuis l'anthropologie générale, plus encore en anthropologie de la technique, « dès le langage apparu, le monde dans son entièreté est devenu signifiant » (Mauss, M. 1901 -1902, Esquisse d'une théorie générale de la magie). Des millénaires plus tard nous peinons toujours à signifier, dire, expliquer ce monde.

Notre réflexion ici et les discussions que nous ouvrons sont assujetties à une inclinaison en 2 pentes qui apporte un angle qu'il faut souligner. Le choix, ou choix peu réfléchi, de boussole et de compas, oriente notre cheminement. D'une part, toutes nos références utilisées sont Européennes (ou Européo-Nord Américaine pour Peter Berger) ; de l'autre toutes les personnes qui portent ses références sont masculines (hors Brigitte Bouquet) et du sérail universitaire. Notre réflexion et nos discussions gagneraient à être abondées d'autres sources, angles, et racines. Réalité, réalités, subjective(s) et/ou objective(s) et les questionnements inférant et affordant ne feraient que souffrir d'une approche uniquement provinciale et d'une vision normative héritée d'un passé que nous n'avons pas décidé.

NDLR : Voilà, nous avons discuté de réalité(s), d'objectivité(s) et et du subjectivé(s) lors d'une saison hivernale au sein de laquelle nous étions sous un régime de confinement. Aujourd'hui nous vous en partageons une retranscription. Grand merci ·Gor lilith <3


Notes et références

  • 1: 6 Juillet 2021 : Décès de Richard C. Lewantonin Biologiste, philosophe des sciences du vivant, généticien, marxiste matérialiste, de 92 ans. Il a œuvré avec force, conviction, et rigueur au démantèlement des théories racistes, déterministes (biologiquement parlant), et néo darwinisme et aussi sociobiologie et psychologie évolutionniste.Notamment par la rigueur d'étude de la génétique des populations. https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_C._Lewontin & https://www.newscientist.com/article/2283160-richard-lewontin-pioneering-evolutionary-biologist-dies-aged-92 . Avec le décès par cancer ce jour de Axel Kahn, C'est une immense page des sciences qui se tourne, alors que nous vivons sous le porche des obscurantismes idéologiques fascistes violentes, du racismes, et des agressions contre les LGBTQIA+.

  • 2: Si les origines des humanités vous intéressent :

Anthropologie, paléo, biologie, génétique, archéologie, philosophie… il est aussi beaucoup question de techniques, outils, cognition, culture et ce qui fait Humanité(s)

1 documentaire Arte de 50 minutes sur « à la rencontre de Néandertal ». Bien foutu, bien accessible, quelques ratés de traduction en fr et un ou deux bullshit de la voix off. https://www.arte.tv/fr/videos/081663-000-A/a-la-rencontre-de-neandertal/

4 billets de ma part. 4. https://xavcc.frama.io/humain-4 (avec lecture enregistrée) 3. https://xavcc.frama.io/humain-3 2. https://xavcc.frama.io/humain-2 1. https://xavcc.frama.io/humain

Cartes géographique « interactives » de l'évolution de l'humain·e au travers des espèce qui composent celle, celui, ci. Et des filiations génétiques https://todon.eu/@XavCC/106483210231501680

Un podcast Une histoire génétique : notre diversité, notre évolution, notre adaptation, leçon inaugurale de Lluis Quintana-Murci https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/une-histoire-genetique-notre-diversite-notre-evolution-notre-adaptation-lecon-inaugurale-de-lluis

  • 3: traduction de La ciencia, su método y su filosofía (1960).

  • 4: MAHNER, Martin, 1997. Foundations of biophilosophy. Berlin : Springer. ISBN 9783540618386.

 
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from Argeveller

Fabuler n'est pas interdit en recherche et pratique scientifique. Fabriquer et utiliser puis diffuser des fables, par l’ingéniosité et la technique, peut même se révéler utile. Il y a des fabuleuses et fabuleux scientifiques et chercheuses, chercheurs.

C'est pour cela que nous investissons le bioart, biohacking sous certains angles ici, et aussi bio jamming.

Cette dernière méthode est liée a une approche culturelle et critique.

« Culture jamming, que l'on peut traduire en français par sabotage culturel ou détournement culturel, est l'acte de subvertir de l'intérieur le fonctionnement d'un média de masse existant, en usant de la même méthode de communication utilisée par ce média. » Wikipédia

Par exemple, nous explorons les chemins critique pour exposer l'hyper solutionnisme en science du vivant et biologie, le dangereux ridicule du libertarisme qui se lie à une des vision eugéniste dans le transhumanisme (lui même plus vaste et divers), et aussi les oppressions et violences raciste, sexiste, classiste, genriste, dans le espace-temps de croisement entre biologie et soin. Cette exploration et révélation peut passer par l'acte artistique en biologie synthétique pour donner corps, fabriquer, un gène chimère issu du « big data » qui donne réalité à une mutation provoquant la luminescence de nos/vos poils d'avant bras.

https://www.hackteria.org/wiki/Mind_thGAP

Ce genre de pratique permet aussi d'explorer et de travailler les liens entre technique, science, éthique, et technologie (étude de l'histoire, de l’évolution, de l'état de l'art de la technique), participant à dessiner de nouveaux contours d'une science en perpétuel mouvement et en dialogue avec la société.

Si j'ai piqué votre curiosité : Venez on discute, on se rencontre ici ou ailleurs. Peut être même qu'on envisage des trucs à mettre en œuvre ensemble.

Bio jamming et des usages de la fabulation.

Merci aux soins portés par Amélie Tehel. Nous avons maintenant à nous pencher sur : + Les types de privilèges qui permettent la fabulation dans le système actuel. + Qui pratique cela ? Des chercheuses et chercheurs bien établi·e·s ou dans la marge ? + Avec quelle(s) visibilité(s) externe(s) et interne(s) ?

Quelques pistes sont déjà ouvertes par l’intermédiaire d'’un sujet de recherche jusqu'à la forme d’une écriture de recherche : Autoéthnographie et fabulation de la thèse + https://infusoir.hypotheses.org + https://infusoir.hypotheses.org/8689

Et CERN en 2017, De l'usage de la fabulation en recherche.

TransOrgansOnAchip

Concept:

The newest speculative project to arise from Biotranslab, Trans.Organ.on.a.Chip seeks to blur the boundaries of categorized life and to dilute the lines of sexual differentiation.

http://paulapin.net/transorgansonachip/

Aussi par l'intermédiaire de Vanessa Lorenzo

“cuerpos se vacían reciclándose como estructuras para alojar nuevas entidades híbridas [...] #ingenieríainversa interviene como tecnología de destrucción creativa, estrategia de supervivencia [..] devuelven al cuerpo a una nueva condición de posibilidad emergente” Marzia Matarese

ref: + Source image: https://hybridoa.org/marimutare + https://hangar.org/ca/labs/produccio/ + [PODCAST] : + https://soundcloud.com/vanessa-lorenzo-662135359/podcast-marimutare + Soundscape hybrides entering the hybrid queerdom of marimutar https://soundcloud.com/vanessa-lorenzo-662135359/overture

Les alternatives infernales

Et les « alternatives infernales » comme manifestations du capitalisme Ces alternatives infernales, comme les appellent Isabelle Stengers et Philippe Pignarre (2017), pièges dans lesquels nous laissons piéger, capturer, envoûter, pour nous condamner à « l'alternative ». (Bien que je repousse certains points d'une intrusion de « Gaïa mère de toute chose » version Lacan chez elle et lui).

Infusoir https://infusoir.hypotheses.org/8407 Benedikte Zitouni https://usaintlouis.academia.edu/BenedikteZitouni

Çar étouffé, suffocant, je cherche…

Et j'entrevois des pistes de réflexions sur mes refus du concept « alternative » et aussi de mes fuites, goûts pour la fiction et fabulation. Et plus profondément ma tendance depuis 5 ans vers forensiques, rétro-ingé, paléo-bio, l'enquête, et l'investigation, parfois en jamming ou biojamming… plus que le « simple biohacking » Et surtout je ne me laisse pas éblouir bien qu'attiré.

 
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from 道 La route chante

Chasteté

Il faudrait retrouver le bonheur de s'aimer de loin, comme des inconnus. Avoir la même grâce que Jésus, la même innocence. La même chasteté. Ce ne sont pas les baisers que la chasteté empêche, ce ne sont pas les étreintes, ni les cheveux qui baignent les pieds nus et les bénissent. Ce qu'elle empêche c'est de déposséder quiconque de son histoire, de sa parole, de son secret. C'est de confisquer son voyage et de réduire sa vie à une chose utile ou même à une chose aidante. C'est de manger sa blessure, de l'étouffer au lieu de la veiller, et d'éteindre son rayonnement avec sa propre lumière.


Marie Laure Choplin, Jours de Royaume

#citation

 
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from TeDomum

C'était un samedi presque comme les autres.

On aurait amplement de quoi romancer les derniers incidents techniques du côté de TeDomum tant les faits sont grandioses et grotesques à la fois, on se contentera de les mettre en scène à fin de propagande. Promis, nous sommes très étrangers au climat politique mais c'est un fait : nous cherchons des bénévoles, et vous pouvez naviguer à la fin de ce billet directement si vous n'avez pas le courage de poursuivre dans les détails.

Tout commençait donc en décembre 2019, attablés en terrasse fermée d'un boulevard parisien nous préparions l'assemblée générale. Tandis que le cortège manifestait dehors, nous débattions de l'avenir de l'association, se professionnaliser et offrir des services payants ou bien réduire la voilure, et nous prenions la direction raisonnable. Voir plus petit c'était d'abord diminuer notre consommation en datacenter, puis rapatrier l'ensemble de nos services sur des machines de récupération : responsable, conforme à nos valeurs, pérenne et techniquement intéressant. Des années devant nous de travaux techniques étaient actées.

Avril 2020, quand la généralisation du télétravail ne mobilisait pas tous nos moyens à soutenir Jitsi Meet et autres services très sollicités, elle nous offrait l'opportunité de mettre le plan en action : un mois plus tard nous avions divisé par 3 nos ressources et d'autant le coût de fonctionnement. Nous préparions dans l'ombre le futur hébergement à la maison sur fonds de ACIDES, Hepto et Kubernetes.

Évidemment réduire la cadence n'est pas sans conséquences. Nous devons aussi réduire nos besoins sans supprimer de service jugé utile au plus grand nombre. Au centre de la cible notre consommation de RAM, le débit d'écriture sur les disques et l'espace en général. Nous nous attaquions à la mémoire quelques jours afin de tailler les giga nécessaires pour tout migrer dans les moules plus petits, puis nous concentrions nos efforts sur le gros morceau : les IO disque. C'est un peu plus d'un mois de travail qu'il a fallu, à optimiser les bases de données mais aussi à modifier les applications pour diminuer l'intensité d'utilisation de nos disques (qui aurait cru que TTRSS parcourait plusieurs fois l'ensemble de sa base à chaque mise à jour de flux ?).

Bien entendu nos objectifs ne s'arrêtaient pas là mais les opérations ont laissé la place aux développements de hepto, hiboo et kity que nous vous présentions ce début d'année. Seulement voilà : migrer tout un CHATONS vers un cluster hepto encore balbutiant n'est pas simple. D'abord il faut former les administrateurs à Kubernetes, mais surtout les spécificités d'un cluster réparti géographiquement sont autant d'embûche sur le chemin des déploiements. Aussi le stockage fichiers de la majorité de nos services doit être repensé, mais notre emploi des bases de données aussi sur fond de développement d'un nouveau contrôleur de stockage Kubernetes, hicso. Faisons court : pour espérer maintenir l'ensemble, nos bases relationnelles hétéroclites doivent converger vers une technologie unique où nous concentrerons nos efforts.

Le temps de cette réflexion n'est pas sans son lot de maintenance et de surprises sur notre infrastructure existante. Entre autres pannes et mises à jour, le train réduit approche de sa capacité maximale à mesure que nous rejoignent de nouvelles âmes. Les travaux sur la RAM sont faciles a poursuivre mais l'espace disque est de plus en plus complexe à optimiser. En cause, notre mécanisme de sauvegarde des bases de données. Pour chaque technologie de bases (principalement Mariadb et PostgreSQL), nous sauvegardons les journaux binaires sur disque, découpés en segments que nous intégrons au reste de nos sauvegardes de fichiers. Cette approche ayant le mérite d'être simple de mise en place nous permet, en combinaison avec des copies intégrales régulières, de conserver l'historique détaillé de nos bases et donc de restaurer au besoin à un instant donné dans le passé. Les gens bien appellent ça du PITR, point in time recovery ; c'est bien utile lorsqu'une application fait défaut et corrompt sa base pendant plusieurs heures ou plusieurs jours. Nous bénéficions à ces fins directement de notre sauvegarde automatique de fichiers basée sur restic. Inconvénient majeur : les journaux de transactions binaires, ça prend de la place, près de la moitié de l'occupation sur nos disques que nous compensons par des nettoyages manuels pénibles.

Enters wal-g. Dans un effort commun pour gagner en RAM et en espace disque nous repensons notre usage des bases de données et l'orientons par l'occasion vers une migration dans kity. De nos nombreux serveurs de bases (pas moins de 17 dénombrés !) nous n'en conservons qu'un, sur une technologie unique. C'est un travail de longue haleine juste entamé, qui implique de mettre à jour plusieurs applications pour supporter PostgreSQL. À la clé non seulement des ressources mieux partagées entre les bases, mais aussi l'opportunité de déployer des configurations plus complexes comme nous n'avons pas à les dupliquer. Ainsi, nous avons pris le parti de construire nos propres images Docker PostgreSQL intégrant des composants pour préparer l'avenir : pglogical, repmgr, et... wal-g.

Ré-écriture du fabuleux wal-e en perte de vitesse, nous guettons wal-g depuis quelques mois afin de transférer directement les journaux de transaction (WAL) PostgreSQL chiffrés et compressés vers nos serveurs de sauvegarde. Fini la copie locale sauvegardée par restic, c'est moins de défauts, des sauvegardes plus immédiates, et surtout des centaines de gigas épargnés sur les disques. Notre configuration est simple et publique, notre plan d'attaque l'était tout autant : en parallèle concentrer l'ensemble des bases sur un unique cluster PostgreSQL et développer notre image intégrant wal-g ainsi que sa configuration type.

Le 5 juin tout était prêt pour basculer sur l'image fraîche et activer wal-g. La bascule était testée, et comme l'architecture et la version de PostgreSQL étaient identiques, pas de difficulté anticipée à conserver le dossier de données en l'état. C'est bien entendu sans compter sur un oubli majeur : d'un côté PostgreSQL est linké sur la glibc, de l'autre sur musl libc d'une distribution Alpine. Bien que les interfaces d'accès fichier soient strictement identiques et n'interfèrent donc absolument pas avec le format de stockage des bases, des différences existent dans la manipulation de chaînes UTF-8, impactant le format des index de tables. C'est ainsi, alors que la majorité des services ont repris un fonctionnement nominal, que certains index ont commencé à défaillir, retournant des résultat instables voire faux à des requêtes sur les clés indexées. Le résultat est d'autant plus catastrophique que le défaut a subsisté plusieurs heures : ici une utilisatrice existant en base s'est vu créer un compte dupliqué masquant ses données, là des pouets, messages Matrix ou flux RSS ont été enregistrés en double ou en triple, ou bien encore des tâches planifiées n'ont jamais enregistré leur résultat.

Au bilan, il a fallu pas moins de 48 heures, application par application, pour réparer manuellement ces défauts en fonction de la meilleure approche au cas par cas. À suivre quelques exemples de requêtes PostgreSQL qui nous ont sauvé la vie pour dédupliquer des lignes dans des tables aux index corrompus.

# Identifier les lignes dupliquées
# ctid est une colonne spéciale retournant un identifiant technique de ligne interne à PostgreSQL, toujours différent y compris en cas d'insertion multiple de la même ligne exactement
SELECT ctid
FROM 
  (SELECT ctid, ROW_NUMBER()
   OVER( PARTITION BY id ORDER BY ctid )
   AS cnt 
   FROM table) t
WHERE cnt > 1;

# Identifier les duplicatas pour une clé
SELECT ctid, key
FROM table
WHERE key = 'value';

# Supprimer sur la base du ROW_NUMBER
DELETE FROM table
WHERE ctid IN
(SELECT ctid
FROM 
  (SELECT ctid, ROW_NUMBER()
   OVER( PARTITION BY id ORDER BY ctid )
   AS cnt 
   FROM table) t
WHERE cnt > 1);

Pour satisfaire les curiosités, notre stratégie était la suivante : – comme le mal était largement fait, ne pas interrompre les applications dans l'espoir de sauver quoi que ce soit puisque la plupart (Peertube faisant exception) survivaient très bien sur des index affreusement incomplets ; – pour tous les comptes en doublon, comme aucun n'avait servi réellement, supprimer l'ensemble des comptes créés après le début de l'incident ; – pour les contenus peu critiques comme la fédiverse ou les flux RSS, supprimer les entrées les plus récentes en conflit, c'est ainsi que quelques centaines de pouets ne sont pas correctement reliés à leurs hashtags ou à leur thread ; – pour Matrix, reconstruire les informations critiques (qui a quel rôle dans un salon par exemple) à la main à partir des événements réellement reçus une fois dédoublonnés.

Les leçons de cet exercice périlleux qui aurait pu nous coûter plus cher ? D'abord évidemment tester en conditions réelles comme toujours, bien que nous pensions sincèrement avoir mis l'adage à l'épreuve. Ensuite et surtout nous ne sommes plus en nombre ni pour faire face à ce type d'événement ni pour soutenir le rythme d'évolution de nos infrastructures vers kity, qui a pris près d'un an de retard. Si nous avions la force, nous aurions déjà migré largement et ne chercherions pas sans cesse les optimisations d'une architecture vieillissante. Si nous avions la disponibilité, des 5 personnes privilégiées sur le serveur plusieurs auraient pu intervenir plus tôt et plus vite afin d'atténuer les dégâts.

Ce n'est bien entendu qu'un exemple et nous pourrions narrer encore cette semaine les attaques globales contre le réseau Matrix qui ont impacté notre serveur et présagent quelques jours laborieux de nettoyage de données et autres festivités.

Pour toutes ces raisons nous avons besoin de vous et de votre volonté bénévole. Deux administrateurs peu actifs les derniers mois laissent aujourd'hui leur place de sorte que nous puissions renforcer l'équipe. Aussi, si vous mourrez d'envie de jongler comme nous sur le fil de chantiers et d'incidents tels que ceux relatés plus haut, si vous n'avez pas peur de #toutcasser le front perlant sous la tension, c'est sans hésitation et sans timidité que vous pouvez nous contacter. Comme nos capacités de formation et d'intégrations de nouveaux membres ne sont pas infinies, une petite idée concrète des profils que nous recherchons :

  • un·e administrateur·rice application, entretenant quotidiennement les services, suivant et appliquant les mises à jour et intervenant sur les incidents simples ; nous pouvons vous former si vous avez le goût du numérique et déjà effleuré le monde GNU/Linux ;
  • un·e administrateur·rice système intervenant sur nos serveurs, contribuant aux chantiers de rénovation, menant les maintenances et intervenant en cas d'incident majeur ; votre expérience de l'administration Debian, de Docker, PostgreSQL et du Web en général sont plus que bienvenues car nos disponibilités sont modestes pour vous former, nous pouvons contribuer à financer des formations en ligne si besoin ;
  • un·e administrateur·rice et développeur·se (il paraît même qu'on dit devops !) contribuant à notre migration vers kity, y assurant progressivement la maintenance et intervenant sur les incidents ; il faut pour cela avoir de l'expérience avec Docker, et idéalement quelques bases dans le monde Kubernetes ; nous saurons nous former ensemble à mesure que nous découvrirons ce monde également !

Si vos CV et lettre de motivation sont prêts, vous pouvez les ranger et venir échanger directement sur les salons de messagerie : il n'est pas question de vous mettre à l'épreuve ou de conduire des entretiens, mais bien d'accueillir votre bonne volonté à bras ouverts.

 
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from Angèle Lewis

[Qu'il faut porter l'obscur]

Le temps s'écoule en suspension Le monde autour de moi est nu Comme mon esprit tendu Vers une direction que je ne connais pas encore J'espère que mon corps Avancera Posera ses pas au bon endroit Marchera pour ma tête Qui reste immobile sur les épaules Se dégageant de toute responsabilité Je perds le nord Le sud l'est et l'ouest Le haut et le bas L'intérieur même

Que l'obscur est sombre Ça paraît simple dit comme ça

J'ai l'impression d'être au bord d'une falaise De chercher encore un chemin invisible dans le vide Alors qu'il n'y a qu'à rebrousser chemin Revenir en arrière Voyager dans le temps Ou disparaître dans celui d'une chute

Elle dit ça la sorcière Qu'il faut rêver l'obscur Qu'il faut en prendre soin Que toute femme qui regarde en elle Est de celles Qui se baladent nues avec la puissance de la nuit

Moi je suis perdue Avec sous la peau Une obscurité si dense que je n'y vois rien Une partie de moi Coupée du temps de l'espace et du monde Je ne me sens pas puissante Je me sens si fragile Que je fuis le sommeil et le lit Pour ne pas ajouter d'ombre Aux lumières qui disparaissent déjà Restant tard à écrire Me levant tôt pour écrire Comme si la page blanche Et les lettres d'encre Pouvaient seules tatouer la peau de l'intérieur Donner des mots au silence de tombe Faire sonner les clochettes d'argent Et laisser des gouttes de rosée d'aurore Sur les toiles d'araignées Qui font dentelle Sur le plafond de ma boîte crânienne

 
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from Shinra

Un mois un peu chargé…

ou pas.

Comment allez-vous? Ça y est!? La végétation a explosé chez vous aussi j'imagine.

Ici c'est la folie, il a plu, fait chaud, donc ça y est, il y a de la chlorophylle visible partout, les arbres terminent pour certains de prendre un beau vert tendre. Les pissenlits ont fleuri sans que je prenne le temps de faire de la cramaillotte (honte à moi ><).

Par contre dans les choses qui arrivent pour la première fois à la maison, je vous présente…TADAMMMM… les poussins

les premiers poussins de la maison

il y avait bien plus d'œufs que ça sous le ventre des 3 poulettes qui couvaient mais bon, c'est que la nature fait son job.

6 poussins c'est souvent ce que nous achetons chaque année. Pour parler un peu sous, un poussin coûte vers 5€. Et ici, ils sont sortis de leur coquille à domicile. Pas de problèmes avec les mamans. La crainte de me faire becquer la main était là mais rien. Certes elles se gonflaient et tentaient l'intimidation mais rien, à tel point qu'il m'a même été possible de les manipuler pour voir sous leur ventre ce qui se passait. Bon ok, à ne pas faire trop souvent.

Et maintenant les pious vont bien.

Me demande combien d'entre eux sont des mâles. Pourvu qu'il n'y en ai pas trop, sinon ça sera “échange” et si pas “casserole”.

Ça c'était pour la basse-cour.

Dans le reste du potager, quelques salades ont trouvé leur place, idem pour des choux, des carottes, des radis et des tomates. Mais suis encore bien loin de l' #autonomie alimentaire ^^'

Côté fruits, les framboises se portent bien, et d'ailleurs les pieds replantés dans le bas du terrain ont survécus à raison de 4 sur les 5 que j'avais bougé. C'est déjà pas mal.

#bassecour

 
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from Angèle Lewis

[Prise au vent]

Je me sens comme un pissenlit en graines Prête à décoller À partir avec le vent Me désunir Lâcher l'attache Savoir le sol sous mes pieds sans le toucher Sentir La légèreté de l'être Ne plus tomber comme la pluie Mais trouver une façon Dans la fragilité De voir quelle force résiste Quelle prise existe Prise au vent ou prisonnière De liens qui libèrent

 
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from Nasra's games

L'utilisation de PPA permet, dans le monde d'Ubuntu et ses dérivées (Mint, PopOS...), d'ajouter des sources à votre liste de paquets disponibles sur votre système.

Je vous ai perdu ? Je vous explique !

L'installation d'un logiciel sur les distributions Linux

Pour installer un logiciel, il est nécessaire d'aller sur le site de l'éditeur du logiciel, télécharger le logiciel et de l'installer. Ok pour ça tout le monde sait de quoi il s'agit. Dans Linux, les distributions mettent à disposition un ensemble de logiciels qui seront par la suite mis à jour avec tout le système, c'est ce qu'on appelle des paquets logiciels, ou paquets. Paquets car ces “logiciels” ne contiennent pas seulement les applications, mais aussi tout ce dont elles ont besoin pour fonctionner (pilotes, librairies bluetooth par exemple...

Donc, quand vous choisissez une distribution, vous choisissez aussi un ensemble de logiciels. Certaines distributions permettent de suivre l'avancée des logiciels (dernière version de Firefox, LibreOffice par exemple), d'autres restent bloquées dans des versions un peu plus anciennes. C'est pour remédier à cela que vous pouvez ajouter des sources supplémentaires (des adresses de serveur, par exemple pour Steam, celle de Valve) pour mettre à jour plus facilement vos logiciels.

Le PPA, dans l'univers d'Ubuntu et ses dérivées.

C'est ici que rentre en jeu les PPA. Ce sont des sources de nouveaux logiciels hébergées par un service de Canonical (éditeur d'Ubuntu), Launchpad.

Dans les temps anciens d'Ubuntu, il fallait éditer à la main un fichier texte, le fameux sources.list et lui rajouter les adresses de serveurs. Aujourd'hui, l'installation d'un PPA se fait grâce à une ligne de commande à copier-coller dans votre terminal : sudo add-apt-repository ppa:LE_NOM_DU_PPA

Mises en garde sur l'utilisation des PPA

Les PPA sont bien utiles pour avoir accès à certains logiciels récents non proposés par défaut par votre distribution. Mais, certains PPA embarquent plus de logiciels et sont de véritables suites logicielles, avec tous les composants à jour pour faire tourner leurs logiciels. Et c'est ici qu'il faut être vigilant. Installer un PPA qui ne contient qu'un seul logiciel, ça se tient, et c'est même intéressant dans la plupart des cas. Installer un PPA avec une suite de centaines de logiciels et leurs dépendances peut casser votre installation facilement.

Je vous recommande ceci : bien vérifier les paquets qu'on peut mettre à jour sur le site du PPA. Comme cela vous saurez si le PPA contient le logiciel ou aussi des mises à jours de Mesa, de pilotes... dont les versions vont se substituer à celles de votre système et le rendre potentiellement instable.

Une solution, n'installer que ce qui est utile ! ;)

Par exemple, pour le logiciel CoreCTRL, nous pouvons remarquer que le PPA proposé ( https://launchpad.net/~ernstp/+archive/ubuntu/mesarc ) contient le logiciel et des mises à jours de Mesa, de pilotes...

Nous pouvons n'installer que le logiciel dont on a besoin en prenant le .deb : “view package details”, le télécharger, et l'installer. C'est comme cela que je fais souvent. Si le logiciel a des dépendances bizarres, je le saurai tout de suite et/ou je pourrai passer à la compilation pour l'utiliser... ou pas (car s'il a des dépendances pourries, c'est peut-être aussi que le logiciel en question un peu moisi)

Voici en image ce que ça donne :

#ppa #ubuntu #popos

 
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from Angèle Lewis

[Désir fauve]

Le désir est joueur Il naît Disparaît Ressurgit Reste en surface S'efface Meurt pendant des jours Ressuscite Pointe le bout du nez ou de la patte Timide Peu à peu S'installe Mais jamais tout à fait

Il faut montrer patte blanche A son tour L'apprivoiser comme un renard ou une amitié

Accepter de le voir loin Parfois se laisser brûler

Drôle de fauve Avec autant de fourrure en camouflage Que de griffes en défense Que de caresses en amour

 
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from Angèle Lewis

[Petite tristesse]

Vague à l'âme En lame de fond Sous la peau Les mots m'écorchent en écho Scarification du cœur Sans trace au-dehors du corps

C'est con De manquer de confiance La conscience intranquille Vrille Dans une valse absurde Dépourvue de sens

Je pense en boucle Sans pansement pour mes petites blessures Écorchures De silences qui sillonnent Mon crâne comme un vinyle Une musique polyphonique résonne

Mélancolique Pincement mineur au cœur Corde sensible Qui fait vibrer la voix Indécente de petite tristesse

 
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from Carnets de Covid

Nomade, la terre est à tout le monde et à personne. Les tribus se forment et se déforment au gré des voyages. Vivre hors de l'espace-temps imposé par l'économie rend libre d'esprit mais le prix à payer peut être assez lourd. Je me demande si ce que l'on nomme “dépression” n'est qu'un état d'esprit trop circulaire pour tenir dans une pyramide. Souffrir active la mémoire. Le souvenir de la souffrance active la peur. Faut-il ignorer ses pensées pour être heureux ? L'été peine à s'installer. J'angoisse déjà à l'idée de l'hiver : où être pour limiter la souffrance physique et psychologique au maximum. Plus de perspective. La pandémie et la “famille” ont anéanti mes espoirs. Se lever, même drogué, reste pénible. Les mêmes rêves s'acharnent: être abandonné, être perdu. De nouveau, chercher ma place, ma tribu, avec une énergie des plus basses. Il est dimanche midi, seul au parc. Le pays mange probablement et vaque à ses automatismes. Moi, j'écris.

 
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from Nasra's games

Voici une collection d'outils pour la création de jeux sur Linux !

Pixelorama

On commence avec de la 2D, du pixelart et de l'animation avec Pixelorama ! Un petit logiciel qui en a dans le ventre ! Pixelorama Basé sur le moteur de script du moteur Godot Engine, Pixelorama vous permet de créer du pixelart et de l'animer ! Il existe pas mal de ressources pour prendre en main cet outil !

LMMS

Voici un outil super puissant pour la création audio sur Linux. LMMS s'inspire beaucoup de FruityLoops au niveau de son interface et profite de nombreux plugins / extensions d'instruments, d'effets. LMMS Là aussi, de nombreuses ressources sur le site web de LMMS, avec une communauté active, des concours...

Godot Engine

Cette -petite- liste ne serait pas complète sans citer Godot Engine ! Un moteur de jeux qui vous permettra de travailler en 2D, 3D... Godot Engine Pas mal de ressources sur cet outil open-source très prisé des créateurs. Voici une liste de tutoriels très complets.

Un exemple de workflow de créateur

Voici enfin un exemple de workflow d'un créateur de jeux. J'ai repris quelques uns de ses outils dans ma liste.

#linuxgaming #godot #pixelorama #lmms

 
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from lareinedeselfes

Comme IRL, tout n'est pas rose sur le Net.

Petites réflexions un peu en vrac

Je suis un peu une bisounours en règle général. J'ai tendance à d'abord chercher le bon dans les gens. Parfois, je ne le vois pas. C'est comme ça, il y a des personnes qui dénigrent toujours tout en bloc. Mais, après tout, c'est leur problème et pas le mien. Je trouve d'ailleurs plus difficile de les repérer dans la vie de tous les jours que sur les réseaux sociaux. Peut être parce que sur le net on peut les lire avant d'avoir une interaction avec elleux. Où alors, parce que je me mets des œillères, ce qui est tout à fait probable, je filtre les gens qui me suivent sur mes comptes de réseaux sociaux. Ce n'est pas pour rien que j'en ai en mode privé uniquement. Après tout, sur le net ce sont des gens qui écrivent, je ne te parle pas des bots, même si pour le faire il a fallu une personne derrière. Dans la vie, je peux assez vite m'agacer quand on critique bêtement un ou une de mes proches. Quand je dis bêtement, je veux dire, pour ce qu'il est personnellement. Bien sûr iel a des défauts, comme moi j'en ai. On peut les nommer sans difficultés et voir ses qualités. Un autre truc, je n'ai pas de difficultés avec les gens qui ont de l'argent, j'en suis heureuse pour elleux. Ma grande difficulté, ce sont ces personnes qui veulent te faire changer d'avis parce que le leur est le bon. Faire découvrir qu'il existe d'autres voies est une bonne chose. Mais il y a manière et manière de le faire. La personne en face a souvent besoin de temps pour entendre, assimiler les informations. La promptitude des réponses sur le Net peuvent parfois faire fuir. C'est bien dommage, car, il y a des gens bien qui s'y trouvent, parfois cachés par d'autres que je ne qualifierai d'aucun mot, car tout le monde peut changer, et qu'un qualificatif peut coller à la peau.

 
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from lareinedeselfes

L'aventure d'une Noob

Je ne suis aucunement issue du monde informatique. Juste une utilisatrice lambda d'internet. Je n'y connais rien en langage de toute sorte, il me faut des heures et des heures pour comprendre et faire un truc. J'essaie, et quand j'ai un tout petit peu compris j'aide les autres. Et comme j'ai rencontré des gens qui m'ont aidé, j'ai aussi envie qu'ils viennent expliquer ce qu'iels m'ont dit. Je n'ai pas le vocabulaire et toute la compréhension du machin pour le faire. Mais avec ces gens là, j'ai compris un peu. Pas tout, mais à chaque fois un peu plus, à mon rythme. Et je peux vous dire que ces gens là, n'ont jamais été méprisants avec moi. Iels m'ont accompagné, répété ce qui avait déjà été dit. M'ont laissée le temps de faire des erreurs sans me traiter de nulle. Et lorsque j'ai parlé d'#EntréeLibre , je n'ai eu que des encouragements. Et pourtant, je suis persuadée que cela devait finir par être casse-pieds de voir mes essais d'affiches, d'écrits...

Alors je commencerai ce Write par un grand Merci à mes mastopotes d'être là et de me supporter dans tous les sens du termes.

Qu'est ce que je fais

J'ai commencé à utiliser Internet en 2009 lorsque ma fille a eu un ordinateur. J'ai donc fait comme tout le monde. Puis, en 2013, lassée d' avoir des virus sur mon ordinateur, j'ai cherché un autre bidule que Windows et j'ai découvert Ubuntu. Il m'a fallu quelques temps pour faire le grand saut, puis j'ai demandé à un de mes fils de trouver une solution pour que ce soit ça sur l'ordi. Il a gravé sur un disque et l'a mis sur l'ordi. À l'époque, je n'avais aucun mot pour désigner l'OS et l'iso. Puis j'ai découvert sur Face Book qu'il y avait un groupe à Quimper qui parlait de Linux, ce truc que je venais de découvrir et qu'en plus ils distribuait des ordinateurs aux gens qui n'en avait pas. Cela se passait au Centre des Abeilles et j'ai voulu faire partie de cette belle histoire. C'était en octobre 2016. Je suis donc devenue bénévole au centre. Et au fur et à mesure, j'ai eu envie de faire d'autres choses.

Historique d'EntréeLibre

Tout débute par mon envie de fêter les 10 ans des distributions d’ordinateurs par le centre des Abeilles https://www.centredesabeilles.fr/dons-dordinateurs-et-redistribution/ et d’accompagner les gens vers de l’information sur le numérique et de la découverte du Libre. La première édition a donc eu lieu en août 2019. Cela avait été une belle réussite. Avec des gens venus d’un peu partout pour animer et assister aux conférences et ateliers.https://iloveframasoft.frama.site/.

Cela a été une histoire merveilleuse pour moi. Ce partage, avec des gens que je connaissais depuis 2 ans sur masto et d'autres depuis plus longtemps sur Diaspo.

Le Contexte d'#EntréeLibre2

Je ne pensais pas du tout réorganiser un autre événement de ce style. Cela demande énormément de préparation et d’investissement personnel. Mais voilà... le confinement est passé par là. • Nous avons tous du utiliser des logiciels de visio-conférences. • Certains, d’entre nous ont eu toutes les peines du monde à aller sur des sites internets. • Il a fallu utiliser ces outils par obligation. • Ne plus se voir qu’au travers d’un écran. Alors, en discutant avec des gens, je me suis dit qu’il fallait qu’un deuxième EntréeLibre voit le jour . Pour que nous puissions apprendre, se voir, faire des choses ensembles. Pour que nous ne soyons pas que des pixels ou des ondes audios.

Le Projet

Encore une fois, mes camarades du Fédiverse (les réseaux sociaux libres et fédérés), ont répondu à l’appel. Et cette fois ci, encore plus nombreux, ils sont 35 à se déplacer pour animer conférences et ateliers . Cela va permettre d’être encore plus efficaces pour ces derniers. Mais cela va aussi demander 2 fois plus de frais en nourriture, hébergement et remboursement de frais de transport. 25 personnes viennent de partout en France (Lyon, Dijon, Montpelier, Paris, ). Les autres viennent de plusieurs département Bretons (22, 35 ) et nous en avons aussi du 29 ( Roscoff, Concarneau, Plobannalec et Quimper). Cet événement est l’occasion de rassembler des novices du Web, mais aussi de faire se rencontrer, sur un projet, des gens qui se connaissent au travers du net et qui désirent mettre leurs compétences au service des autres.

Le Contenu

Toutes les personnes qui vont intervenir sont des personnes qui discutent avec moi sur mon compte privé mastodon. Julie et Stéphane m'ont proposé d'autre noms, de femmes surtout. Mais ... Je ne les connaissais pas. Et comme toute la préparation se fait sur du bénévolat, que je ne suis pas une pro, que je bafouille quand il faut prendre la parole pour les présenter. Je préfère que ce soit des gens qui connaissent tous mes manques qui interviennent. Ce sont des personnes qui m'ont toujours soutenue et aidée quand je n'arrivais pas à faire quelque chose sur Internet.

I. le matin, des ateliers axés sur le public enfant à partir de 10 ans.

Cet espace est né dans ma tête, après la rencontre de quelques parents cherchant des ateliers pour enfant expliquant le code. Et puis d'autres m'ayant demandé des ressources afin d'amener leurs enfants à protéger leur vie privée.

D.I.Y. Kit soudure console open source découvrir comment fonctionne une console en assemblant les pièces soit-même. par Audric Gueidan

Vie Privée Expliquer aux enfants comment protéger leur intimité numérique. Par Julie Brillet

Scratch Créer des jeux, des histoires, des animations. Par Les portes logiques

Avatar 5 (14 ans.) Création d'avatar pour fabriquer des identités virtuelles Par Les Portes Logiques

• « Découvre du code avec les pieds — Visages, fracture numérique et prosopagnosie » Adultes /ados Sous forme de jeu collaboratif pour démystifier le code de page web, apprendre en faisant, comprendre les mécanismes de l'attention, de la notation, du « numérique » par l'expérience vécue. Atelier jeu de scène https://notecc.frama.wiki/atelier:faceblind_facial_reco Par Xavier Coadic Et Ewen

II. L’après midi ce seront des ateliers plus tournés vers des adultes. Sans être fermés aux enfants en âge de s’y intéresser.

Débat en cercle Samoan sur la vidéo-surveillance, le fichage, la technopolice.  https://xavcc.frama.io/rennes-echographie-technopolice Par XavCoadic et Ewen

Arpentage Lecture collective d'un livre documentaire Par Julie Brillet

Mobilizon Mobilizon est l'alternative libre et décentralisée aux évènements et groupes Facebook mais aussi à Meetup ou Eventbrite.

Outils collaboratifs Savoir quel jour convient à tout le monde pour qu'on se retrouve, sans être obligé de s'appeler, se rappeler, parce que, non, ce jour là, bidule n'est pas là. Pouvoir faire en commun un courrier sans s'envoyer trente six mails. Nous avons pleins de bonnes raisons de pouvoir utiliser des outils comme cela. * Découverte d'une plate-forme auto-hébergée de stockage de fichiers et d'applications dans le “cloud” (Nextcloud) * Prise en main des outils libres présentés par l'association Framasoft et dérivés * Présentation des CHATONS https://chatons.org/

• Découvrir PeerTube PeerTube est l'alternative libre et décentralisée aux plateformes vidéos, qui donne accès à plus de 400/000 vidéos proposées par 60/000 utilisateur·ices et visionnées plus de 15 millions de fois. Par Angie Gaudion

Café vie Privée Savoir se protéger ; la force des mots de passe ; Faire des sauvegardes… Par Maïtané et Audric

Contribatelier Je rêvais de pouvoir proposer des Contribateliers, ces moments de partage où l'on découvre et contribue à des logiciels. Je suis bien contente qu'il puisse être proposé lors de cet événement. Par Angie et Maïtané

Fenêtre sur le Libre Cet atelier a plusieurs objectifs. Accompagner les gens sur les outils qu'ils utilisent, répondre à leurs besoins du moment. Un peu comme ce que je fais au centre, sauf que moi, Ya plein d'outils que je ne sais pas bien utiliseret que cela demande du temps de recherche avec la personne. ;) Par Tadorne

Pour seconder les animateurs des ateliers, plus d’une dizaine de bénévoles (toujours des mastopotes) y participeront. Cela afin d’éviter le débordement de questions et d’être réactifs sur les demandes des personnes venant aux ateliers.. De plus, ces dernières(adultes ou enfants) auront accès librement à des ordinateurs configurés avec une distribution sous Linux (PrimTux), faite pour les enfants, avec des logiciels de jeux éducatifs.

III. On y trouvera aussi des conférences

Quand j'ai commencé à me poser des questions sur internet, la première chose que j'ai retenue était “le digital se fait avec les doigts et le numérique avec un ordinateur.” et la seconde, qu' Internet et le Web c'est pas pareil. Le résultat est que c'est un peu compliqué tout ça pour la majorité des personnes qui sont obligées d'utiliser un ordinateur avec leurs doigts. ;) Du coup, ici on va essayer de comprendre des trucs avec des gens ...

Sinon, j'ai entendu dire que pendant le confinement il y avait des moments où – C'était difficile d'avoir Internet. Les tuyaux étaient bouchés ? – Que certaines applications laisser fuiter nos données personnelles. Bref, c'est pas simple tout ça !

L’Internet pendant le confinement Par Stéphane Bortzmeyer

Penser le Numérique Par Maxime Guedj

Comment le téléphone vous enferme mini conférence en introduction d’un atelier sur les téléphones portables Par Denis Dordoigne

Altérité et internet Par Augier et Greenman

Comment faire avancer un numérique qui prend soin des humains mini conférence en introduction d’un atelier pour démontrer que cela existe Par Maïtané Lenoir

Comment la science fiction rejoint la réalité Par Stuart Calvo

Libre et serein sur Internet Par Maïtané Lenoir

Jeux vidéos libres Par J.B.

Pourquoi les professionnels de la santé interpellent l'état Par Djelouze

Internet d’hier à aujourd’hui et son impact sur le climat Par Tristan Nitot

Les Changements par rapport à EntréeLibre 1

Des ateliers pour les enfants. 4 jours consécutifs. Une amplitude horaire plus importante, pour permettre aux gens qui travaillent de pouvoir venir un peu. Plus d’animateurices pour les ateliers. Plus d’ateliers. 40 personnes vont intervenir sur les ateliers et les conférences au moins une fois. Sans compter les bénévoles du centre qui passeront filer un coup de main. 35 personnes seront là quotidiennement. 35 qui viennent de toute la France.

Mais c'est quand, et où ?

Cela devrait se passer comme la dernière fois au Centre des Abeilles à Quimper dans le Finistère https://www.centredesabeilles.fr/. Du 28 au 31 juillet 2021. Mais cela uniquement si la situation sanitaire le permet Et si on réussit à avoir assez de sous pour accueillir tous ces bénévoles correctement. Je ne veux pas que cela leur coûte de l'argent de venir. Le coût de revient pour faire venir ses bénévoles, les nourrir , les loger revient à 4640€ environ (certains ne veulent ni défraiement, ni hébergement)mais iels seront là tous les jours de 10h30 à 20h30. Il faudra les nourrir, ainsi que celleux du coin qui viendront donner un coup de main pour l'accueil du public et tous les petits à côtés. Nous avons fait une demande de subvention auprès du conseil régional et devrions bénéficier de 2000€ mais il en reste 4640 à trouver. L'association qui gère le centre pourra mettre 640€, il reste donc 4000€... Nous continuons de chercher.

Si vous le pouvez et que vous trouvez que ce projet devrait aboutir, sachez que nous avons fait un appel au don sur https://www.helloasso.com/associations/centre-des-abeilles/collectes/entreelibre-2 Bonne journée à vous !

 
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