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from Nasra's games

Microsoft a annoncé ses prochaines consoles... portables ! Issues d'un partenariat avec Asus connu pour ses ROG Ally.

Les config et leur performances théoriques

La ROG Xbox Ally a un CPU/GPU légèrement supérieur à la SteamDeck (CPU Ryzen Z2 A, du Zen 2) à voir le gain de performances. Mais cela est moins puissant que le Ryzen Z2 Go des Legion Go de Lenovo (qui a plus de patate GPU). (https://www.phoronix.com/image-viewer.php?id=2025&image=ryzen_ai_z2_4_lrg)

La ROG Xbox Ally X a une config plus véloce (du Radeon 890M (RDNA 3.5, on est sur à peine au niveau d'une RX 6500 XT), CPU en ZEN 5).

Tarifs

Nous n'avons pas beaucoup d'infos, mais nous pouvons voir les habitudes des marques Asus et Microsoft dans le domaine.

Certainement, la ROG Xbox Ally sera la moins chère et peut-être la plus abordable. La première ROG Ally est vendue 499€. Donc, il y a des chances pour que ce soit dans ces eaux, peut-être 600€.

Pour la ROG Xbox Ally X, par contre, des propositions similaires se rapprochent des 900-1000€, pas sûr que ce soit un bon positionnement. Par exemple la Zotac Gaming, avec une config inférieure (RDNA 3, 16Go RAM) est à 750€. Le SteamDeck commence à 419€ et 569€ puis 679€ selon les versions.

OS, Windows 11... tuné ?

La communication de Microsoft parle de gain en mode veille (qui joue en mode veille ?!) et 2Go de RAM gagnée... l'interface "gaming" L'OS semble démarrer directement avec une nouvelle interface “gaming” permettant d'intégrer tous les stores et launchers. Il y a la possibilité de démarrer en mode “Windows” mais la présentation ne nous a pas permis d'en voir plus.

Mais est-ce que les performances seront au rendez-vous ? À voir, mais compte-tenu des informations plus haut, le matériel n'est pas le plus véloce qui soit.

En tout cas, une Legion GO, avec son processeur Z2 GO, plus rapide qu'une ROG Xbox Ally donc, montre de sérieuses limites avec Windows 11... et se fait distancer de 15-20% par SteamOS !

En conclusion !

ROG Xbox Ally : SteamDeck en peut-être plus véloce (5% ?) mais avec un OS qui l'est moins et un tarif plus cher (voir le positionnement des ROG Ally, le coût de Windows 11...). ROG Xbox Ally X : Plus rapide mais sûrement très chère. AMD a aussi augmenté ses prix en terme d'APU...

Pour ma part, si je dois en acheter une, j’attends le SteamDeck 2 (dans 1 an ou 2). Ah oui, et c'est moins puissant qu'une Switch 2 (équivalent à une RTX 3060)... La comparaison va faire très mal à la marque Xbox...

[Mise à jour] ! Les prix ont fuité ! 599€ et 899€, je n'étais pas loin ;) Source

#RogAlly #SteamDeck #LenovoGo #RogAllyX #Xbox

 
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from Zadigacités

Où l'on se lance dans le self-outing

C’est la seconde marche des fiertés à laquelle je participe. Cette fois-ci plus seulement en tant qu’allié mais plus en tant que participant concerné.

Je suis allé, appelé par un organisateur sur le discord de Sud, me porter volontaire pour monter des stands, des tivolis des trucs et des machins...

La marche en elle-même sous le soleil bienvenu, mais bien fort. La scène ouverte pleine de surprises et un départ anticipé pour cause d apéritif dinatoire. Une courte sieste puis une fin de journée au musée avec Héro Écho.

Une superbe journée, placée sous le signe de la bienveillance, de la découverte avec une organisation au top.

#MarcheDesFiertés2025

 
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from lareinedeselfes

Le Centre des Abeilles présente son nouveau temps fort pour décortiquer internet : « Pas Sage En Steïr » Né du partenariat de 2 évènements sur le numérique, Pas Sage en Seine à Choisy le Roy, Entrée Libre à Quimper et d’un coup de pouce financier de SudWeb Pas Sage En Steïr

Présentation

Cet événement qui aura lieu les 21-22-23 août 2025 est fait pour toutes les personnes qui se posent des questions sur leur vie numérique, mais aussi sur ce qui les entourent. Il n’a pas vocation à être un moment statique. il fera, de toustes, des participant‧es aux différents questionnements, car ce sont nos questions qui font de nous des humains dans ce monde numérisé.

Modalités

  • Des conférences d’une trentaine de minutes, pour ne pas s’ennuyer, qui seront retransmises en direct et en différé.
  • Des ateliers avec différents partenaires (infini, les maraîchers de la Coudraie, les petits débrouillards, L’April et framasoft) pour tester des outils ou pour faire suite à des conférences mais pas que…
  • Un documentaire pour comprendre l’importance des logiciels Libres « Lol : Logiciels libres, une affaire sérieuse »
  • Une Install-Party pour passer sur un système sous linux et faire revivre votre ordinateur obsolète.
  • Un évènement gratuit pour permettre d’accueillir tout le monde.
  • Au centre des Abeilles, 4 rue Sergent le Flao à Quimper 29000.

    “Le numérique dans notre environnement.”

Notre environnement peut être numérique mais il reste, fort heureusement surtout physique. Quelles sont les interactions de l'un vers l'autre ? Dans quelles mesures internet, cet espace ouvert peut nous enfermer ? Faisons un pas de côté et prenons le temps de faire du lien entre humains en discutant, et en se retrouvant physiquement. Cela pourra être un chouette moment, pour s'abriter s'il pleut ou se protéger d'un soleil trop harassant.

Profitit eus tri devezh brav Sur e vo kavet sujedoù interesant Evit ar re yaouenk hag ar re gozh Souezhadennoù ha plijadur 'vo atav !

Profitez de 3 belles journées Sûr vous trouverez des sujets intéressants Pour les jeunes et les vieux Des surprises et du plaisir il y aura !

Les conférences Jeudi 21/08

• 09h30 Présentation de l’évènement • 9h50 Les abeilles numériques Par Brigitte Il se passe plein de choses au Centre des Abeilles en plus de cet évènement proposé.

• 10h55 Internet et ses débuts Par Isabella Vanni de l’April On associe souvent internet comme étant exclusivement l’apanage des hommes et pourtant les femmes y ont eu une place importante.

• 13h30 Le testament numérique : que faire de mes données après moi ? Par Natouille On se pose souvent la question de savoir ce qu’on va laisser en héritage mais qu’en est il de nos données sur internet ?

• 14h30 Les noms de domaine Par Shaft Comprendre les systèmes de noms de domaine (DNS) est une bonne approche pour éviter les arnaques en tout genre.

• 19h00-20h00 L’IA n’existe pas Par Stéphane Bortzmeyer On ne cesse de nous parler de ces IA. Mais pourquoi dites vous que cela n’existe pas ?

Vendredi 22/08

• 9h50 Jardinage numérique Par Mindiel Aller de site en sites et pouvoir retrouver dans notre panier de visites, ces sites qui nous ont plus.

• Comprendre les stratégies médiatiques du front réactionnaire et y résister dans les mondes numériques et physiques. * 10h55 Partie 1 Lien entre stratégies médiatiques et envolée des extrémistes. Par Timothy Duquesne * 13h30 Partie 2 : Les réseaux sociaux Par Timothy Duquesne et Isabelle Attard

• 14h30 Quelles alternatives pour se libérer des GAFAM Par Bookynette de l’April et Framasoft Que l’on soit une personne seule ou membre d’une association, il est bon de préserver ses donnée. • 18h00 Apéro discussion • 19h00-20h00 Documentaire LoL – Logiciel libre, une affaire sérieuse Le logiciel est la base de l’informatique. Un téléphone portable, un réfrigérateur ou une voiture sont devenus des objets largement informatisés. Ces logiciels sont composés de code appelé code source. Or ce code a fini par être caché par les fabricants, car source de profits. À l’heure où les cinq plus grosses capitalisations boursières mondiales sont Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft, les populations sont-elles au fait de l’impact que leur usage du numérique a sur leur vie ?

Les Ateliers 15h35_17h35

Jeudi 21/08

  • Les jeux de Booky et de l’April jeux autours du numérique sans numérique

  • Transferts de fichiers Mettre ses documents sur un support externe. Mettre ses photos de son téléphone sur son ordinateur (Venir avec son matériel, clés usb, disque dur externe et les câbles d’alimentation).

  • Hébergement de site internet Présentation de l’association Infini de Brest et de son hébergement de sites.

  • Dans le bois d’Amour (places limitées) Redécouvrons la nature avec les petits débrouillards. Cet atelier est ouvert aux parents avec leurs enfants, sur inscription à abeillesnumeriques(arobase)centredesabeilles.fr

  • Atelier cuisine (places limitées) Rien de tel qu’un peu de cuisine avec les maraîchers de la Coudraie pour reprendre pied à la vie réelle . sur inscription à abeillesnumeriques(arobase)centredesabeilles.fr

Vendredi 22/08

  • Pâtisserie, amour et consentement https://www.cae22.coop/attard.html Parlons lutte contre le sexisme et les inégalités tout en cuisinant une gourmandise suédoise ensemble. sur inscription à abeillesnumeriques(arobase)centredesabeilles.fr

  • Gestion associative Présentation d’un outil numérique de gestion d’adhérents.

  • Matrix logiciel de messagerie instantanée

  • Dans le bois d’Amour (places limitées) Redécouvrons la nature avec les petits débrouillards. Cet atelier est ouvert aux parents avec leurs enfants. sur inscription à abeillesnumeriques(arobase)centredesabeilles.fr

    Samedi 23/08

10h00-11h30 Ateliers

  • Thunderbird Êtes-vous prêts à aimer à nouveau les e-mails ?Libérez votre boîte de réception avec Thunderbird.Tous vos comptes de messagerie y trouvent leur place. Gérez les comptes séparément ou dans une boîte de réception unifiée.

-Sauvegardes Besoin d’aide pour sauvegarder vos documents avant une installation d’un autre système ? Venez vous faire aider. Attention, suivant la quantité de données cela peut prendre du temps… N’oubliez pas de prévoir un autre support pour la sauvegarde (clé usb, disque dur externe).

  • Imprimante 3D Si vous êtes curieux de voir comment fonctionne cette machine.

13h40-15h40 Install-Party Découvrir, tester et installer sur son ordinateur personnel le système GNU/Linux alternative libre, complète et gratuite, aux systèmes Mac et Windows. Apportez votre ordinateur personnel, les bénévoles de Linux Quimper vous aiderons à y installer une distribution GNU/Linux, système libre et gratuit. Pour les ordinateurs fixes vous n’avez pas besoin d’écran ni de clavier ni souris.

16h00 Fin de l’évènement

 
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from Aler Pus Lon

— « La journée n'a pas été trop dure ⸮ »

Alix leva les yeux de sa console de jeux. Sa mère le regardait de l'entrée du salon. Il ne répondit pas. Il ne valait mieux pas qu'il réagisse, sinon elle serait encore plus en colère. Le moindre mouvement risquait de la tiquer, à l'instar des prédateurs dont la vision était basée sur le mouvement. Et elle le cherchait, le mouvement, l'excuse qui lui permettrait de s'énerver sur lui. Une raison valable pour sortir de sa façade froide.

Mais dommage pour elle, car elle n'en trouvera pas.

En effet, car si sa mère s'était entraînée, au bout de vingt-quatre ans à l'élever, à repérer en un regard la mimique la plus infime qui trahirait la flemme de son fils, Alix s'était lui aussi entraîné. Pour moins longtemps, puisqu'il avait commencé que l'année suivant la fin de son parcours scolaire obligatoire, mais il avait quand même des bases.

Ne pas répondre, sauf en cas de questions. Les vraies questions, pas celles ironiques ou sarcastiques. S'immobiliser, en pausant, si possible, ce qu'il faisait. La regarder, sinon elle croit qu'on l'ignore.

Et cette fois-ci, aussi, il avait suivi avec brio ses techniques de survie.

— « As-tu vraiment passé ta journée ici, à ne rien faire ‽ »

Alix garda le contact visuel entre eux.

Sa mère le fixa pendant un long moment. Ses épaules bougeaient au rythme de sa respiration et elle crispa légèrement ses doigts. Elle sembla vouloir ouvrir la bouche plusieurs fois, avant de se replier physiquement sur elle-même. Détournant les yeux et la tête, elle se laissa tomber sur le canapé à côté de lui et plaça sa tête dans ses mains.

— « La fille de Bienaimé a réussi sa première année d'étude supérieure. Du premier coup. »

— « C'est bien pour elle », lui répondit Alix. « C'est la première année qui est la plus dure, à ce qu'il parait ? »

— « Après sa dernière année d'enseignement obligatoire, elle a tout de suite su ce qu'elle voulait faire. »

Alix souffla. Il savait ce qui allait suivre. Ils avaient toujours la même discussion lorsque l'enfant d'un collègue de sa mère avançait dans leurs vies.

— « Pourquoi toi ⸓ tu ne fais rien ? »

Et voilà le clou final, la dernière réplique de cette pièce qui revenait sans cesse. Pourquoi ne faisait-il rien ? Pourquoi ne trouvait-il pas une formation ? Un travail qu'il pourrait garder ? Une activité ?

Alix regarda sa mère qui semblait porter le poids du monde, recroquevillée sur elle-même, dans ce canapé dont elle ne prenait même pas le tiers de la place.

— « Je suis désolé. »

Sa mère ne lui répondit pas.

Il éteignit sa console sous le soupir de sa mère. Il n'était plus d'humeur à jouer.

Il avait envie de dormir, pour être tout à fait honnête.

§

Alix passait beaucoup de son temps sur le Réticulaire. Ce temps n'était pas utilisé de manière productive ; il ne tenait pas de blog, pas de vlog ou tout autre type de “log” – il savait qu'une “lointaine” cousine tenait un audiolog où elle parlait du processus d'écriture de ses romans. Il ne créait rien non plus. Il se contentait de “consommer”.

Que ce soit l'art d'un·e artiste.

La vidéo d'un·e vidéaste.

Le roman d'un·e romancier·ère…

Si Alix avait l'énergie d'y penser, il se dirait qu'il n'était pas des plus subtils dans ses tentatives d'échapper à sa vie.

Mais Alix n'y pensait pas, il le vivait.

Alors Alix consommait.

⟠Blogup⟠Marquis.de.page.ni⟠Sagi.Car.Pro.Arinniti : “📢 Grande annonce littéraire ! 📢 La maison d’édition Marquis de Page est fière de dévoiler la sortie tant attendue de “Combat sur les Trois Soleils, tome 3” ! Après des mois de suspense et d’attente insoutenable, plongez enfin dans la suite épique qui tiendra en haleine les lecteurs du début à la fin. Préparez-vous à des révélations bouleversantes, des batailles inoubliables et un destin qui bascule dans le nouveau parchemin ✎ᝰ de-… ⊛SortieLivre ⊛CombatsurlesTroisSoleil“

Il pouvait avoir la suite de l'annonce en cliquant sur le lien, mais il avait un peu la flemme. Surtout qu'il se souvenait de ce roman, il en avait lu le premier et deuxième tome il y a quelques mois. Il commandera en ligne le nouveau tome, il n'avait pas l'énergie d'aller le chercher lui-même.

Surtout que là, il était sur un de ses comptes perso, ceux qu'on garde anonymes même de ses proches, et regardait ce qu'il y avait sur sa page de contenu. Comme le contenu y était affiché de manière chronologique, il savait que ses interactions seraient répondues dans la plupart des cas.

Un meme par-ci, une question par-là.

Oh ! Une vidéo d'un chat ! Il tentait de sauter par-dessus le vide et aller d'une armoire à une autre qui se trouvait en face à dix centimètres d'écart – et voilà qu'il vient de tomber…

↻ ⟠ChatsdeNepisasIstanu⟠groupipou a repouet. ⟠Dodonne⟠Holivibing⟠Bras.Persee.Nepisas.Istanu : “Neigeon est tombé la tête la première sur le sol ₍^. .^₎⟆ ⊛chat ⊛chatdepersee“

Il repartagea parce que ce chat le mérite pour ses déboires.

Après ce pouet, une personne qui raconte ses problèmes qu'elle a à mettre à jour son serveur perso'.

Tiens, un pouet qui parle de l'espace, qui vient du journal stellaire Auto'Rimée, un journal commun sur la Autolaus. Il lit le pouet en diagonale… C'était quelque chose sur une recherche ? Bah… Il y en avait plein tout le temps, des recherches.

Ah, sa cousine lointaine venait de publier un audiolog .

Elle écrivait un codex maintenant, au vu du titre de l'audiolog. Alix devrait arrêter de la suivre, vu qu'il ne lisait plus du tout ses nouvelles créations.

Une nouvelle photo d'animaux qui-

— “Alix, viens m'aider”, demanda son père, la tête sortant de l'arche qui menait à l'entrée de leur domicile.

Alix ferma son GSM et se leva.

§

Au final, il était quand même allé chercher le roman. Il ne faisait pas trop moche dehors, alors autant en profiter, s'était-il dit.

Ce n'était absolument pas parce que depuis la réunion mensuelle familiale et sa sortie avec ses amis, qui datait maintenant de dix jours, il n'était pas sorti de chez lui. Et ce n'était absolument pas non plus parce que sa mère ne faisait que lui jeter des regards dépités depuis la discussion qu'elle avait eue avec lui. Pas du tout !

Le voilà donc dans le tram du retour, avec dans son sac à dos le troisième tome de la saga “Combats sur les Trois Soleils”.

Pour s'occuper, il lut les messages qui apparaissaient sur ses pages de contenus de ses comptes.

C'était long.

Le tram était quasiment désert à cette heure-ci. La section dans laquelle il se trouvait était vide, il avait donc eu la possibilité de s'assoir à une place, et ce sans aucun voisin de siège en prime ! Il n'y avait qu'une seule autre personne dans sa section, une femme d'âge mûr ; du même âge que mamy, s'il devait comparer. Elle chipotait sur son GSM. En se référant aux couleurs relfétées et projetées sur son visage, elle devait jouer à un jeu. Elle avait un casque, donc impossible pour Alix de deviner lequel.

D'habitude, lorsqu'il s'ennuyait, Alix regardait les gens. Mais là, il venait de finir l'analyse de la seule personne avec lui.

Il s'était résigné à son sort de passer le reste du trajet dans un ennui mortel ※ c'était que cinq minutes, Alix ※, son GSM vibra.

Il jeta un coup d'œil à ses notifications. Cela venait de son compte Biblalex. C'était une plateforme de partage et de suivit d'à peu près tout, ce qu'on lit, ce qu'on écoute, joue et plus encore, et de les commenter soit ses avancées, soit les messages des autres sur des plateformes différentes ou non. Un peu stupide, diraient certains, un peu voyeuristes pour d'autres encore, mais partager un peu de sa vie lui faisait oublier le vide.

Il avait ajouté le livre qu'il venait d'acheter à sa bibliothèque au début du trajet en tram et avait posté un bête commentaire :

⟠Locaxi⟠Bib.Heron.ne : “Un achat J1, mais la saga en vaut la peine ! ⊛CombatsSurLesTroisSoleils“

Rajouter les “⊛” spécifiques était redondant, vu que la plateforme le faisait automatiquement, mais cela l'amusait.

Et bien, selon la notification, sur ce pouet qui aurait dû rester perdu dans les néants du Réticulaire, il y avait un commentaire.

Alix le regarda.

⤷ ⟠Skirn⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II : “⟠Locaxi⟠Bib.Heron.ne⟠autolaus⟠bras.orion.nepisas.istanu⟠voie.lactée Vous l'avez déjà ‽ Dans notre galaxie, il ne sort que dans deux mois gal. ‼ :( “

Alix sentit ses sourcils monter sur son front avant même que le sentiment de surprise ne soit enregistré par son cerveau.

Il relut l'identifiant du commentateur pour être sûr de ce qu'il venait de lire. Ces yeux lui jouaient peut-être un mauvais tour ? Mais non, même après deux relectures, l'identifiant restait le même.

Il venait de recevoir un commentaire d'une personne vivant sur des ruchettes d'une galaxie satellite à la Voie Lactée. Sur un bête bouquin.

⤷ ⟠Locaxi⟠Bib.Heron.ne : “⟠Skirn⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II Dans deux mois ‽‼ C'est fou ( ˶°ㅁ°) ‼ Comment cela se fait ?“

Il eût eu le temps de sortir du tram et d'être à moitié chemin de chez lui avant d'avoir une nouvelle notification. Douze minutes s'étaient écoulées.

⤷ ⟠Skirn⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II : “⟠Locaxi⟠Bib.Heron.ne⟠autolaus⟠bras.orion.nepisas.istanu⟠voie.lactée On a une version numérique disponible à la sortie mais ça ne vaut pas la version livre ! 😔 L'impression de ce livre ne vient pas de Poissons II mais de la Voie Lactée, donc faut attendre le ravitaillement 🙄“

Alix s'arrêta un instant dans la rue pour répondre.

⤷ ⟠Locaxi⟠Bib.Heron.ne : “⟠Skirn⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II Vous n'avez pas d'imprimerie sur Poissons II ?? Σ (˶•˶˶•˶) ‼“

Il continua sa route. Lorqu'il fut enfin dans sa chambre, il reçut sa réponse.

⤷ ⟠Skirn⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II : “⟠Locaxi⟠Bib.Heron.ne⟠autolaus⟠bras.orion.nepisas.istanu⟠voie.lactée En train d'être mis en place mais c'est encore lent ici. Donc ils impriment les trucs essentiels et urgents d'abord. “

Il grimaça de sympathie. Alors qu'il allait commencer à écrire une réponse, il reçut une notification comme quoi Skirn s'était abonné à son compte.

⤷ ⟠Locaxi⟠Bib.Heron.ne : “⟠Skirn⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II La galère (·•᷄‎ࡇ•᷅ )“

Il regarda les informations du profil de Skirn. C'était un compte anonyme, comme le sien. En regardant sur la page d'origine -après que celles-ci ai chargée-, cela ressemblait à un compte ruchoire normal, si ce n'est légèrement personnalisé. Pendant que la page chargeait, Alix en avait profité aussi pour regarder ce qu'iel postait. Cela semblait être un·e chic type.

⤷ ⟠Skirn⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II : “⟠Locaxi⟠Bib.Heron.ne⟠autolaus⟠bras.orion.nepisas.istanu⟠voie.lactée Au moins on a une version numérique cette fois-ci ! Pour «Chant-Gramme», on avait rien eu ! Même pas des versions numérisée du manuscrit 😭 Les deux mois qu'on a attendu pour que les manuscrits arrivent sur Poisson II, j'ai dû faire limite de la contorsion pour éviter les spoilers !“

Alix sentit le bord de ses lèvres se relever.

⤷ ⟠Locaxi⟠Bib.Heron.ne : “⟠Skirn⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II On dit alors merci à Mathias Thongres d'offrir des versions numériques de ses romans (´˘ -˘ 人)“

⤷ ⟠Skirn⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II : “ ⟠Locaxi⟠Bib.Heron.ne⟠autolaus⟠bras.orion.nepisas.istanu⟠voie.lactée C'est sur ! 🙇“

Il s'abonna en retour.

§

Alix ne s'était jamais vraiment intéressé aux ruchettes jusqu'à présent. Oh, il connaissait les bases, bien sûr, il était allé à l'école. Mais jusqu'à son interaction avec Skirn, ce mot et ce qu'il représentait étaient restés un concept lointain et ambigu pour lui.

Et ce n'était pas surprenant, en y réfléchissant : Alix vivait dans le système Intercrus, dans la partie du Bras d'Orion qui se trouvait dans le tridant Nepisas Istanu – La planète d'origine de l'humanité, la Terre, se trouvait galactiquement proche de là où Alix habitait –. Cela faisait déjà plusieurs centaines d'années galactiques que la petite ruchette envoyée sur l'Autalaus avait évolué en ruche puis en ville sur la planète terraformée depuis. Les vieilles structures démarquant les ruchettes ont eu le temps de devenir les ruines et vestiges qu'Alix voyait de sa chambre.

Même que les murailles de ce qui fut un jour la ruchette et puis la ruche servaient de démarcation officielle dans les règles d'aménagement urbain.

Et Alix était prêt à parier sa main que l'hôtel de ville de la Gatte d'or avait la trace des changements administratifs de la Nation humaine.

Bref, le système stellaire Intercrus, comme ses systèmes stellaires voisins, partageait leur proximité avec le Soleil. Il n'avait donc jamais eu dans son quotidien l'occasion de s'intéresser sur le sujet des ruches.

C'était une lacune dans ses études qu'il ne savait pas qu'il avait. Il n'en fera pas part à sa mère.

※ En suivant Skirn, il avait une vision qu'il n'aurait jamais eue avec l'école. ※

§

↻ ⟠Skirn⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II a repouet. ⟠Joes⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II : “Sortie des Moutons, Mamanne a découvert le rythme pour passer outre les barrières. J'ai du courir après pendant plus d'une demie heure… bien sûr, ⟠Tiennie⟠Stelala.sic ne m'a pas aidé mais iel a quand même eut le temps de me prendre en photo !” ⌬ altimage : Photo d'un mouton en train de courir à côté d'un troupeau de vaches. Une personne court derrière, pourchassant les moutons.

Alix fixait l'image de son regard.

Il était allongé dans le salon. Sa mère et son père étaient partis manger en tête-à-tête.

Alix était seul et il fixait du regard l'image du pouet.

L'image montrait bien un mouton en train de courir dans un troupeau de vaches, pourchassé par son gardien. Mais ce qui le perturbait était le ciel. Ou plutôt le plafond, puisque malgré la lumière quasi naturelle, le dessus avait invariablement la couleur et la texture de la roche. Pourtant le sol germinait d'herbes comme tout ce qu'il y a de plus normal pour un pré.

Il mit une petite étoile sur le pouet.

Il hésitait. Sa question sur le bout de ses doigts.

Qu'est ce qui pourrait arriver de pire ? Qu'il se fasse bloquer ?

…

Il se lança :

⤷ ⟠Locaxi⟠Bib.Heron.ne : “⟠Joes⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II woua ! ( ˶°ㅁ°) ‼ Ils sont malins ces moutons ! C'est pour ça que vous les élevez en intérieur ?“

⤷ ⟠Joes⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II : “⟠Locaxi⟠Bib.Heron.ne⟠autolaus⟠bras.orion.nepisas.istanu⟠voie.lactée Pas que ! Même si mes moutons sont les plus intelligents de ce tridant, c'est juste les règles. Notre planète n'est pas vraiment habitable, alors on évite que des moutons trouvent leur chemin à la surface !“

⤷ ⟠Locaxi⟠Bib.Heron.ne : “⟠Joes⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II Ils risquent quoi s'ils vont dehors ? De bruler vif ?“

Une fois le message envoyé, Alix se sentit quelque peu gêné. Ce n'était, en y pensant après-coup, pas quelque chose qu'on disait, ça. Mais le message était déjà parti, et avec le temps qui séparait l'envoie et la réception du message, il semblait à Alix que çà paraîtrait plus bizzare et incriminant qu'autre chose. Valait mieux s'excuser si nécessaire.

⤷ ⟠Tiennie⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II : “⟠Locaxi⟠Bib.Heron.ne⟠autolaus⟠bras.orion.nepisas.istanu⟠voie.lactée 🤣 si ça fonctionnait comme ça, ce serait plus simple pour manger du mouton ! ⟠Joes⟠Stelala.sic“

⤷ ⟠Joes⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II : “⟠Locaxi⟠Bib.Heron.ne⟠autolaus⟠bras.orion.nepisas.istanu⟠voie.lactée Non, quoique ça dépend des saisons… Non, c'est plus la radiation ! Même si soignable, le cancer, c'est pas top !“

Il reçut les deux messages alors qu'il s'était levé pour aller marcher un peu.

Ses parents devaient rentrer, et il ne voulait pas qu'ils vissent qu'il n'avait rien fait de la journée. L'horreur !

Et au vu de l'heure, il avait encore quelques dizaines de minutes à rentabiliser… Les messages aidaient à cette mission.

⤷ ⟠Locaxi⟠Bib.Heron.ne : “⟠Joes⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II Votre ruchette n'est pas sur une planète hospitalière ?“

⤷ ⟠Joes⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II : “⟠Locaxi⟠Bib.Heron.ne⟠autolaus⟠bras.orion.nepisas.istanu⟠voie.lactée Nope ! Longue histoire en court : notre lune a des ressources top top, et le système stellaire a une bonne position dans Poisson 2. On vit alors sous terre parce que notre étoile nous empoisonne. Si ça t'intéresse, je te conseille la vidéo de ⟠Mamaas⟠Vidavéo⟠amaterasu⟠bras.orion.nepisas.istanu⟠voie.lactée !“

Ne pas pouvoir sortir des sous-sols ?

Avant qu'il ne réponde, il ne pût s'empêcher de remarquer que la personne recommendée venait du même tridant galactique que lui.

※Quand le monde est petit !※

⤷ ⟠Locaxi⟠Bib.Heron.ne : “⟠Joes⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II Merci ! Je regarderais !“

Il posa son GSM sur ses genoux et regarda autour de lui. Un groupe de jeunes s'amusaient à faire des acrobaties un peu plus loin dans le parc. Des parents promenaient leur enfant. Un groupe de personnes plus âgées, sortant sans doute de leur travail au vu de leur tenue, lisaient tranquillement sur l'herbe. Des balades de chiens, chats et autres animaux de compagnie.

Il respira un bon coup:

L'air était agréable. L'Intercrus brillait doucement à travers les nuages. Il n'avait pas eu besoin de mettre de pull, seulement un simple t-shirt à manche longue : la température augmentait.

Il ferma les yeux:

Il s'imaginait à la place de Skirn. Il s'imagina vivre dans cette ruchette loin de tout. Sans étoile et constellations. Cette planète où l'étoile radiait au point de tuer, sans d'abord donner un peu de sa chaleur douce. Cette planète où on ne profitait ni de pluie, ni de nuage.

Il laissa l'Intercrus l'aveugler un peu.

§

⟠Locaxi⟠Bib.Heron.ne : “L'intercrus brille moins fort en ce moment, on sent la fin de l'été !“

⤷ ⟠Skirn⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II : “⟠Locaxi⟠Bib.Heron.ne⟠autolaus⟠bras.orion.nepisas.istanu⟠voie.lactée Ah ! Après c'est l'automne non ? Comme sur la Terre ?“

⤷⟠Locaxi⟠Bib.Heron.ne : “⟠Skirn⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II Oui ! Mais la ruchette Gatte d'or a les memes saisons que la Terre donc c'est pas trop embetant pour nous. Pour les autres villes par contre…“

⤷⟠Skirn⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II : “⟠Locaxi⟠Bib.Heron.ne⟠autolaus⟠bras.orion.nepisas.istanu⟠voie.lactée Ouais, nous on a qu'une ville, alors on a juste observer nos saisons !“

⁂

Alix commençait à voir son planning se remplir : il était toujours bien vide, mais ce vide venait s’intercaler entre des moments d’activités qu’il n’avait pas quelques semaines plus tôt. Cela s’est fait discrètement, doucement, aussi subtil qu’une plante qui pousse. Un moment où il ne faisait rien si ce n’est planer dans sa vie, l’autre, il discutait avec Skirn.

Avec ses autres amis aussi, il reprenait la discussion.

Et Alix commença aussi à s’intéresser un peu à ce qu’il se passait autour de lui, niveau galactique. Le monde était vaste, mais l’univers aussi, et Skirn lui avait donné envie d’y connaître un peu plus sur ce qu’il se passait en dehors de son tridant galactique.

C’est pourquoi il recherchait des informations sur le Réticulaire. Il n’avait pas vraiment de but précis dans ses recherches. Enfin, si, mais cela ne ressemblait pas au travail qu’il avait dû faire à la fin de son cycle d’études obligatoire. Il y mettait moins de focus et se laissait plus guider par la suite de termes qu’il trouvait. De ruchette, il passait par les nœuds réticulaires en terminant par l’histoire du peuplement galactique.

Il n’y avait pas à dire, ça lui rappelait ses cours d’histoire à l’école, mais en plus poussé. Beaucoup plus poussé.

Bien sûr, il entrecoupait ses recherches de ses discussions sur le Réticulaire avec Skirn, mais aussi de ses autres amis, comme Tam.

⁂

⟠Skirn⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II : “Les manuscrits, j'aime bien, sauf quand les copies numériques sont à chier !“

⤷ ⟠Tiennie⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II : “⟠Skirn⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II Le nouveau manu de Troche ? Iels ont foiré la copie ?“

⤷⟠Skirn⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II : “⟠Tiennie⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II Et pas qu'un peu !“

⤷⟠Tiennie⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II : “⟠Skirn⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II C'est con ça“

⤷ ⟠Locaxi⟠Bib.Heron.ne : “*⟠Skirn⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II C'est quoi le problème ? Tu veux que je t'envoie des photos ?“

⤷⟠Skirn⟠Stelala.sic⟠Tænarus⟠Unifie⟠Poissons.II : “⟠Locaxi⟠Bib.Heron.ne⟠autolaus⟠bras.orion.nepisas.istanu⟠voie.lactée Mauvais formattage. Je veux bien, et j'en profites pour t'envoyer des photos de l'horreur !“

⁂

C’était l’avantage de ne servir à rien, il y avait beaucoup de temps à perdre.

Malheureusement, ses parents ne voyaient pas ça de cette manière. Pour une fois, c’était son père qui déplorait l’immobilisme qu’il percevait. À plusieurs reprises, pendant la journée, voirdans la même heure. Ce n'était pas pratique du tout.

Alix avait malheureusement vite compris que s'il voulait la paix lors de ses recherches, il ne pouvait pas rester chez lui.

⁂

— « Tu vas où comme ça ? »

La voix de sa mère le fit sursauter alors qu'il lassait ses chaussures.

— « Je vais à la bibliothèque. »

— « Tu vas à la bibliothèque, maintenant ⸮ »

Alix haussa les épaules.

— « J'ai envie de me renseigner sur quelque chose, donc je vais à la bibliothèque. »

Il se releva, ses lacets fini, et se dirigea vers la porte.

— « Dans ce cas, bonne recherche… »

⁂

Descendre du tram et marcher jusqu’à la bibliothèque fut plus ou moins rapide, contre toute attente de la part d’Alix. Il n’était venu ici qu’une fois avec l’école, son école, et du haut de ses treize ans, le trajet lui avait semblé si long. Il se souvenait qu’il se plaignait avec Tam et… Noah – non… Noam ! – . Cela les faisait rire de trouver tout ce qui les ennuyait. Il y avait le bruit ou leurs pieds – qui avaient mal après tant de pas –. Au final, ils s’étaient tus d’un coup une fois arrivés devant le bâtiment.

Alix s’arrêta sur la petite place de la bibliothèque.

Maintenant adulte, alors qu’il avait vu plusieurs centaines de photos de bâtiments incroyables – tous plus extraordinaire niveau architectural les uns que les autres –, il comprenait toujours l’émerveillement. Pas tant dû à son architecture en tant que telle – difficile de mieux faire que la maison utilisant la faible gravité de la ruchette sur laquelle elle se trouvait pour faire des étages étranges quasi surnaturels –, mais surtout dû à l’histoire du lieu.

Scientia vinere tenebras – vaincre les ténèbres par la science, l’une des maximes de l’espèce humaine, et ce depuis bien avant la “conquête” des étoiles. Lorsque les premières ruchettes furent envoyées de la Terre, les scientifiques et les ruchier·ère·s avaient voulu prévenir tout < retour en arrière > possible. Leurs solutions ? Des “livres” dans un coffre-fort de la taille d’un tiers du vaisseau.

Ces livres avaient été un mélange de livres en papier, papyrus, argile, pierre, tissu et autres, de sorte que, quoiqu’il arrive, la pluie, le feu, la chaleur ou la glace, les ruchiers et ruchières pourraient toujours avoir, sous la main, la technologie de leur espèce.

L’entrée de la bibliothèque était l’ouverture de ce coffre-fort. Derrière, les bâtiments et parties rajoutées au fil des ans étaient visibles. Mais ce qu’Alix, et les autres habitants, remarquaient le plus, était la porte. Grande, froide et de plusieurs décimètres de large. L’intérieur, de ce qu’Alix se souvenait, avait été redécoré et les supports de sciences déplacés, mais l’image que cet endroit évoquait restait la même.

Il n’était pas le type de personne à passer son temps libre – même si tout le temps qu’Alix avait était libre – à la bibliothèque.

Mais sa curiosité, cette petite sensation qu’il ne se souvenait plus avoir ressentie un jour, tant cela faisait longtemps qu’il était vide, le poussait à y aller.

Il n’avait pas ressenti ça depuis…

Il fit un pas vers la direction de la porte. Il se réactiva sa carte et se fit guider par les gentils employés.

Il lut.

Lorsqu'il sortit, il jeta un vite regard sur le message de confirmation de la réactivation de sa carte. Il sourit en voyant la date “14/10/4698”, soit le “61/03/0036” sur la Autolaus. Le 51 de l'automne.

Alix sourit.

Demain, Alix apprendrait.

𓇂𓍨𓎊𓏺

 
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from Amatérazu

Atisba mi cerebro intelecto y Con relevo dél esquiva sed esquiva el, Revés que inoperante entremés cree Hacer a ser causante y no rehén.

Operante y clara es tal estructura, Pues jasa sin mesura el descontrol; Saja con navaja consagrada cuasicultura, De rajadas ratas contrarias a la razón.

Rimo al son de la creación y destrucción. Acción: antecesor de antedicho cometido. Ahora, sigue el camino hacia tal algoritmo; Otrora, dije adiós una vacua aliteración.

Mi razón atiende la incomodidad inherente A la crucial intelección de lo concerniente. Antedicha sentencia es eterna; tras inerte, Mi poesía della será voraz contribuyente.

Atentamente: Amatérazu.

 
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from Hoedlog

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from dot

J'entame ici un rapide retour d'expérience « en temps réel » de l'utilisation de Nextcloud, non pas simplement sur son cœur de métier − la gestion de fichiers − mais aussi et surtout sur ses fonctionnalités annexes, possiblement étendues par des applications tierces.

Contexte : utiliser Nextcloud pour suivre une communauté de « membres »

C'est une évidence : un outil remplit un ou plusieurs besoins spécifiques ; rendre compte de l'usage de l'outil nécessite donc de présenter, au moins rapidement, ces besoins.

J'occupe depuis peu de temps un poste de coordinateur d'une toute nouvelle fédération de recherche, dont l'une des missions principales est de favoriser l'émergence de nouveaux projets de recherche en santé mentale en misant sur la collaboration inter-établissements à une échelle régionale. Pour ce faire, de nombreuses actions antérieures à la conception proprement dites de projets doivent être réalisées : des évènements pour « acculturer » certains personnels à la recherche ; des formations pour travailler les compétences transverses ou spécifiques ; des groupes de travail pour plancher sur des thématiques précises et imaginer les nouveaux projets ; etc.

Outre ces activités, qui constituent le répertoire d'activités le plus visible, une part non négligeable du métier consiste en de nombreux échanges plus ou moins formels durant lesquels on capte les besoins, les envies, les projets, les thématiques d'intérêt, des uns et des autres.

Ainsi, servir un réseau, c'est devoir le connaître. Le connaître, c'est connaître les membres qui le constituent. Et connaître les membres, c'est être en mesure de conserver les informations saillantes qui les caractérisent.

Nextcloud plutôt que Dolibarr (du moins, pour le moment)

Certaines applications, même si elles sont orientées « commerce » (et emploient tout un lexique de « clients » et « prospects »), peuvent naturellement apparaître comme indiquées pour satisfaire les besoins précédemment énoncés. Je songe à une app comme Dolibarr que j'ai déjà utilisé auparavant (et avec plaisir d'ailleurs).

Pour le moment, j'ai pourtant fait le choix de ne tenter de n'utiliser que Nextcloud, pour plusieurs raisons :

  • Ne pas imposer à l'équipe une multitude d'outils ayant chacun sa courbe d'apprentissage ;
  • Opter pour un environnement « tout en un » ;
  • Éviter les solutions « overkill » − même si j'ai bien conscience que leur possible recours, un jour, nécessitera de migrer des données, ce qui n'est pas nécessairement une partie de plaisir…

Gérer ses membres avec Nextcloud, c'est plutôt bien. Manque pas grand chose pour que ce soit très très bien…

Cette longue intro étant posée (elle servira aux billets suivants), me voici donc au cœur du sujet : le retour d'expérience, après 2 semaines d'utilisation de l'app « Contacts » de Nextcloud.

Commençons par le positif : la prise en main globale est aisée (les collègues ne connaissant pas Nextcloud n'ont eu aucun mal à se saisir de cette partie-là du l'app), les informations importantes − identité, adresse email, numéro de téléphone − sont immédiatement lisibles.

Les contacts sont enregistrés dans mon carnet, partagé avec les collègues ; elles peuvent donc y écrire et y faire des modifications sans aucun souci. Les contacts sont organisables par groupes ce qui est très pratique pour les regrouper par institution (par établissement hospitalier, par exemple). Mieux encore, un contact peut appartenir à plusieurs groupes : pour les contacts ayant plusieurs tutelles (ex : un hôpital et une université) ou appartenant à des structures « imbriquées » (une équipe, dans un laboratoire de recherche, dans une université), cette possibilité permet une certaine finesse de l'information. Cela permet également une double lecture : sur la fiche du contact, pour voir à quelle(s) structure(s) il appartient ; et au sein d'un groupe (donc, d'une structure), pour voir qui en sont les membres.

Autre dimension, celle de l'interopérabilité : les contacts et leurs groupes d'appartenance sont très bien synchronisés dans #Thunderbird (j'utilise l’extension CardBook. Avec Outlook, on peut utiliser CalDav Synchronizer. Et je retrouve tout ce petit monde dans mon smartphone pro Android grâce à Davx⁵.

Les points faibles désormais. Déjà, je ne comprends pas du tout le choix de Nextcloud de ne pas utiliser les champs Nom et Prénom. Le champ principal correspond au « Nom affiché ». Les valeurs sont donc mélangées et non distinguables, source de confusion : monsieur Jacques Olivier a-t-il pour prénom Jacques, ou Olivier ? En réalité, on peut utiliser les champs Nom et Prénom, et c'est d'ailleurs ce que je fais, mais au prix d'une opération ridicule : cliquer sur Ajouter plus d'informations puis Plus de champs puis Nom détaillé… trois clics pour des informations de base !

Concernant les champs toujours, j'ai l'impression que la synchronisation de certains d'entre eux avec des outils externes est quelque peu erratique. Par exemple, les champs Genre (CardBook) et Sexe (Nextcloud) ne semblent pas correspondre, et je ne retrouve pas la saisie d'une valeur dans un logiciel, dans l'autre.

Une autre limite, que j'espère voir levée un jour, est que les contacts ne semblent pas très « intégrés » dans le reste de l'environnement Nextcloud. Je m'explique : dans l'application Notes, ou dans l'app Collectives, la saisie du caractère / permet notamment d'insérer aisément un lien vers une « entité » dans Nextcloud : une tâche, une carte Deck, un tableau de l'app du même nom, une autre page de Collectives… mais pas vers un contact. Quel dommage !

Enfin, il serait également très intéressant que les groupes de contacts soient également des « entités » à part entière sur lesquelles on puisse saisir des informations. Je sors ici du cadre strict de la gestion des contacts et donc ne m'y attarderai pas, mais il faut simplement noter que les groupes sont de simples rassemblement de contacts, rien d'autre. Impossible, donc, de caractériser ces groupes, pour y renseignent par exemple une adresse postale, une adresse de contact global, etc.

Tout cela n'explique pas trop comment je compte suivre l'activité de ces contacts, leur « fiche » étant plutôt conçues pour stocker des données statiques. J'y reviendrai donc dans un prochain billet.

 
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from lareinedeselfes

Festival PSES :Société · Internet · Liberté Faites preuve de curiosité https://passageenseine.fr

Le festival Pas Sage En seine est un rendez-vous annuel de la région parisienne Lieu incontournable du milieu hacker à ses débuts, il a toujours eu pour vocation d’amener les citoyens de tous horizons à se réapproprier la société en bidouillant le système. Initialement axé numérique, il s’est ouvert au fur et à mesure des éditions et traite aujourd’hui de sujets aussi variés que la politique, la justice, l’alimentation, les médias, la littérature, les sciences, les arts, le journalisme, le divertissement, l’inclusivité, l’accessibilité, le handicap… L’entrée est libre et gratuite afin d’être accessible au plus grand nombre, sans discrimination de ressources.

EntréeLibre https://entreelibre.quimpernet.xyz/

Axé sur le numérique et le partage de connaissances afin d'accompagner et dédramatiser les usages d’internet. EntréeLibre était un évènement dans la continuité de ce que fait déjà le Centre des Abeilles avec les ateliers qu'il propose. Cet évènement permettait d'aller plus loin dans l'information et la compréhension. Il était essentiellement conçu pour des non informaticiens. Ces personnes qui utilisent un ordinateur et qui aimeraient comprendre un tant soit peu, ce qu'elles font. La dernière édition s’est ouvert à des sujets de société tel que la compréhension des Troubles du déficit de l’attention et de l’hyperactivité, ainsi que la découverte des communs, et la présentation d’un collectif du monde agricole.

Une envie de partage PsEs et EL ayant beaucoup de points communs (partage de connaissances, ouverture au grand public, gratuité de l’évènement), lors de mon passage en scène à PSES, pour y présenter mon parcours de découverte d’ internet (https://video.passageenseine.fr/w/mVJW2gQxKVVPiPWbuoVdeJ ), l’idée a été émise que nous pourrions faire un évènement ensemble : Pas sage en Steïr.

La programmation des confs et des ateliers serait de mon fait et la partie technique telle que la captation vidéo pour l’asso PSES.

#PSESQ

 
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from lareinedeselfes

PAS SAGE EN STEÏR

Cet événement qui aura lieu les 21-22-23 août 2025 est fait pour toutes les personnes qui se posent des questions sur leur vie numérique mais aussi sur ce qui les entourent. Il n’a pas vocation à être un moment statique. Il sera, pour toutes les personnes présentes, un temps de partage et de questionnements. Car ce sont nos questions qui font de nous des humains dans ce monde numérisé.

“Le numérique dans notre environnement.”

Notre environnement peut être numérique mais il reste, fort heureusement surtout physique. Quelles sont les interactions de l'un vers l'autre ? Dans quelles mesures internet, cet espace ouvert peut nous enfermer ? Faisons un pas de côté et prenons le temps de faire du lien entre humains en discutant, et en se retrouvant physiquement. Cela pourra être un chouette moment, pour s'abriter s'il pleut ou se protéger d'un soleil trop harassant.

Profitit eus tri devezh brav Sur e vo kavet sujedoù interesant Evit ar re yaouenk hag ar re gozh Souezhadennoù ha plijadur 'vo atav !

Traduction: Profitez de 3 belles journées Sûr vous trouverez des sujets intéressants (Et) Pour les jeunes et les vieux Surprises et plaisir il y aura !

MODALITÉS

Des conférences d’une trentaine de minutes, pour ne pas s’ennuyer, qui seront retransmises en direct et en différé. Des ateliers pour tester des outils ou pour faire suite à des conférences. Un évènement gratuit pour permettre d’accueillir tout le monde.

texte du compte lrde 22 mars 2025 #PSESQ

 
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from lrde

PAS SAGE EN STEÏR

Cet événement qui aura lieu les 21-22-23 août 2025 est fait pour toutes les personnes qui se posent des questions sur leur vie numérique mais aussi sur ce qui les entourent. Il n’a pas vocation à être un moment statique. il fera, de tous, des participants aux différents questionnements, car ce sont nos questions qui font de nous des humains dans ce monde numérisé.

“Le numérique dans notre environnement.”

Notre environnement peut être numérique mais il reste, fort heureusement surtout physique. Quelles sont les interaction de l'un vers l'autre ? Dans quelles mesures internet, cet espace ouvert peut nous enfermer ? Faisons un pas de côté et prenons le temps de faire du lien entre humains en discutant, et en se retrouvant physiquement. Cela pourra être un chouette moment, pour s'abriter s'il pleut ou se protéger d'un soleil trop harassant.

Profitit eus tri devezh brav Sur e vo kavet sujedoù interesant Evit ar re yaouenk hag ar re gozh Souezhadennoù ha plijadur 'vo atav !

Traduction: Profitez de 3 belles journées Sûr vous trouverez des sujets intéressants (Et) Pour les jeunes et les vieux Surprises et plaisir il y aura !

MODALITÉS

Des conférences d’une trentaine de minutes, pour ne pas s’ennuyer, qui seront retransmises en direct et en différé. Des ateliers pour tester des outils ou pour faire suite à des conférences. Un évènement gratuit pour permettre d’accueillir tout le monde.

 
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from Nasra's games

C'est toute une histoire mouvementée !

Propriétaire / Open-source

NVIDIA a toujours refusé d'ouvrir ses pilotes. Ce qui crée de nombreux dysfonctionnements avec les distributions GNU/Linux. Les pilotes propriétaires sont compilés pour les noyaux GNU/Linux les plus utilisés (officiels, stables...). Utiliser un noyau plus récent que celui supporté ou ajouter des fonctionnalités ou corrections et vous ne pouviez plus utiliser les pilotes propriétaires de NVIDIA. L'écran noir redouté des linuxiens se substituait au démarrage et forçait à réinstaller un noyau supporté. En 2022, NVIDIA a publié une nouvelle version de ses pilotes avec un module open-source permettant de compiler les noyaux non prévus pour. Mais le reste de ses pilotes est propriétaire.

OpenGL et Vulkan

OpenGL

OpenGL est une spécification et un ensemble de bibliothèques graphiques pour la programmation 3D. Depuis 1993, OpenGL permet d'utiliser les GPU pour diverses applications graphiques professionnelles (rendus 3D, CAO...) et jeux vidéos. OpenGL est très utilisé sur GNU/Linux (toutes les applications graphiques et les interfaces graphiques), MacOS, Android et pratiquement toutes les consoles de jeux du marché (Sony et Nintendo dominent le marché). Sous Windows, Direct3D et DirectDraw sont leur équivalent.

Vulkan

AMD publie son API “Mantle” en open-source. Cette API de bas niveau est très performante et est reprise pour le projet OpenGL-Next. OpenGL-Next est renommée Vulkan.

Évolution

En 2015, Microsoft développe DirectX12 et permet la programmation bas niveau de son API graphique. Apple, de son côté, développe Metal avec un objectif similaire et une nouvelle architecture ARM.

Petit à petit, OpenGL s'efface...

Petit à petit, le vieillissant OpenGL commence à être remplacé un peu partout. Les nouveaux pilotes intègrent directement Vulkan et tendent soit à remplacer OpenGL soit à faire le pont entre des instructions OpenGL et des instructions Vulkan.

Nouveau et NVK

Nouveau est une tentative de rétro-ingénierie pour développer des pilotes open-source. Les pilotes Nouveau, intégrés au projet Mesa sont basés sur de l'OpenGL. Les performances de Nouveau sont très en deçà des pilotes propriétaires.

NVK (“Nouveau VulKan”) est développé pour ajouter le support de Vulkan aux pilotes Nouveau et profiter de performances accrues.

Nova

Développé par des ingénieurs de RedHat, le pilote Nova (open-source et en langage RUST) sert de successeur au pilote Nouveau dont le développement est ralenti ces derniers temps. Mais contrairement à Nouveau et son large support de GPU NVIDIA, le pilote Nova est intentionnellement limité aux GPU “Turing” RTX 20 et plus récents. Un code préliminaire du pilote Nova a été envoyé en vue de son adoption dans le noyau GNU/Linux 6.15.

Zink

Zink est développé récemment pour permettre aux applications programmées avec OpenGL de pouvoir s'exécuter dans un environnement à 100% Vulkan.

#Nvidia #Linux #NVK #Nouveau #OpenGL #Vulkan

 
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from Aler Pus Lon

Un verre d’eau était posé devant son visage. À moins que ce ne soit lui qui s’est mis le visage devant le verre d’eau. Il ne s’en souvenait plus, et au fond cela n’avait que peu d’importance. Cela aurait pu être un verre de jus de fruits, ou encore un verre vide, s’il y réfléchissait un peu. Le problème n’était pas que le verre d’eau soit en face de lui – ou qu’il soit en face du verre.

Non, la question de l’emplacement d’un verre d’eau dans son espace vital n’avait d’importance que parce que la cause de son arrivée devant son visage lui était inconnue.

Il n’était pas endormi, et ne devrait pas souffrir d’Alzheimer ou toute autre maladie dégénérative de la mémoire à son âge. Pourtant, un verre d’eau était devant lui, et il ne se souvenait plus pourquoi. Sans bouger sa tête posée sur ses bras repliés, eux-mêmes posées sur la table de la salle à manger, Alix analysa ses alentours. La table n’était pas mise, pas encore. Cela ne serait tarder, se dit-il cependant, car la télévision était allumée et il entendait vaguement son père s’affairer derrière lui. Un rapide coup d’œil vers l’horloge holographique lui confirma sa pensée.

12 h 48.

Dans 11 minutes, sa mère entrerait dans leurs appartements, et dans la minute qui suivraient, Alix et sa famille mangeraient pendant exactement 1 h 26 pour leur permettrait 4 minutes pour ranger un peu la table et partir en direction des salles au centre du bâtiment.

Il ne devait pas être en retard, pas aujourd’hui, quitte à manger moins que d’habitude.

Il se releva de sa position, prit le verre d’eau et l’observa de plus près.

Il ne se souvenait vraiment pas de depuis quand ce verre d’eau était devant lui.

— « Papa ? C’est toi qui as mis le verre d’eau ‽ »

Le silence fut sa seule réponse. Son père semblait ne pas l’entendre, trop occupé dans la cuisine à faire il-ne-savait-quoi –

Enfin, si, Alix ne devait pas être de mauvaise foi. Il savait ce que son père faisait.

Il faisait la même chose qu’il faisait tous les mois. Il faisait le repas. Le même repas chaque mois même, un repas léger, facilement digérable et mangeable, mais qui contenait quand même assez de nutriments pour pouvoir tenir lors d’une réunion de deux heures. Accompagnant son pat simple, une salade de fruits fais avec des fruits et des légumes du coin, voire de la planète. Une espèce de tomate, évoluée étrangement sous l’étoile 41 Lyncis (aussi nommé Intercrus) ou bien une pomme de terre donc la peau était devenue dure comme la pierre quasiment.

— « Papa ? »

Ce dernier sortit enfin de sa cuisine. Sans un mot, il lui tendit juste des couverts. Le message était clair : < Fais la table au lieu de parler >. Une fois la porcelaine en équilibre précaire dans les bras du jeune homme, il se retourna et plongea une fois de plus dans la cuisine.

Alix soupira. Il n’y avait pas grand-chose d’autre à faire, se dit-il en s’approchant de la table. Il avait compris assez vite comment cela fonctionnait entre adultes dans sa famille : pas de réponse pour les questions stupides.

Pas de réponse pour Alix.

Pas de réponse pour son verre d’eau.

Alors Alix réfléchit à autre chose.

Il n’y avait pourtant pas beaucoup de sujets auxquels il aimait penser. C’était souvent top dur pour lui, ses pensées allaient dans tous les sens au mieux, ou lui échappaient au pire. Un cerveau vide de voix, où même formuler sa parole lui était prenant en énergie.

Un moment, c’était une gorge nouée. Il émettait des sons aigus mélangés à des sons graves, avant de tousser. Le souffle lui manquait alors bien assez vite, et il devait se résoudre à ne rien dire.

Un autre, sa voix devenait brouillée, entrecoupée. Il répétait sans cesse les mêmes syllabes jusqu’à ce qu’il soit obligé de laisser tomber.

Bien sûr, chaque abandon lui venait surtout à cause du regard des autres. Ils le fixaient d’un regard noir et impatient. Certains se détournaient de lui, d’autres finissaient sa phrase à sa place.

Pas de temps pour Alix. Pas de temps pour lui qui ne parlait pas.

⁙ < Pauvre Alix >, aurait-il pensé.

S’il en avait l’énergie.

Il termina de mettre les couverts, séparant les fourchettes des couteaux suffisamment. L’assiette est placée au centre, devant la chaise ; il en avait trois, comme le nombre de chaises à la table.

Sa tâche terminée, il se rassit. Il ne lui restait que cinq minutes à attendre, mais que faire pendant ces minutes ? Ses muscles lui semblaient lourds, et il n’avait vraiment aucune idée de quoi faire. Ouvrir son GSM et lire quelque chose ? Aller sur le Réticulaire ? Non, mauvaise idée, si sa mère le découvrait sur son GSM un peu plus d’une heure avant la réunion familiale, elle aurait sa peau.

⁙  Alix entendait presque sa voix.

Au final, le temps qu’il prit pour penser à ce qu’il allait faire se suffit en lui-même, puisqu’il entendit la porte d’entrée s’ouvrir.

La mère d’Alix venait de rentrer.

— « Salut maman. »

— « Bonjour Alix. Je vois que tu es enfin levé. Es-tu prêt pour cet après-midi ? »

※ Pas comme la dernière fois, ni la fois d’avant. Et ne parlons pas de celles d’avant non plus tant qu’on y est…

Il se contenta de hocher la tête. Son silence fût prit pour une approbation et sa mère se tourna vers son père. Elle commença à lui poser des questions à lui-aussi, sur sa journée, sur ses projets.

Alix se laissa bercé par les voix. Leur propos coulaient sur lui, rentrant d’une oreille et sortant par l’autre. Il n’était pas interessé par les hobbys de son père, et encore moins par la journée de sa mère.

Les minutes passèrent rapidement pendant qu’il était dans cet état second. Une bouchée après l’autre. Le repas d’aujourd’hui était le même que le mois dernier, la texture la même. La tomate toujours aussi forte, toujours aussi verte dans la salade de fruit. Et pourtant…

Et pourtant…

C’était assez terne aujourd’hui.

§

Il va sans dire que, pour Alix, la procession vers la salle des réunions des Fuméchaudes faisait partie des plus longues qu’il connaît. Elle ne faisait bien sûr pas plus de mètres que n’importe quelle marche d’un bout d’une rue vers une autre. Physiquement, il ne s’agissait que d’une marche de quelques minutes, dont une d’entre elles se déroulait dans un ascenseur. L’appréhension de l’arrivée, cela dit, changeait toute la teneur de ce déplacement pour lui.

Et pas qu’à lui. Lorsqu’il ne se sentait plus vraiment respirer, dû au stress, il regardait ses parents et voyait comment eux aussi n’étaient pas naturels. C’était bien simple, eux aussi ne marchaient pas normalement.

Sa mère était une femme d’affaires qui avait toujours eu ce qu’elle voulait. La grand-mère maternelle d’Alix aimait à lui rappeler sans cesse les histoires d’enfance de sa mère. À peine sortie du berceau qu’elle marchait déjà avec l’aisance qu’elle maîtriserait à l’âge adulte. Sa mère se déplaçait avec une cadence qui la séparait des autres personnes qu’il connaissait. C’était un pas après l’autre, lentement ; elle marchait comme si elle mourait si son pied n’avait pas roulé avec son pas. Lorsqu’elle portait des talons, surtout les talons aiguilles avec les semelles compensées à la mode dans le Bras d’Orion en ce moment, elle rythmait la cadence de ses bras et de son corps avec le rythme de sa marche. Son corps entier avançait comme une personne (ah !), laissant derrière lui jalousie, envie ou peur.

Sa mère marchait comme elle pensait. Patiemment, mais sûrement, elle allait vers son objectif de la même manière qu’elle préparait ses plans pour obtenir ce qu’elle voulait. L’exemple le plus concret de cette personnalité était son mariage avec le père d’Alix. Elle l’avait vu au détour d’une rue, et sitôt ce dernier dans son champ de vision, elle avait su que cet homme serait le sien. Et même que la grand-mère maternelle d’Alix avait rajouté que, quand elle se disait prête à tout, elle ne l’avait pas dit à la légère.

Une femme imperturbable, voilà ce qu’était sa mère.

Or, même elle ne pouvait cacher le léger empressement dans ses pas. Son buste, d’habitude si droit, quasiment perpendiculaire au sol, penchait vers l’avant. Et ses pas étaient légèrement plus rapides que le “clak- … clak- …” synchronisé avec ses battements de cœur.

Et du côté de son père, c’était un homme simple qui connaissait sa place dans le monde. Le grand-père maternel d’Alix lui avait expliqué qu’il avait la démarche de ceux dont le monde ne refusait rien. ⁙  s’était-il crié une fois.

Alix ne voyait pas en quoi la famille de naissance de son père influençait sa manière de marcher… Alix ne marchait pas du tout comme son père, il n’avait pas la tête si haute…

Tout ça pour dire que cela le rassurait de les voir presser le pas. Ça les rendait humains, pour lui.

Cela les rendait comme lui.

Et ça, ce sentiment d’appartenance, il l’aimait bien.

Même si ce n’était que pour quelques minutes par mois.

Perdu dans ses pensées, il fit tout de même attention en entrant de l’ascenseur principal du bâtiment. Il ne devait pas rentrer dans ses parents, ils se rendraient compte qu’il ne faisait pas attention à ce qu’ils disaient. Enfin, moins que d’habitude.

Ses parents discutaient toujours en face de lui. Quelque chose en rapport avec une cousine ? Une injustice pour les descendants directs ?

Il pouvait être lent, mais pour les discussions purement positionnelles au sein de la famille, Alix avouait qu’il ne voulait même pas y écouter ou y participer. Il avait un peu la flemme. Un peu beaucoup même.

Cela étant dit, la discussion ne dura pas plus longtemps, car l’ascenseur arrêta sa descente et ils durent sortir.

Se tenait devant eux le dernier couloir, et au fond de ce dernier, une porte en bois massif violet. Derrière cette porte faite d’un chêne ayant muté également bizarrement sous l’étoile Intercrus se trouvait la fameuse salle de réunion du clan.

Son père toqua une fois.

Quand Alix avait été plus jeune, quand il cherchait encore à comprendre le monde qui l’entourait et que ses yeux brillaient de curiosité – d’après sa grand-mère maternelle –, il se demandait pourquoi son père ne toquait qu’une seule fois : toujours de la même manière d’ailleurs ; une fois, au milieu de la porte, vers la gauche, à l’opposé de la clinche. Il avait alors regardé comment les autres toquaient. La mère de son arrière-petite-cousine devait toquer cinq fois, tandis que son cousin 'Tis (qui était techniquement son cousin germain éloigné au 1er degré, mais au vu de la différence d’âge entre eux, était resté son cousin) devait toquer deux fois. Il avait émis l’hypothèse que la distance avec la Matriarche dictait le nombre de fois qu’il fallait frapper la porte, mais son oncle toquait aussi qu’une fois alors qu’il n’était que son gendre. Il avait compris que cela dépendait de ce que la Matriarche voulait.

Bref, tout ça pour dire que son père frappa une fois, attendit quelques secondes avant d’ouvrir la porte et de rentrer, Alix et sa mère aux talons.

Comme d’habitude, on aurait pu entendre une mouche voler. Personne ne parlait, ni ne bougeait ou ne faisait du bruit, ce qui avait toujours impressionné Alix autant que cela lui faisait peur : sur les 30 personnes présentes physiquement et les 20 autres en ligne, aucune ne faisait du bruit.

Alix avait toujours peur de trébucher sur une chaise ou se mêler les pieds et tomber. Dans un tel silence, l’attention se serait portée sur lui.

Et ce n’était pas une bonne attention. Ah ça non !

Il arriva à sa place sans encombre.

Première étape de passé. Maintenant, il suffisait qu’il fasse semblant d’écouter et qu’il se fasse tout petit assez que pour passer inaperçu.

Facile, il avait 22 réussites à son actif !

…

…

Il venait de se plomber l’ambiance tout seul…

— « Christelle n’est pas encore arrivée ? C’est quelque peu étonnant… » La voix de sa tante lui fit l’effet d’une piqure d’insecte, et il tourna la tête vers elle.

— « Il y a encore quelques minutes avant que Mamy n’arrive, ne nous réjouissons pas trop vite. »

L’homme qui avait répondu était un des neveux de la Matriarche.

Comment s’appelait-il déjà ?

Eddy ?

Ody ?

Odieux, ça, c’est sûr, mais Alix ne connaissait plus le prénom.

Bah ! Jusqu’à ce qu’il s’en souvienne, ce sera Odieux.

Les discussions autour de lui ne reprirent pas, et le silence s’installa une fois de plus. Tous autour de la table se regardaient et se jugeait, leurs yeux fixant telle ou telle personne pour des raisons qu’Alix ne connaissait pas, mais se doutaient, allaient être expliquée lors de la réunion.

Ladite Christelle rentra en panique, brisant le silence. Tous tournèrent leurs regards vers elle, et Alix, bien qu’assez éloigné de l’entrée, vit avec précision ses épaules atteindre ses oreilles. S’étant faite toute petite, elle s’installa à l’extrémité de la table centrale.

Sa position signifiait deux choses : elle allait parler lors de la réunion, mais elle n’était pas assez importante que pour se rapprocher de la Matriarche.

Elle avait de la chance, car à peine deux minutes plus tard, et Alix s’autorisa un regard vers l’horloge qui annonçait l’heure actuelle – 14h 39 –, la Matriarche rentra. Dès le premier pied passé dans l’antre de la porte, tout le monde dans la salle se leva.

Alix le fit une demie seconde plus tard, quasiment imperceptible. Il était lent, après tout, tout le monde le savait, alors personne ne le fit remarquer. Ni maintenant et ni plus tard…

Doucement, sans fanfare, la Matriarche s’avança. Elle n’en avait pas besoin, de fanfare. Chacun de ses pas, de ses “clock – clock”, dont un sur d’eux était soutenu par le “tump” de sa canne, coupaient le silence au couteau. Même avec l’âge, elle se s’était jamais tassée sur elle-même, toujours droite. Le regard vissé devant elle, elle ne s’avança ni trop lentement ni trop rapidement, jusqu’à son fauteuil en tête de table. Une fois assise, elle balaya de son regard l’assemblée : le signal pour qu’ils se rassoient. Une fois cela fait, elle dit d’une voix forte :

— « La réunion hebdomadaire du jeudi 11e de l'Automne de l’an 36 commence. »

Alix n’avait pas besoin de regarder l’horloge pour savoir qu’à peine eu-t-elle finit de dire sa phrase, que cette dernière affichait 14h40. Mamy n’était jamais en retard et toujours ponctuelle.

§

Il n’aura pas fallu vingt minutes pour qu’Alix commence à s’ennuyer.

Pas que cela le surprenne, bien sûr, mais quand même… vingt minutes étaient un nouveau record.

Il s’attendait à ce que plus de choses se passent en un mois. Mais il semblerait que ce printemps-ci, pas grand-chose ne se soit déroulé. Ce n’était pas forcément une mauvaise chose, puisque cela pouvait dire que la réunion ne durerait pas.

Le contrepied d’un tel fait, comme un prix ou un sacrifice à faire dans l’espoir d’obtenir une bénédiction ou autre, était que le temps passait lentement. Très lentement.

Les meilleures réunions, ce sont celles qui – et loin l’idée qu’Alix soit sadique ! – mettaient en scènes des échecs ou bien des trahisons. C’étaient toujours celles-là où il y avait des retournements de situations. Alix pouvait alors fixer du regard les membres de sa famille et analyser leurs mimiques sans soucis : que ce soit les animosités ou les alliances sous-jacentes.

Et bien sûr, au centre de ce chaos ordonné, se trouvait toujours Mamy, la Matriarche Fuméchaude.

En pensant à elle, Alix dirigea son regard discrètement vers sa grand-mère. Cette dernière considérait ce qu’un oncle lui présentait. Alix tenta de se reconcentrer quelque peu, mais abandonna vite lorsqu’il entendit parler de < propositions d’alliance avec une entreprise du système stellaire adéesse sept-mille deux cent cinquante et un >. En plus de n’en avoir rien à faire de ce genre d’alliance de sous de table, il ne connaissait pas de système nommé adées –

…

Ah, ADS 7251… Il parlait du système stellaire ADS 7251…

…

Maintenant qu’il y faisait attention, il voyait le nom dans les notes de l’oncle.

…

Ça ne changeait en rien son propos.

Vingt minutes plus tard, il avait entendu des promesses quasi irréelles de profits, des questionnements sur l’image des Fuméchaude et, bien sûr, le futur anniversaire de son cousin. Cela continua le même cirque les vingt suivantes.

Il s’ennuyait sec.

Puis se fut enfin le tour de Christelle. Elle se releva sur sa chaise, et commença à parler d’une zone constructible dans le Continent 10. Elle voulait réutiliser l’espace laissé à l’abandon pour un projet… Alix n’avait pas bien entendu, une sorte de zoo ? Refuge ? Il avait perdu le fil.

Les “adultes” autour de la table s’offusquèrent, sourirent ou acclamèrent la proposition. Alix zona un peu, avant de revenir en entendant l’accord accordé par Mamy.

— « Je vous remercie Mamy ».

Christelle avait sa terre.

— « Était-ce là tous les points du jour ? » demanda l’ainée de la pièce après avoir laissé le silence planer un peu.

La Matriarche regarda le reste de l’assemblée. Christelle en profita pour se rasseoir, sans aucun doute rassurée que sa présentation se soit déroulée sans accroc, comme elle l’avait prévu. Mais personne n’avait d’autre chose à rajouter.

Alors Mamy acquiesça une fois. Puis deux. Puis elle referma d’un bruit sec le journal en face d’elle.

— « Dans ce cas, je vous laisse retourner à vos préoccupations. Au mois prochain. »

Elle se leva, l’assemblée suivit son geste – Alix avec une demie seconde de retard, encore – et elle quitta la pièce comme elle était entrée : à son rythme.

Cela donna l’occasion à Alix d’observer l’instant précis où, une fois Mamy loin de la salle, le soulagement se propagea parmi les membres de la famille. Des épaules se relâchèrent et des discussions murmurées recommençaient, et les oncles, tantes et cousin·es se détournèrent du centre du local, et, à intervalle irrégulier, s’avancèrent vers la sortie.

La réunion mensuelle était finie, et le calvaire qu’elle apportait aussi.

Et Alix était là. Il reprit une respiration normale – il n’avait pas remarqué que sa respiration s’était accélérée, les battements de son cœur se synchronisant avec celle-ci et ses mains devenant alors moites de sueurs ; ce que son inconscient considérait comme danger était passé, la tempête était partie et Alix pouvait être calme. Il essuya ses mains discrètement sur son pantalon.

Il se cogna aussi la jambe sur la table, car en voyant ses parents partir sans lui, il s’était relevé brusquement. Bravo pour la discrétion.

Alors qu’il les suivait, la tête baissée, il remarqua que sa vue était brouillée par ses mèches de cheveux du front, ses franges. Il ne voyait que ses pieds, et non la direction qu’il empruntait – bien qu’il la connût par cœur, à force – et dépendait entièrement sur ses parents pour le guider ; le “clack-clack” rapide de sa mère, soutenu par le “cluck-cluck” plus lent de son père.

§

Si on programmait le planning quotidien d’Alix Fuméchaude, on trouverait le temps bien vite long. Le·a secrétaire chargé·e d’un tel travail n’aurait de quoi s’occuper que pendant un jour sur le mois, voire deux dans les rares exceptions. Iel aurait vite intérêt à trouver un hobby pour compenser le manque d’action et le fait que, concrètement, il n’y avait rien à planifier.

Alix avait fini l’éducation obligatoire depuis longtemps – c’est faux, seulement cinq ans – et n’avait jamais cherché à faire plus. Il s’était rempli les journées pendant un temps de diverses formations et de passage de permis. Une fois cela fait, il était parti participer à différents voyages initiatifs. Pas par plaisir pour lui ni par envie, sa mère refusait juste, encore à cette époque, la réalité qui était que son fils soit un flemmard. Ces voyages avaient permis de cacher cette inactivité aux autres membres de la famille – ils le savaient « stupide », il aurait été horrible pour elle qu’ils rajoutent le titre de « paresseux » à son palmarès ! Après deux ans, pourtant, la ruse fut découverte et Alix put enfin rester un peu chez lui.

Autant dire qu’il n’avait aucune obligation autre que celles communes avec les autres petits-enfants de la Matriarche. Du côté réseautage, ses rares amis étaient occupés avec leurs propres vies et carrières, et ne se regroupaient que rarement.

Rarement, certes, mais pas jamais, puisqu’une de ses amis avait envoyé un message sur le groupe privé commun à peine fut Alix de retour chez lui.

✉ ⟠TamTam⟠TamGSM → ⟠Alix.le.terrien⟠AlixGSM et al : « Quelqu’un partant pour une soirée cool à Caffé Inné ? »

Alix avait levé la tête. Il avait regardé un moment ses parents, avant de reposer ses yeux sur le téléphone.

✉ ⟠Alix.le.terrien⟠AlixGSM → ⟠TamTam⟠TamGSM et al : « Je suis sur Fuméchaupolis. Je suis partant ! »

D’autres confirmations furent envoyées ensuite, mais pas tout le monde pu accepter l’invitation.

✉ ⟠Alix.le.terrien⟠AlixGSM → ⟠TamTam⟠TamGSM et al : « C’est quoi l’adresse déjà ? »

Il n’avait jamais posé les pieds dans un café avec un tel nom, et la réponse qui lui fut donnée le réconforta dans cette idée.

※ Au 12, rue de Josse, Portail-de-Bois ? C’est en dehors de la Vieille Protection… À ce qu’il parait, c’est un chouette endroit. C’est bête que je n’aie jamais pensé à y aller…

Il envoya une réponse affirmative. Il arriverait dans vingt minutes, Tam lui répondit qu’elle serait là dans quinze. Les autres participants aussi.

Il prit ses affaires, pas besoin de se changer.

Il sortit.

Il marcha quelques minutes.

Il prit le tram.

Il marcha de nouveau quelques minutes.

Une fois devant le café, il attendit. Tam arriva, habillée sobrement. Elle venait de sortir de son boulot, sans doute.

Ils entrèrent tous les deux et, après quelques minutes, se retrouvèrent à une table. Un à un, ses amis arrivèrent. Tous également habillés sobrement. Alix faisait un peu tache avec ses habits colorés.

Une fois le dernier de ses amis arrivé, Alix ne put que sourire. Il les écouta, les regarda et participa de temps en temps à la discussion.

Il était tablé à une table de huit, alors qu’ils n’étaient que cinq. Cela n’avait pas beaucoup d’importance, mais Alix fixa du regard les chaises vides. Il manquait quelque chose ici, comme il manquait quelque chose à Alix.

Un corps sans rien pour l’habiter.

Les chaises restèrent vides toutes la soirée, sans jamais être prises.

Il se sentit bien seul lorsqu’il reprit le chemin du retour, quelques heures plus tard. Les au revoir faits, les « à la prochaine » échangés… la routine reprenait.

Demain, Alix ne ferait rien.

𓆾𓍩𓎌𓏮

 
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from Notes

Dernière mise à jour: 10/01/2025 20:00

Avec cette série de notes, je présente des opinions personnelles — en réaction à des discussions sur le réseau social Mastodon — sur le réchauffement du climat. La présente note fait suite à celle-ci: Réchauffement (2) — windy qui es tu (suite et fin)?

J'aborde ici la petite discussion que j'avais eue avec M1 d'abord, et M2 ensuite. Pour information, j'ai placé l'essentiel des échanges de vue dans ce document. Cela étant, lorsque je l'estime utile pour la compréhension de mes commentaires, je citerai des passages directement dans les notes.

Précisions introductives

Pour commencer, voici les deux opinions principales que j'ai exprimées au cours de cette discussion (je me cite):

(1) les rapports du GIEC n'évoquent pas de “dérèglement” climatique (mais un “réchauffement”) et (2) ... à mes yeux, il n'y a pas de “consensus scientifique” sur le fait que le CO2 soit le seul responsable du réchauffement constaté, que c'est un consensus politique qui a fabriqué l'idée d'un consensus scientifique.

Aussi, face à des reproches selon lesquelles je niais une réalité prouvée, j'ai par ailleurs précisé que je ne niais pas l'idée du CO2 anthropogénique comme facteur déterminant dans le réchauffement observé, mais que, du fait de ma propre démarche de recherche d'informations, je doutais de la justesse de cette idée. Je n'ai ni mis en cause l'engagement citoyen de mes interlocuteurs face à ce qu'ils perçoivent comme un cataclysme imminent si on ne fait rien, ni appelé à l'inaction, ni jugé négative la qualification de politique que j'attribuais au consensus actuel.

La discussion a été initiée par moi lorsque j'ai cru utile et nécessaire de signaler ce qui est à mes yeux une erreur que je constate assez régulièrement un peu partout, pas seulement chez M1. Voici une phrase à l'origine de ma réaction:

M1: ... Les preuves des conséquences du dérèglement climatique sont de plus en plus sous nos yeux.

C'était l'expression “dérèglement climatique” qui me posait problème. Comme M1 semblait ne jurer que par le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), je lui ai demandé de m'indiquer un passage du dernier rapport de ce groupe qualifiant le climat, en s'appuyant sur des preuves, de “déréglé”. En retour il admit ne pas avoir trouvé de tel passage, mais m'a envoyé un graphique tiré du “Résumé pour décideurs” (note: je n'ai pas trouvé ce graphique dans le document de l'AR6) qu'il estime être une preuve manifeste émanant du GIEC de la réalité d'un dérèglement climatique. Il s'agissait de ce graphique:

graphique

Je lui ai fait remarquer que le graphique n'est tout au plus qu'une preuve de “réchauffement climatique” pas d'un “dérèglement”. Aussi ai-je fait remarquer que la variation naturelle telle qu'indiquée était considérée comme sous-évaluée par certains scientifiques et experts. Il m'a dit que je niais un “consensus scientifique” planétaire évident.

Plus tard, ayant pris le relais de M1, M2 a évoqué cette partie de la discussion:

Cessons de jouer sur des mots. Réchauffement, pas dérèglement, entendu.

Dans la présente note j'argumente que parler erronément de dérèglement climatique tout en prétendant se référer au rapport du GIEC de 2021, n'est pas chose anodine et que signaler cela ne relève en rien d'un jeu sur des mots. Dans la note suivante, je compte expliquer ma position quant au “consensus scientifique” concernant la responsabilité du CO2 anthropogénique. Enfin, répondant à l'invitation répétée de M2, je vais évoquer par la suite deux “thèses alternatives documentées” à celle de l'”origine humaine du réchauffement climatique”. L'une de ces thèses est, à mes yeux, aussi remarquable qu'ignorée même des soi-disant “climato-sceptiques”.

Jouer sur des mots

La remarque “Cessons de jouer sur des mots” est à mettre en rapport avec une autre affirmation du même intervenant (no 3):

... communiquer publiquement pour débattre de la réalité d'un consensus scientifique est dangereux: c'est nier une réalilté largement documentée.

Il s'agit de bien comprendre l'idée exprimée là: débattre d'un consensus documenté serait, selon cet interlocuteur, “dangereux”. Je reviendrai dans la note suivante plus précisément sur une portée particulière de cette idée, mais il est important d'avoir ce contexte à l'esprit au cours de la présente note.

A mes yeux, dire que le climat est déréglé ou qu'il se réchauffe sont à l'évidence deux choses distinctes — tellement distinctes que si l'on dit l'une à la place de l'autre on communique deux informations différentes. Puisque dans le cas présent il s'agit de se référer à un consensus scientifique dont nul n'est censé douter de l'exactitude sous peine d'être considéré adepte d'un “scepticisme politique qui nie la science” (voir M2, no 9), il devient nécessaire, je pense même absolument nécessaire, de s'assurer à ne pas déformer ce que dit ce consensus scientifique, sous peine de se faire le porte-voix de propos qui nient le consensus même dont on se réclame et dont on critique le déni.

A mes yeux, le fait que mes interlocuteurs font exactement cela s'explique par la permission pour eux de pratiquer un “double standard”, un mécanisme “deux poids deux mesures” instauré en leur faveur: douter ou nier les affirmations du consensus scientifique est partisan (populiste? extrême droite? pro-lobby pétrolier?), anti-science, dangereux et condamnable, tandis que les déformer en les exagérant est acceptable, voire souhaité parce que au service de la bonne cause.

Pire, lorsque, rapport après rapport, le GIEC exprime l'idée que le réchauffement climatique anthopogénique est la cause potentielle (“likely”, “very likely”, “more likely than not”, “high confidence”, “low confidence” etc.) d'effets climatiques dangereux pour les êtres humains, mais qu'il ne dit jamais que le climat est déréglé dû à ce réchauffement, tenir des discours erronés sur le dérèglement climatique tout en étant intolérant à l'égard de discours différents, relève d'un comportement, même une volonté, qui aboutit à imposer autoritairement un discours, à en faire une doxa, voire un dogme.

Selon le GIEC, le climat qui se réchauffe pourrait par exemple engendrer des cyclones avec des vents quelque peu plus forts — calculés à 5% plus forts pour 2 degrés de réchauffement, impliquant que des vents de 200 km/h pourraient passer à 210 km/h. Cela ne veut pas dire que le système climatique soit déréglé. De même que plus de pluies ici et moins de pluies là et des étés un peu plus chauds et des hivers plus doux, n'impliquent pas non que le climat soit déréglé. Et même tous les événements potentiels possibles et plausibles ensemble n'impliquent pas un climat déréglé... en fait je ne sais même pas ce que serait concrètement un “dérèglement climatique”. Est-ce que le climat était réglé avant l'ère industrielle?

Un aspect de cette dérive du langage c'est qu'elle tend à générer une insécurité infondée et pas nécessaire sur la perception populaire des événements météo et climatiques et sur les politiques de l'environnement en général. Dire simplement, même éventuellement à tort, que le climat se réchauffe légèrement depuis une centaine d'années à cause des émissions humaines de CO2 dans le respect d'un “consensus scientifique” établi, cela traite les gens et soi-même au moins comme des adultes en leur faisant confiance avec un point de vue consensuel sur la réalité. Parler erronément de “dérèglement”, ne joue nullement sur des mots mais bien sur des peurs. Cela fait faussement croire que toute configuration météo est dorénavant la preuve d'un climat ayant perdu l'ensemble de ses mécanismes de régulation: il pleut pendant trois jours, le soleil brille en été, la neige en hiver fond rapidement, l'hiver est doux, le vent souffle fort... tout cela est devenu une preuve sous nos yeux d'un dérèglement climatique . Et lorsque ces peurs sont imposées par des arguments d'autorité tel celui d'un “consensus scientifique” dont on ne peut douter, cela s'appelle gouverner par la peur. Effectivement, je constate tout un pan de la société autour de moi qui a peur de sortir, peur de la neige, peur du vent, peur de voir le monde s'enflammer, peur pour leurs enfants livrés à un climat devenu sauvage... Ajoutez à cela ces images de dévastation totale, de planète détruite et de fin de l'humanité qui ne sont en rien liées au réchauffement et à ses conséquences potentielles mais qui “illustrent” des titres exprimant que de la faute des humains, la planète et et l'humanité sont livrées à une sauvagerie climatique apocalyptique qui est en train d'entraîner la survie de la planète donc de l'humanité à une destruction définitive.

C'est ainsi que nul ne s'offusque plus des surenchères déclaratives, alors qu'il est devenu usuel de voir toutes les formulations et prédictions conditionnelles des études scientifiques converties, au nom même du consensus scientifique, automatiquement et systématiquement dans les discours populaires et par des individus autoproclamés “journalistes experts en météo et climat”, en affirmations indiscutables, en certitudes certaines. Et on fait des parias socialement dangereux des personnes qui doutent de la pertinence cette dérive. Tout est permis pour déformer par exagération le rapport du GIEC — après tout il s'agit de sauver la planète et l'humanité — , le reste, même s'en tenir fidèlement audit rapport, étant dangereux et condamnable.

Face à ce que je perçois comme un “consensus scientifique” converti en “certitude populaire”, et face à une mauvaise foi qui, à mes yeux, prend de plus en plus de pouvoir dogmatique, un mot me vient alors spontanément à l'esprit. Et ce mot me dérange, me nargue, car je n'en veux pas, je ne veux y faire face, je me refuse à y croire et d'y avoir recours. Je prie, je prie pour que ce soit moi qui me trompe et que mes interlocuteurs M1 et M2 aient raison.

Obscurantisme.

Surtout, ne pas douter

En 2000, un journal britannique bien informé (The Independant) affirmait savoir de source sûre que les “chutes de neige sont dorénavant du passé... Les enfants ne sauront simplement plus ce qu'est la neige...” Pourtant, il neige encore au Royaume-Uni.

En 2001, un des auteurs d'un rapport parlementaire américain sur le réchauffement climatique a affirmé: “Les changements dans le climat pourraient, d'ici 20 ans, causer la disparition de l'industrie sucrière tiré des érables dans la Nouvelle Angleterre.” Cette industrie n'a pas disparu.

En 2006, le documentaire “An Inconvenient Truth” (“Une vérité qui dérange”) avec l'ancien vice-président des Etats-Unis Al Gore, homme politique s'il en est, présentait ce qui était en train de devenir le “consensus scientifique”. Dans ce documentaire, le conférencier fait des déclarations et des rapprochements à ce point fausses qu'un tribunal britannique en a déclaré onze d'erronées. A l'époque, j'étais convaincu par les thèses du GIEC mais les dérapages ahurissants d'Al Gore dans ce documentaire étaient tellement visibles que je me suis senti obligé de mettre les gens en garde. Où étaient donc toutes ses personnes sensibles au “consensus scientifique” pour signaler les inexactitudes contenues dans ce film?

En 2009, un climatologue annonçait que “l'Océan arctique pourrait être pratiquement sans glace d'ici 2014”. Bon, c'était au conditionnel.

En 2012, Peter Wadhams, un autre climatologue spécialiste de l'environnement de l’Arctique, a déclaré: “La banquise arctique aura complètement disparu à l'été 2016.“

En 2007, le “chef climat” de l'ONU, Rajendra Pachauri affirmait: “Si aucune action n'est entreprise d'ici 2012, ce sera trop tard.” Le climatologue James Hansen en 2008: “Nous serons grillés si nous ne nous changeons pas de chemin. C'est notre dernière chance”. Laurent Fabius en 2014: “Nous avons 500 jours si nous voulons éviter un chaos climatique”.

En 2018, Greta Thunberg: “Selon un grand scientifique du climat: les êtres humains auront disparu si nous ne mettons pas fin au changement climatique d'ici 2023.“

En 2023, Antonio Guterres, Secrétaire-général de l'Organisation des Nations unies: “La bombe à retardement climatique est en train de tiquer.“

J'en passe et des meilleures. A chaque fois, exprimer des doutes était “dangereux” et exiger que les personnes expriment leur opinion de façon plus correcte était jouer sur les mots.

Cela étant, les jugements que je fais dans cette note ne portent que sur un comportement que je perçois comme généralisé. Et si pour ce faire j'ai recours à des observations que mes interlocuteurs ont bien voulu partager avec moi, je n'ai aucun jugement à faire à l'égard des personnes qui qu'elles soient et quoiqu'elles affirment. Plus particulièrement, je n'ai que du respect pour M1 et M2, et je reste ouvert plus que jamais à discuter avec ces personnes ou avec toute autre. En fait, je souhaite pouvoir encore le faire.

La note suivante portera sur mes vues concernant le consensus scientifique dans ce domaine.



 
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Dernière mise à jour: 02/01/2025 13:00

Avec cette série de notes, je compte présenter des opinions personnelles sur le réchauffement du climat. La présente note fait suite à celle-ci: Réchauffement (1) — windy qui es tu?

Normalement pour ce qui est d'un débat sur certaines problématiques relatives au réchauffement climatique, j'aurais tendance à penser que la présentation professionnelle de ma personne devrait suffire. Toutefois au vu de ce qui est advenu de l'évolution des échanges et malentendus que j'ai eus sur Mastodon avec M1 (voir Réchauffement (0)), je pense prudent de fournir encore quelques clarifications.

M1 m'a rapidement mis en cause en insinuant — ceci est mon interprétation toute personnelle et je peux me tromper — que j'étais un troll envoyé par l'extrême droite. Je reviendrai brièvement plus loin sur le contenu de cette mise en cause, mais cette mise en cause a suffi pour m'amener à conclure que si je voulais réduire les risques de mauvaise interprétation et compréhension de mon approche des enjeux et problématiques du réchauffement du climat, il me faudra passer par une clarification de ma “couleur politique”.

Non pas que je souhaiterais cacher cette couleur. Si, comme M1, je militais pour la NUPES/NFP, je n'aurais aucune réticence à révéler cela. De même que si j'étais militant d'un parti de droite, d'extrême droite, du centre, d'extrême centre, centre gauche, souverainiste, écologiste, mondialiste... Je déplore de ne pas être en mesure de le faire, car cela m'aurait évité de passer du temps à écrire la présente note.

La difficulté pour moi tient dans le fait que je ne suis d'aucune couleur politique — en tout cas je n'arrive pas à me situer dans un spectre politique conventionnel. Ça ne sert à rien que j'essaie d'expliquer pourquoi, cela fait partie, je pense, de la boite noire de ma personnalité.

Exemple. Lorsque j'étais membre d'une association citoyenne de défense des intérêts environnementaux de ma localité, j'ai été invité par le comité à rédiger une présentation de l'association qui allait pouvoir être publiée dans une revue connue de la région. Je me suis acquitté de cette tâche à ma façon, avec un écrit le plus conforme à la réalité possible tout en y ajoutant un peu d'humour. Quelle ne fut ma surprise lorsque les responsables sont venus, après publication, m’interpeller' “Mais dans quel camp es-tu?“. En fait, comme je ne voyais pas les choses en termes de “camp”, j'avais évoqué (gentiment) tant les forces de l'association que ses faiblesses, et notamment les incohérences et la diversité des opinions. Cette présentation comportait donc de petites autocritiques qui avaient été perçues par les autres membres comme une trahison.

“Et les élections?”, pourrait-on me demander. “Vous votez bien pour un parti, une mouvance...?” Non. Je ne vais pas céder ici mon droit au secret en la matière, mais sachez qu'avec les systèmes électoraux acutels, l'acte de voter m'est pénible. Ce qui m'arrangerait serait un système où tous les partis dressent des propositions politiques, où l'ensemble de ces propositions soient rassemblées en une liste claire et où il y aurait deux volets au vote: le premier serait de voter pour une sélection de propositions politiques sans devoir tenir compte du parti qui les a proposées, et le second serait de voter pour des gens (de partis ou non) chargés de les mettre en oeuvre. Cela me permettrait de piocher, selon les propositions, de l'extrême gauche à l'extrême droite, de l'extrême souverainiste à l'extrême mondialiste, sans devoir adhérer à une famille politique.

Cela étant, alors que j'ai une personnalité qui n'adhère pas, surtout pas aux dogmes, cela ne m'empêche pas d'avoir des principes et des convictions d'ordre politique.

Je suis contre tout gouvernement par la peur. Je ne soutiendrai aucun candidat politique que ce soit qui tient des discours et des actes infantilisants et faisant peur. Pour moi, un élu, un gouvernant doit avant tout montrer l'exemple, notamment en ne cédant pas à la peur, en regardant, en acceptant et en assumant le doute et les incertitudes avec réalisme, maturité et responsabilité. En ce sens, et en bien d'autres, les gouvernants sont, à mes yeux, comme les pilotes et des équipages d'avion.

Aussi, pour moi, gouverner n'est pas prévoir. A force de gouverner de cette façon, j'estime que notre société, trop lancée dans des fuites en avant dans le temps, est actuellement malade de son avenir. Politiquement, il n'y a presque plus moyen de gérer le présent, c'est l'avenir qui préoccupe. Les médias, accros à la projection, sont les premiers responsables de cet état, je pense.

Par ailleurs, je suis avant tout partisan de l'application intégrale et de bonne foi de la Déclaration universelle des droits de l'Homme ainsi que l'établissement et le respect inconditionnel de l'Etat de droit. Comme j'estime que déjà trop de restrictions ont été infligées à ces deux notions, je ne soutiens aucun projet ou mesure qui aboutirait de facto ou de jure à les restreindre davantage. J'ai donc politiquement tendance à soutenir les initiatives visant à lever des restrictions existantes. A mes yeux, les gouvernants de ce que l'on appelle communément “les démocraties occidentales”, par des restrictions aux libertés fondamentales et par des lois scélérates, ont fait dériver lesdites démocraties dans un sens que je condamne.

Je suis d'avis que l'idéologie dominante qui tend vers la “monoculture” et la mondialisation “top down” de tout, en faisant fi du local (constat malgré les discours) et en supprimant les diversités, soi-disant au nom de la rentabilité la plus efficace, est cruel et source de fragilisation et de destruction. Pour maintenir artificiellement coûte que coûte l'idéologie de la “monoculture” notre système de société est rendu chroniquement vulnérable (stratégie du choc), injuste (justice et politiques conduites par le deux poids, deux mesures), malhonnête (gouvernance par les cabinets de PR)... Le moins que l'on puisse dire est que ce système n'est pas durable. Je soutiens donc des projets politiques que j'estime durables et non pas décrétés comme tels par l'idéologie dominante. Et c'est pour cela que je ne soutiens pas les projets, même écologiques, climatiques et soi-disant de “développement durable”, du World Economic Forum, des Objectifs de développement durable Agenda 2030, ou de One Health de l'OMS

Aussi, j'estime que l'adoption par des Etats européens de l'euro comme monnaie unique, en abandonnant donc leur monnaie nationale et en cédant leur souveraineté à “battre monnaie”, fut une erreur. Pour ma part, je soutiens la recréation des monnaies nationales aux côtés de l'euro — les premières permettant aux Etats d'avoir à nouveau accès à une politique monétaire nationale indépendante, la seconde étant la monnaie utilisée pour le commerce international. Pour moi il ne fait pas sens de payer sa baguette ou de recevoir sa pension dans une monnaie internationale.

Je suis contre la poursuite ou le renforcement d'accords de libre échange à travers le monde. Je pense au contraire que ce dont nous avons besoin, tant pour la durabilité de l'économie que pour celle de nos environnements, c'est de réimplanter le local — les marchés, les services, les commerces, les activités culturelles, les déplacements, les relations de personnes...

Au niveau international, je suis partisan d'une application intégrale et de bonne foi de la Charte des Nations Unies. J'estime que la composition et le fonctionnement du Conseil de sécurité viole les principes mêmes de cette charte et donc je soutiens des initiatives tendant à les en rendre plus conformes.

J'estime que l'Union européenne dérive depuis sa création en une sorte de “colonie” de l'empire américain. Je ne soutiens aucune initiative qui renforce cette dérive. Aussi, je constate qu'au niveau européen, seules les lobbies ont l'écoute des dirigeants, les citoyens ayant beau à demander à être entendues, avec pour conséquence une corruption de plus en plus effrontée nuisible aux citoyens.

En matière d'environnement, j'estime qu'il faudrait avant tout que nos cultures occidentales fasse le plein d'une culture authentiquement amoureuse de ce que j'appellerais “la Nature”. Une culture qui doit faire peur constamment aux citoyens pour faire croire qu'on freine un peu la destruction de la diversité, est malsaine, malade. Si on aime où l'on est, où l'on vit, ce qui nous fait vivre, si on a une relation avec elle d'amour inconditionnel, nous serions tout naturellement respectueux. Je suis conscient que cela n'est pas la solution à toutes les problématiques conséquentes à nos comportements irresponsables (pollutions, gaspillages, destructions, consommations, corruptions...), mais les solutions ne pourront que s'appuyer sur une culture de respect d'amour de la Nature.

Dans ce cadre, je soutiens le développement d'une culture de la non-violence — tout un programme que je ne développerai pas ici.

Pour ce qui est d'une politique de l'énergie, je soutiens la priorité non dogmatique à la production des énergies renouvelables. Je soutiens aussi le recours à l'énergie nucléaire — à mes yeux nous ne pourrons pas nous en passer. Toutefois, je ne soutiens pas le recours aux technologies nucléaires de production d'énergie actuellement exploitées issues d'une “pacification” de la bombe atomique. Je ne soutiens, en matière d'énergie nucléaire, que des projets impliquant des réacteurs issus de technologies dont la sécurité et la propreté sont naturellement assumées (comme par exemple les réacteurs à sels fondus de Thorium).

Je me sens et je me rends aux côtés des réfugiés du monde entier. Je m'investis physiquement à leurs côtés quand je peux. Je pense que si les Etats du monde respectaient de bonne foi tant la Charte des Nations Unies que la Déclaration universelle des droits de l'Homme, moins de personnes de par le monde seraient amenées au déchirement ainsi de leur vie en ayant recours à la fuite.

Je pense que les Etats savent mieux gérer les services publics que le secteur privé. Force est effectivement de constater que les services publics privatisés fonctionnement moins bien aujourd'hui qu'à l'époque où ils avaient été cédés par les Etats. Je soutiens donc la nationalisation des services publics privatisés.

Je pourrais continuer, mais je pense que cela suffit pour me cerner politiquement.

Avant de terminer, je vais me positionner à l'égard des quelques points politiques concrets évoqués par M1 (voir Réchauffement (0)). Après une recherche qu'il a jugée suffisante, ce dernier m'a “dénoncé” d'être “pro-hydroxychloroquine, anti-vax, anti-masques, pro-russe, pro-trump, climato-sceptique”.

Pro-hydroxychloroquine? Bien-sûr, qui ne le serait pas? Des centaines de médecins à travers le monde ont soigné et permis de guérir des malades covid avec succès sur base des protocoles divers en traitement précoce incluant ce médicament connu et éprouvé par des centaines de millions de personnes depuis 70 ans. J'ai personnellement aidé un médecin généraliste de petit village écrire un livre où il décrit comment il a soigné des centaines de personnes avec un de ces protocoles, sans le moindre décès. Alors que le médecin est poursuivi par l'ordre médical de son pays pour cela, il n'y a pas moyen de manger avec lui tranquillement au restaurant du coin, il ne se passe pas 5 minutes avant que quelqu'un n'arrive, avec un énorme sourire, le prendre dans ses bras de reconnaissance. Et si cela ne suffit pas, que dire des quelque 400 études qui, considérées dans leur ensemble, soutiennent l'efficacité de ce produit qui, entre les mains d'un professionnel, n'est en rien dangereux.

Anti-vax?: Je ne comprends pas ce terme (sur Wikipédia la définition change régulièrement). Si cela veut dire “contre les vaccins”, c'est faux. Si cela veut dire contre les vaccins anti-covid de Pfizer et Moderna, c'est aussi faux en ce sens que moi, je ne le prendrai jamais compte tenu de ce que j'en connais, mais je suis pour la liberté vaccinale. J'ai accompagné plusieurs personnes pour qu'elles puisent se faire injecter et réinjecter de ces produits. En fait, ma position politique concernant les vaccins, c'est la liberté de choix basée sur ce que l'on appelle “le consentement libre et éclairé” — la personne doit pouvoir se prononcer librement après avoir été dûment informée par un médecin des risques et bénéfices. Pour les amoureux des étiquettes, je suis dans ce sens “anti anti-hésitation vaccinale” — et je pense que c'est cette position qui fait que M1 m'accable du terme anti-vax. Il faut savoir que cela fait plus de 20 ans que les milieux politiques — de l'OMS jusqu'aux administrations de Santé publique — font la guerre à ce qu'on a baptisé d'“hésitation vaccinale”. Cette guerre a été officialisée en 2014 à l'OMS et se renforçant en 2019 lorsqu'elle a été inclue dans la liste des dix menaces les plus dangereuses dans le monde pour la santé publique (j'ai étudié tout ça de façon précise et détaillée). Mais si l'“hésitation vaccinale” est considérée comme un des plus graves dangers pour la santé publique, que devient le sens du “consentement libre et éclairé”? Consentir “librement” d'abord, on verra bien ensuite pour l'éclairage? Et comme je n'accepte pas ça, l'idéologie me considère comme “anti-vax”.

Anti-masques? là oui, effectivement, je pense que je le suis. Encore faudrait-il préciser ce que ce terme veut dire, pour quoi et pour qui. En tout cas, j'ai à la fois ma capacité de réflexion ainsi que des sources qui m'amènent à adopter cette position. Cela dit, lorsqu'une personne me demande de mettre un masque chirurgical parce qu'elle pense que cela la protège, j'en mets un volontiers.

Pro-Russe? Là, pas du tout. Je suis contre la diabolisation en politique, et notamment contre la diabolisation de Poutine — ça ne me fait ni pro-Poutine, ni pro-Russe.

Pro-Trump? idem.

Climato-sceptique? Il s'agit là du thème de ces notes. Donc, après lecture, vous serez en mesure d'en juger par vous-mêmes.

Je dois reconnaître qu'en écrivant ces explications, je me suis senti ridicule, j'avais l'impression de régresser en enfance, comme si j'étais un petit gosse s'expliquant devant le directeur de l'école. Je me suis alors rendu compte combien ces “accusations” étaient enfantines et relevaient, à mes yeux, d'une mentalité de petit écolier et d'une adhésion naïve de l'auteur à une doxa. Je ne lui en veut pas toutefois, et cela pour deux raisons. D'abord, ce n'est pas de sa faute. Il est victime comme nous tous, je pense, du mauvais départ de la prise en charge institutionnalisée du réchauffement climatique. Ce mauvais départ a créé un système gouverné par une puissante injonction paradoxale (prouver l'improuvable sous peine de fin du monde) duquel il n'existe que deux sorties: soit adhérer à la croyance aveugle en une série de “consensus scientifiques” fabriqués maison, soit la sortie du système. M1 semble avoir choisi l'adhésion, de mon côté je suis sorti du système. Le seconde raison pour laquelle je n'en veut pas à M1, la principale, est que c'est grâce à cette personne que je me suis enfin mis à rédiger ces notes. Je l'en remercie.



 
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Dernière mise à jour: 31/12/2024 16:00

Avec cette série de notes, je compte présenter des opinions personnelles sur le réchauffement du climat. La présente note fait suite à celle-ci: Réchauffement (0) — Quelques sources

Après une timide bibliographie, une brève biographie professionnelle — d'où je viens, par où je suis passé et où j'en suis — s'impose pour comprendre la réelle ampleur de ma position actuelle sur le réchauffemet du climat.

Je m'appelle David Broman. Je suis né à Los Angeles (Etats-Unis) en 1954. Emigré en Europe en 1962.

J'ai fait deux ans d'études universitaires en journalisme et littérature anglaise à Pasadena (Etats-Unis), études que j'ai achevées en 1979 en Belgique (licence “en journalisme et communications sociales”). Plus tard, j'ai suivi un cycle de deux ans en “sciences de l'environnement” en Belgique.

Lorsque j'avais 17 ans, un événement devenu fondateur pour moi est survenu: suite à la guerre du Kippour au Proche-Orient, une série de “chocs pétroliers” ont été déclenchés par les pays producteurs. Ces chocs, entraînant notamment des décisions de retrictions d'utilisation de la voiture, ont conduit les médias, les gouvernements, les écoles notamment à inonder les citoyens d'informations sur les méfaits d'une dépendance énergétique de l'étranger. Pour ma part, pris par une peur panique, je me suis mis à rechercher partout toutes les informations possibles sur les énergies et leurs impacts environnemental et sociétal. Je me suis amené alors à me sensibiliser non seulement aux enjeux de dépendance, mais aussi, voire surtout, aux problématiques de pollution de l'air, de la terre, des océans, aux problématiques des produits pétroliers tels que les plastiques, les engrais, à la destruction et aux menaces aux biodiversités... J'ai été “initié” au Club de Rome, et aux solutions des énergies renouvelables.

Un an après, alors que les “chocs” se répétaient çà et là, j'ai refusé d'apprendre à conduire, ce qui aurait garanti que je ne participe pas à la fin du monde environnemental qui allait forcément arriver. Finalement, comme nous étions 9 à la maison, ma mère, qui avait besoin de moi pour l'aider dans les transports familiaux, ne m'a pas donné le choix. Et après 3 échecs programmés, j'ai obtenu le permis.

Ma sensibilité aux problématiques de l'environnement était alors bien implantée. Depuis cette époque, même si j'ai pu me défaire de la peur panique (je pense que je vais parler de la peur dans une autre note), j'ai vécu, y compris en famille, avec comme principal boussole la réduction au maximum de mon “empreinte écologique”. Cela fait 50 ans ça dure.

Tout ça sans avoir besoin de la terreur du CO2.

Après mes études de journalisme, comme je ne trouvais pas de travail dans la branche, j'ai pu garder deux de mes enfants à la maison, tout en faisant de la pige et en participant très activement à l'initiative citoyenne pour l'environnement de ma localité. C'est à cette époque que j'ai aussi suivi les études de sciences de l'environnement.

En 1988, couvrant une conférence, j'ai commencé une étude très approfondie sur un type de réacteur nucléaire alternatif — aux sels fondus à base de Thorium. Ca fait 35 ans que ça dure.

Toujours ne trouvant pas de travail en journalisme, j'ai investi douze ans dans l'informatique, devenant programmeur linguiste pour un système de traduction machine pour la Commission européenne.

C'est en juillet 1999 que j'ai finalement trouvé un emploi comme journaliste pour l'hebdomadaire Le Jeudi au Grand-Duché de Luxembourg. Alors que c'était un petit journal et que je m'occupais aussi de la mise en page et du suivi de l'impression, j'ai pu me plus ou moins me concentrer selon les besoins, sur les sujets environementaux et de géopolitique.

Le journal Le Jeudi a fermé le jour même où je suis parti à la retraite (simple coincidence). Aujourd'hui, il n'existe donc plus.

Pour vous donner une idée précise, à défaut d'être complète, de ce que j'ai écrit professionnellement, je vais donner des liens vers quelques articles. A les lire, l'on peut plus ou moins voir où j'en étais, et comment j'ai évolué ou pas.

Concernant le changement climatique, j'ai pendant des années eu une tiède croyance en la “position du consensus” qui se précisait au fil des ans. En cela, ma perception des problématiques a changé: les graines de doute que j'avais toujours en moi malgré moi, ont lentement germé. Une chose est certaine: ces “graines de doute” avaient été nourries suite à la vision du documentaire d'Al Gore An Inconvenient Truth (2006). Face à ce que j'ai compris être un chef d'oeuvre de propagande, j'ai pris conscience du fait qu'il y avait un lobby “changement climatique anthropogénique” qui était là prêt à tout, même à manipuler l'opinion publque par la peur, à tordre la vérité, voire à mentir, pour s'accaparer des honnêtes volontés de politique en faveur de l'environnement, de la biodiversité, d'un mode de vie durable, et de les réduire à un seul paramètre — le CO2 — rendu responsable de tout.

Voici donc quelques articles, sur des sujets variés, qui vous permettront j'espère de mieux comprendre d'où je viens.

Décembre 2005: petite présentation du concept de l'empreinte écologique

Janvier 2006: Retrouver ceux qui nous alimentent. Une page présentant les Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne (AMAP). Aujourd'hui, comme toujours, je crois qu'un mode de vie durable passe obligatoirement par le développment d'économies et marchés locaux. J'ai participé par ailleurs à la création d'une monnaie locale complémentaire en Gaume (Belgique).

Avril 2006: “Les océans coulent” Là un exemple d'évolution pour moi: aujourd'hui je suis plus méfiant de ce que rapportent les rapports. Cela dit, je pense que cet article, du fait qu'il ne focalise pas uniquement sur le changement climatique, est encore cohérent avec mon approche actuelle.

Décembre 2006: “Le point sur le réchauffement climatique”. Relativement objectif?

Février 2008: sur “l'indépendance illégale du Kosovo”.

Juillet 2014: Gaza et Ukraine

Mai 2015: “L'Union européenne crée l'immigration qu'elle réprime”.

Mars 2016: Interview de Gilles-Eric Séralini

Juillet 2016: “La loi et l'ordre”. Article sur l'invesiture de Donald Trump par les Républicains aux Etats-Unis. Pro-Trump, moi? Certes, je réagis à certains discours que je trouve fondés sur “l'emporte-pièce”, mais cela concerne mon souci de “parler juste” (je pense écrire une note séparée à ce sujet).

Et pour terminer, deux dossiers particuliers, et une compilation d'articles de vulgarisation scientifique fait avec et pour des naturalistes.

Avril 2004: “A-t-on besoin de religion?” La foi, les fois, sur quatre pages de bribes et de morceaux.

Décembre 2006: “Tendre l'autre joue — comprendre et pratiquer la non-violence”.

Eté 2015: “Balades avec les naturalistes”. Sept pages, des espèces invasives à la biologie des populations.



 
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Dernière mise à jour: 31/12/2024 10:00

Avec cette série de notes, je compte présenter des opinions personnelles sur le réchauffement du climat.

Cela fait quelque temps déjà que j'ambitionne de me mettre à les rédiger. Ce qui m'a finalement décidé à m'y lancer fut ce que je j'ai perçu comme une incompréhension de propos que j'ai tenus récemment (29/12/2024) sur Mastodon. Cette incompréhension avait eu pour conséquence de déranger mes interlocuteurs — au point où l'un d'entre eux (interlocuteur M1) a jugé nécessaire d'intervenir préventivement dans une discussion que j'entamais avec un autre interlocuteur (M2) afin mettre ce dernier en garde sur le fait que j'étais' un “troll”. Voici le message en entier:

Merci mais en relisant les échanges et également l'historique des messages de Windy, je pense qu'il s'agit d'un troll, certes policé, mais un troll tout de même : pro hydroxychloroquine, anti-vax, anti-masques, pro-russe, pro-trump, climato-sceptique, le tout en précisant à chaque fois qu'il est ouvert à la discussion et au doute, alors que c'est clairement une tactique oratoire dilatoire pour pouvoir continuer à instiller le doute... chez les autres.

Tandis que, le choc initial passé, l'intervention me fait bien sourire, l'incompréhension à l'égard de ce que j'exprimais m'a interpelé — car ce n'était pas la première fois. Et lorsque mon nouvel interlocuteur M2, bien qu'autrement plus tolérant, a lui aussi exprimé un trouble à l'égard de mes propos et de leur conséquences, j'ai décidé de m'engager à clarifier mes opinions par écrit ici.

Avant de commencer franchement, je tiens à mentionner quelques sources qui ont inspiré mes opinions. Ce sont des sources d'inspiration, et qui me permettent d'en trouver d'autres. Je peux boire à toutes les sources en prenant ce qui me convient et en laissant ce qui ne me convient pas. Vous pouvez donc les attaquer autant que vous le désirez, je ne me sentirai pas attaqué.

Aussi, je tiens à affirmer haut et fort que mon but ici est la discussion, le débat tolérant. Je ne vise rien d'autre, ni à convaincre, ni à semer le doute, ni à faire changer d'avis, ni, ni, ni... Si quelque chose se passe, eh bien... dont acte.

  1. Le rapport du GIEC, résumé pour les décideurs compris.
  2. Climate Uncertainty and Risk. Rethinking Our Response. Judith A. Curry. Anthem Press, 2023. Dans ma petite bibliothèque, il s'agit du livre le plus informatif que j'ai lu et que je reconsulte souvent sur le changement climatique figurant plutôt en dehors du “consensus”; certaines sections peuvent être ardues à suivre, mais cela est dû au sujet et non à une quelconque manque de clareté de l'auteure.
  3. The Climate Fix: What Scientists and Politicians Won't Tell You About Global Warming. Roger Pielke. Basic Books, 2010. Un “vieux classique” relativement modéré (malgré le titre) qui, pour ce qui me concerne, vaut son pesant d'or rien que pour l'analyse historique des débuts du tandem Convention sur le Climat – GIEC, où l'auteur constate le hiatus entre les deux dans leurs concepts respectifs du “changement climatique”.
  4. The Rightful Place of Science: Disasters and Climate Change. Roger Pielke. Consortium for Science, Policy & Outcomes, 2014. Ce livre montre qu'au moins jusqu'en 2014, l'on n'avait pas réussi à lier les dégâts d'un événement météo remarquable au réchauffement du climat.
  5. Environmental Ethics: The Central Issues. Gregory Bassham. Hackett Publishing Company, 2020. Un ouvrage qui éclaire bien sur les problématiques éthiques dans les enjeux environnementaux: du droit des animaux à la destruction d'espèces, il comporte un chapitre sur le changement climatique. L'auteur, convaincu du scénario catastrophiste, estime que “Climate change is the mother of all environmental problems”.
  6. Pour un catastrophisme éclairé. Quand l'impossible est certain. Jean-Pierre Dupuis. Editions du Seuil, 2001. Un ouvrage qui donne à réfléchir notamment sur l'importance tant politique qu'éthique de se rendre conscient de ce que nous ignorons et de le reconnaître et l'assumer pleinement. “Savoir n'est pas croire.” Relation entre un pouvoir qui se croit responsable de tout et qui souvent n'y peut rien.
  7. L'Urgence climatique est un leurre. François Gervais. L'Artilleur, 2018. Un livre bourré d'informations et surtout de références — des meilleures aux pires — que la lecture seule des rapports du GIEC ne donne pas.
  8. Climat: de la confusion à la manipulation. Daniel Husson. l'Artilleur, 2024. Avec un des plus mauvais titres qui soient, le message premier de ce livre n'est pas dans le titre. En filigrane à travers le texte, il se lit noir sur blanc à la fin, en son magnifique chapitre 13. Les autres chapitres donnent des principes physiques et leur application au réchauffement du climat avec clarté.

Les sources ci-dessus sont directement liées au réchauffement climatique. Toutefois, personnellement je ne vis pas l'environnement uniquement selon ces sources — je ne peux donc pas concevoir ma relation avec lui sans mon sac-à-dos psychologique et spirituel. Certes elles m'inspirent intellectuellement, mais l'environnement pour moi, “c'est pas ça”. Ces sources “m'indiquent” mais ne me désaltèrent pas.

Ci-dessous, je reprends quelques unes de mes “justes” sources, celles qui me ressourcent, celles qui m'appellent à m'ouvrir une juste porte sur l'environnement, les enjeux, les risques, par l'entame d'un pélérinage, vers une relation “immobile, silencieuse et allignée” (dixit Patrick Burensteinas). Mon environnement, la nature, l'écologie sont, pour moi, un voyage initiatique de découverte et d'acceptation de ce qui me fait, donc de ce qui est. De ce qui est “juste”. Vivre mon environnement, réchauffement du climat inclu, sans (oser) faire ce voyage c'est comme (oser) rejoindre un orchestre qui joue sans instruments. Pêle-mêle donc...

  1. Reflets de l'âme. Projection et recueillement selon la psychologie de C.G. Jung. Marie-Louise Von Franz. Entrelacs, 1978.
  2. The Earth has a Soul. C.G. Jung on Nature, Technology & Modern Life. Edited by Meredith Sabini. North Atlantic Books, 2002.
  3. L'Ame et la vie. C.G. Jung. Références Livre de Poche, 1963.
  4. De l'abandon. Eric Baret. Les Deux Océans, 2004.
  5. Un alchimiste raconte. Autobiographie d'un alchimiste. Patrick Burensteinas. J'ai Lu Aventure Secrète, 2017.
  6. L'autre Dieu. La plainte, la menace et la grâce. Marion Muller-Colard. Albin Michel, 2014.
  7. Le retour de l'enfant prodigue. Henri J.M. Nouwen. Bellarmin, 1992.
  8. Abécédaire de la forêt. Sous la direction de Pascale Auraix-Jonchière etc. Honoré Champion, 2024.
  9. Shadow Dance. David Richo. Shambala, 1999.
  10. How to Be an Adult. David Richo. Paulist Press, 1991.
  11. Small Is Beautiful. A Study As If People Mattered. E.F. Schumacher. Abacus1974.
  12. Towards a Sustainable World. 3 Paradigm Shifts to Achieve. Bernard Lietaer. Delta Institute, 2019.
  13. Nourrir l'Europe en temps de crise. Vers des système alimentaires résilients. Pablo Servigne. Nature & Progrès, 2014.
  14. Dictionnaire de la non-violence. Jean-Marie Muller. Le Relié Poche Sagesses, 2005.
  15. La République. Platon. GF Flammarion, 2002/2016.
  16. Les nourritures silencieuses. Aphorismes. Yvan Amar. Le Relié Poche Sagesses, 2000.
  17. Quand les fondations vascillent. Paul Tillich. Labor Et Fides, 2019.
  18. La lumière dans les ténèbres. Jacques Lusseyran. Triades Editions, 2002.
  19. The Fear of Freedom. Erich Fromm. Routledge Classics, 1942.
  20. Entretiens. Epictète. Traduits par Dacier.
  21. Les révoltes du ciel. Une histoire du changement climatique. Jean-Baptiste Fressoz, Fabien Locher. Editions du Seuil, 2020.
  22. Le capitalisme paradoxant. Un système qui rend fou. Vincent De Gaulejac, Fabienne Hanique. Editions du Seuil, 2015.
  23. Aujourd'hui je suis vivant. Célébrations sur le chemin de Compostelle. David Broman. Editions Phi, 2016.
  24. L'extraordinaire voyage de Noir Nuage. David Broman & Virginie Alonzi, 2017.


 
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